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Un nombre croissant de pays en développement doivent affronter le double problème de la malnutrition : une sous-alimentation* persistante, en particulier chez les enfants, et de l'obésité* ...

Près de 30% de la population mondiale souffre de malnutrition, sous une forme ou une autre.
Ceux qui ne reçoivent pas suffisamment d'aliments énergétiques ou de nutriments essentiels ne peuvent mener une vie saine et active. La conséquence est une plus grande vulnérabilité* aux maladies pouvant entraîner la mort. Les pertes humaines et les conséquences sur le développement social sont importantes.
Parallèlement, des centaines de millions de personnes souffrent de maladies causées par une alimentation trop abondante ou déséquilibrée.
Plus de la moitié des maladies dans le monde peut être attribuée à la faim, à un apport énergétique déséquilibré ou à des carences en vitamines ou en sels minéraux. Les pays en développement rejoignent rapidement le peloton des pays développés et se voient aujourd'hui confrontés à de sérieux problèmes de santé dus tant à une suralimentation qu'à une sous-alimentation.
En effet, l'obésité est généralement un signe de mauvaise alimentation. Lorsque les populations passent d'un environnement rural à un milieu urbain, leur régime alimentaire change et ils deviennent sédentaires. Les pays en développement doivent donc lutter à la fois pour nourrir leur population et pour pallier le coût des traitements de l'obésité et des maladies chroniques graves associées.

La malnutrition désigne autant la sous-alimentation et la suralimentation que les conditions résultant des déséquilibres dans l'alimentation et entraînant des maladies non transmissibles liées à l'alimentation (MNTA).

Les effets de la malnutrition par carences
La sous-alimentation et les carences en micronutriments peuvent avoir diverses conséquences néfastes pour la santé : elle affaiblit les défenses contre les maladies infectieuses accroissant leur fréquence et leur gravité.

La faim, la malnutrition, les carences nutritionnelles et les maladies liées à l'alimentation ont des effets sur les capacités de reproduction, les capacités d'apprentissage, la puissance de travail et l'activité physique.

Comme le montre le schéma ci-dessous, la moitié des décès des enfants de moins de 5 ans dans le monde sont dus à une malnutrition associée à une maladie infectieuse.
OMS et Caufield et al., 2004


Les formes les plus répandues de malnutrition sont la malnutrition protéino-énergétique et les carences en trois micro-nutriments, à savoir la vitamine A, le fer et l'iode.

Les formes les plus visibles et les plus graves de la malnutrition dans les situations de crises (guerre, sécheresse, déplacement de population,...) sont le marasme et le kwashiorkor.
Les carences protéino-énergétiques
Les enfants dont l'alimentation est insuffisante pendant plusieurs mois et qui contractent facilement des infections développent une forme de malnutrition protéino-énergétique sévère appelée « marasme ». Les signes du marasme sont notamment la fonte musculaire au niveau des membres inférieurs et supérieurs, un visage émacié avec un faciès de vieillard, un abdomen ballonné et une tendance à se sentir triste et à beaucoup pleurer.
L'autre forme de malnutrition protéino-énergétique sévère est le kwashiorkor. Il est également dû à un manque d'apports énergétiques et de nutriments mais il implique d'autres facteurs comme une carence sévère en vitamine A et autres micro-nutriments. Les signes du kwashiorkor peuvent apparaître rapidement, souvent lorsque l'enfant a une infection ou que le sevrage à l'allaitement est brusquement mis en place. Les jambes, les bras et le visage de l'enfant paraissent gonflés (à cause des oedèmes dans les tissus), le faciès est lunaire (peau pâle, fine avec desquamation) et les cheveux sont plus clairs et plus raides que normalement. Les enfants peuvent être également tristes ou apathiques (manque d'intérêt pour leur environnement).
Parfois, les enfants peuvent présenter en même temps des signes de marasme et de kwashiorkor (maigres, oedèmes sur les jambes, les bras et le visage). S'ils ne reçoivent pas une alimentation adéquate et un traitement médical, les enfants atteints d'une forme de malnutrition protéino-énergétique sévère risquent de mourir.



Marasme et kwashiorkor Action Contre la Faim

Retard de croissance Photo IRD-Y.Kameli

Base Indigo, IRD

Au-delà des conséquences visibles, la malnutrition par carence en micronutriments que l'on apprécie mal sans évaluations spécifiques, comme le fer, l'iode ou la vitamine A, entraîne des effets graves voire fatals.

La carence en vitamine A
La carence en vitamine ou avitaminose A est l'une des maladies nutritionnelles les plus graves chez les enfants.
Elle est souvent associée à une malnutrition protéino-énergétique.
Elle entraîne une cécité crépusculaire et, dans les cas les plus graves, elle peut endommager les yeux, causer une cécité totale. De plus, en raison du rôle de la vitamine A dans la régulation du système immunitaire, une carence même modérée peut entraîner une augmentation du risque de maladies infectieuses, des retards de croissance, et une hausse de la mortalité. Chaque année, 300 000 enfants des pays en voie de développement perdent la vue à cause d'une avitaminose A et les deux tiers de ces enfants risquent de mourir.
Une carence en vitamine A apparaît lorsque la personne ne consomme pas assez d'aliments riches en vitamine A (légumes à feuilles vertes, fruits jaunes ou orangés) ou pas assez de lipides.

L'anémie
L'anémie est le trouble nutritionnel le plus répandu dans le monde. La cause la plus courante de l'anémie est une carence en fer ou un manque de fer dans l'alimentation. Le fer est un minéral important, il est nécessaire pour la formation des globules rouges qui transportent l'oxygène dans le sang. Une carence dans les premiers mois de la vie entraîne une baisse importante des capacités cognitives, de l'activité physique et de la résistance aux maladies.
Les personnes anémiées ont souvent la langue et les lèvres pâles, l'intérieur de leur paupière est blanc. L'anémie diminue la capacité des gens à travailler, augmente la fatigue et diminue la capacité d'apprentissage des enfants. Les groupes à risque sont les femmes, les nourrissons, les jeunes enfants et les adolescents.
Il est possible d'empêcher l'anémie nutritionnelle en s'assurant que les femmes et les enfants mangent assez d'aliments riches en fer (foie, viande, poisson, légumineuses). Ces aliments doivent être associés à des aliments riches en vitamine C car elle améliore l'absorption du fer.

La carence en iode
La carence en iode, qui a pratiquement disparue dans les pays industrialisés du fait de la politique d'iodation obligatoire du sel, est toujours très présente dans les pays en voie de développement notamment dans les zones de l'intérieur enclavées. La thyroïde utilise l'iode pour produire l'hormone de croissance. Si l'alimentation ne contient pas suffisamment d'iode sur une longue période, des signes de carence apparaissent : augmentation du volume de la glande thyroïde (formation d'un goitre), faible poids de naissance, arrêt de la croissance chez l'enfant et altération du développement mental.
La consommation de sel iodé est donc fortement recommandée pour empêcher les troubles dus à une carence en iode.

Généralement, les carences en micronutriments sont la cause d'une moindre résistance aux maladies et d'une plus faible capacité de travail, ce qui se répercute sur la productivité et les revenus.

Les maladies chroniques non transmissibles liées à l'alimentation
Une véritable épidémie de maladies non transmissibles liées à l'alimentation (MNTA) s'amorce pour les prochaines décennies dans l'ensemble du monde. Leur nom : obésité, diabète, mais aussi maladies cardio- ou cérébro-vasculaires et certains cancers. Ces maladies chroniques sont coûteuses et provoquent de nombreux décès prématurés et la perte de nombreuses années de vie ajustée sur l'incapacité (DALY).
Les années de vie ajustées sur l'incapacité, représentent une unité de mesure élaborée par l'OMS et la Banque Mondiale et l'Université de Harvard. C'est la somme des années de vie potentielle perdues par suite d'un décès prématuré dû à la maladie et des années de vie productive perdues du fait de l'incapacité résultant de la maladie.

La contribution des maladies non transmissibles aux DALY sera de 60% en 2020 contre seulement 41% en 1990, selon une estimation de l'IOTF (International Obesity Task Force).

Le surpoids et l'obésité
D'après les dernières estimations de l'OMS en 2005, environ 1,6 milliard d'adultes (âgés de 15 ans et plus) avaient un surpoids et au moins 400 millions d'adultes étaient obèses. L'OMS prévoit en outre que d'ici 2015, quelques 2,3 milliards d'adultes auront un surpoids et plus de 700 millions seront obèses.
Au moins 20 millions d'enfants de moins de cinq ans avaient un surpoids en 2005.

Le surpoids et l'obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé.
L'Indice de Masse Corporelle (IMC) est une mesure simple du poids par rapport à la taille. Il correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m².
Le surpoids est défini par l'OMS comme un IMC supérieur ou égal à 25 et l'obésité comme un IMC égal ou supérieur à 30.
Il est attesté que le risque de maladies chroniques augmente progressivement au-delà d'un IMC de 21.
Pour les enfants et les adolescents, le calcul de l'IMC doit être reporté sur la courbe de corpulence (IMC en fonction de l'âge).
La cause fondamentale de l'obésité et du surpoids est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées. Les facteurs sont :
  • un changement d'alimentation : plus grande consommation d'aliments très caloriques riches en graisses et en sucres mais pauvres en vitamines et minéraux ;
  • une activité physique moindre : sédentarité, travail moins physique, évolution des modes de transport.

L'obésité est un important facteur de risque de maladies chroniques comme :
  • les maladies cardio-vasculaires (cardiopathie, accident vasculaire cérébral) qui sont déjà la première cause de décès dans le monde (17 millions de morts par an) ;
  • le diabète de type II notamment ;
  • les troubles musculo-squelettiques, en particulier l'arthrose ;
  • certains cancers (endomètre, sein).
Le diabète
Le diabète est une affection chronique qui apparaît lorsque le pancréas ne produit pas assez d'insuline ou que l'organisme ne peut utiliser de manière efficace l'insuline qui est produite. Selon la définition de l'OMS, « le diabète est un état d'hyperglycémie, c'est-à-dire de concentration excessive de glucose dans le sang, qui peut résulter de nombreux facteurs génétiques et environnementaux agissant souvent de concert. »

Cette pathologie métabolique chronique se caractérise en effet par une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26g/l ou 7 mmol/l, vérifiée à deux reprises. Chez une personne saine, le pancréas secrète une hormone, l'insuline, qui régule le taux de sucre dans le sang (glycémie). On dénombre deux grands types de diabète. Le diabète de type I, dit « insulino-dépendant » (DID), touche 10% des patients. Le diabète de type II, anciennement appelé « diabète non insulino-dépendant » (DNID), représente 90 % des cas. Aujourd'hui, le diabète se rencontre à tout âge et sa fréquence augmente avec l'âge.

Le diabète de type I
Aussi appelée diabète maigre ou juvénile, cette forme de la maladie touche particulièrement les jeunes. il n'est pas lié au surpoids ou à l'obésité. A l'origine de cette affection, la destruction progressive des cellules bêta du pancréas qui sécrètent l'insuline. Lors de ce mécanisme dit auto-immun, l'organisme fabrique, chez une personne génétiquement prédisposée, des anticorps contre son propre pancréas. Le traitement du patient diabétique de type I repose sur des injections quotidiennes d'insuline.
Le diabète de type II
Encore appelé diabète gras ou de maturité, le diabète de type II apparaît généralement entre 40 et 50 ans, même si on le voit s'établir de plus en plus tôt. Son expression semble être le résultat de facteurs environnementaux, essentiellement alimentaires et comportementaux (surcharge pondérale, sédentarité).
Cette maladie se caractérise par une hyperglycémie, c'est-à-dire un excès chronique de sucre dans le sang. La maladie évolue de façon insidieuse et reste longtemps asymptomatique. De ce fait, de nombreux diabétiques ignorent leur état. Le diabète de type II associe deux phénomènes métaboliques. Dans un premier temps, un état d'insulino-résistance s'établit. L'organisme développe peu à peu une résistance à l'action de l'insuline et doit en produire une quantité de plus en plus grande afin de maintenir un équilibre glycémique constant. A terme, le pancréas, fatigué de cette stimulation permanente, ne produit plus suffisamment d'insuline. Les personnes généralement atteintes présentent une surcharge pondérale importante. Le diabète de type II s'établit généralement chez l'adulte d'âge mûr. Cependant, la maladie est en constante progression chez l'enfant.

D'une manière générale les maladies non transmissibles liées ou non à l'alimentation pourraient être responsables de 50 millions de décès en 2020 contre seulement 28 millions en 1990.

Selon l'OMS, les MNTA sont en passe de détrôner les maladies infectieuses comme principales causes de décès, et ce même dans les pays en développement où les conséquences des maladies liées à la sous-alimentation sont encore très présentes.

ACC/SCN, 2000


De plus, les études scientifiques ont montré que la malnutrition pendant la vie foetale et la petite enfance accroissait les risques de développer des MNTA à l'âge adulte. Le nouveau défi est donc de réduire les maladies dues aux carences tout en limitant l'émergence des MNTA, en particulier lorsque les ressources sont limitées et chez les populations défavorisées. Or jusqu'à présent, ces problèmes ont plutôt été traités séparément.
D'une manière générale, on admet aujourd'hui que la majorité des grands problèmes nutritionnels sont liés entre eux. Souvent, la malnutrition démarre pendant la vie foetale et, selon les conditions, peut se prolonger tout au long de la vie, particulièrement chez les filles et les femmes, celles-ci donnant à leur tour le jour à des enfants qui présentent un retard de croissance* intra-utérin.

Pour en savoir plus

International Obesity Taskforce
Site en anglais, l'IOTF (International Obesity Taskforce) fait parti du groupe IASO (International Association for the study of Obesity). Leur mission est de promouvoir l'équilibre alimentaire et l'activité physique ainsi que de prévenir l'obésité et les maladies chroniques liées à l'alimentation. Leurs travaux portent en particulier sur la prévention infantile de l'obésité.



 
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