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Étude d'un cas de pays en transition... 

 


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Étude d'un cas de pays en transition...

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... le Brésil

Au Brésil, les différences régionales dans les régimes alimentaires sont principalement associées aux disparités liées à l'accès aux aliments et aux habitudes alimentaires, plus qu'à des variations écologiques ; et la situation nutritionnelle y a considérablement changé au cours des dernières décennies.


Une situation qui s'améliore ...
Entre 1975 et 1996, la prévalence des enfants de moins de 5 ans ayant une insuffisance pondérale* est passée de 18% à 6%.
Pendant la même période, le retard de croissance* a vu sa prévalence diminuer de façon importante, tout en restant le problème nutritionnel le plus répandu chez les enfants de moins de 5 ans, mais à un niveau relativement bas : ainsi en 1996, 10,5% des enfants étaient retardés en taille (7,8% en zone urbaine et 19% en zone rurale) contre 32% en 1975.
En 1997 la carence chronique en énergie (Indice de masse corporelle (IMC) <18,5 kg/m2) ne touchait plus que 6% des femmes âgées de 15 à 49 ans. Les différences entre zone urbaine et rurale et même entre les régions se sont atténuées entre 1975 et 1996. Les taux les plus élevés d'IMC <18,5 kg/m2 se trouvaient à Rio de Janeiro (9%), dans le milieu rural (8%), et notamment dans la région nord-est du pays (9%).
Aujourd'hui, l'insuffisance pondérale, le retard de croissance et la carence chronique en énergie ne sont donc plus considérés comme des problèmes majeurs de santé publique au Brésil.

En revanche, plusieurs carences en micronutriments restent à des niveaux élevés de prévalence et notamment la carence en fer. En 1998, 48% des enfants en dessous des cinq ans de la région Nordeste souffraient d'anémie, probablement due en grande partie à cette carence, les taux en milieu rural étant plus élevés qu'en milieu urbain.
En revanche, la situation pour la carence en iode semble s'améliorer en lien direct avec la décision du Ministère de la Santé en 1983 d'appliquer la recommandation internationale d'iodation universelle du sel (c'est-à-dire pour les hommes et les animaux). D'après l'enquête nationale de 1994-95, le taux de goitre chez les écoliers âgés entre 6 et 14 ans n'était plus que de 4%. Les pourcentages les plus élevés se trouvaient dans les états de Mato Groso do Sul et de Roraima (20%). En 1996, l'enquête nationale de démographie et de santé a fait ressortir qu'environ 95% des ménages consommaient le sel iodé.

Globalement, l'amélioration de l'état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans qui a eu lieu entre 1975 et 1996 est associée au développement économique important, à la réduction de la pauvreté ainsi qu'à l'amélioration des services de santé, de l'éducation et des infrastructures.

... et qui se dégrade.
Mais, parallèlement à cette amélioration, le Brésil, comme une grande partie du monde, connaît une progression très rapide du problème d'obésité*.
En 2005 les estimations (figure ci-dessous), font état de plus de 40 millions d'adultes en surcharge pondérale (IMC >25), soit plus de 50 % de la population contre 19% en 1989. A l'instar de la plupart des pays du Sud, les femmes ont été les premières touchées et restent plus fréquemment atteintes que les hommes : près de 18% d'entre elles sont obèses (IMC>30). Cependant la progression de l'obésité chez les hommes et les adolescents est spectaculaire. En effet, en 30 ans, la prévalence de l'obésité a triplé dans ces deux catégories de la population.

Comparaison des prévalences de surcharge pondérale et d'obésité entre le Brésil, la France et les USA (source OMS- 2005)


Ce phénomène observé dans de nombreux autres pays en développement ou à revenus intermédiaires est connu sous le nom de transition nutritionnelle. Il apparaît dans les pays comme le Brésil où la pauvreté diminue, où les problèmes de surpoids et d'obésité remplacent progressivement ceux liés à la sous-nutrition. Cette évolution est liée en grande partie à l'augmentation de la proportion de la population vivant en zone urbaine, qui est passée de 30% dans les années 1950 à 80% aujourd'hui. Urbanisation qui s'accompagne de l'adoption d'un mode de vie plus sédentaire et de l'introduction d'une alimentation de qualité nutritionnelle moindre à travers notamment les aliments transformés, les plats préparés, les fast-foods et les sodas au détriment de la consommation de produits traditionnels frais comme les légumes ou les fruits.

Au Brésil, l'obésité a commencé par toucher les catégories aisées de la population, mais on constate son doublement entre 1989 et 1997 dans le Nordeste qui est une région défavorisée économiquement et à dominante rurale. Dans le Sudeste, le plus fort taux de prévalence d'obésité chez les femmes a été observé parmi les 25 % les plus pauvres.

Les conséquences à moyen terme de cette épidémie d'obésité au Brésil sont l'explosion des maladies associées : diabète de type II, maladies cérébro- ou cardio-vasculaires, hypertension, certains cancers. L'OMS estime qu'entre 2000 et 2030 le nombre de diabétiques au Brésil pourrait passer de 4,5 millions à 11,3 millions.

Le Brésil a pris assez tôt conscience du problème, il a été le premier pays en développement à voter une loi en 2000 réglementant l'étiquetage des aliments; certains Etats ont comme en France interdit la vente des sodas et confiseries dans les établissements scolaires, et le Ministère de la Santé a lancé un projet « école saine », pour sensibiliser le corps enseignant et les élèves, ou encore le programme « Agita Brasil », pour favoriser l'activité physique dans la population, notamment dans les grandes villes.

Pour en savoir plus

Données démographiques, économiques ...
OMS
Pays par pays, des données sur le PIB, la population, la santé ...
Prévention de l'obésité
Site en anglais, l'IOTF(International Obesity Taskforce) fait parti du groupe IASO (International Association for the study of Obesity). Leur mission est de promouvoir l'équilibre alimentaire et l'activité physique ainsi que de prévenir l'obésité et les maladies chroniques liées à l'alimentation. Leurs travaux portent en particulier sur la prévention infantile de l'obésité.
Au Brésil, le développement du pays augmente la prévalence de l'obésité
Article archivé du Monde, paru le 04/07/05
Selon la fédération de sociétés de médecins et d'associations observant l'obésité au Brésil, ce sont plus de 80 000 morts par an qu'entraîne l'obésité. Le pays a pris assez tôt conscience du problème, en étant par exemple le premier pays en développement à voter une loi, en 2000, encadrant l'étiquetage des aliments.



 
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