Partie Théorique [1ère page uniquement]
1) Constat d'une réalité.
Dans la classe de cycle 3 où j'ai réalisé mon premier stage de pratique accompagnée, certains élèves éprouvaient d'importantes difficultés dans le domaine de la compréhension de textes lus. La plupart déchiffraient sans problème le texte de lecture qu'ils oralisaient correctement, syllabe par syllabe, sans pour autant en percevoir la signification. Ils n'établissaient visiblement pas de relation entre les différents mots d'une même phrase qu'ils ne parvenaient pas à comprendre globalement. A aucun moment, ils n'avaient eu le réflexe de recourir à l'anticipation pour tenter de percevoir le sens des phrases. Certes, ils savaient déchiffrer mais cela ne leur suffisait pas pour accéder au sens global du texte lu qui n'était, visiblement, pour eux, qu'une suite de syllabes.
Ce constat n'est pas sans être lourd de conséquences pour ces enfants-là. Il révèle un rapport à l'écrit pouvant rapidement devenir très handicapant pour eux à la fois dans leur vie scolaire et sociale. En effet, à l'école, la lecture apparaît souvent comme une condition sine qua non, un pré-requis nécessaire à beaucoup d'autres activités que l'élève ne pourra pas réaliser s'il ne comprend pas la consigne écrite. Ainsi, beaucoup risquent de se retrouver en situation d'échec scolaire. Il en est de même dans la vie quotidienne où l'écrit est présent partout et à tous les instants. Bentolila résume bien cette situation en disant : " La lecture est ce qu'il y a de plus difficile, et la condition de toute culture si humble qu'on la suppose. " Isabelle Le Gay ajoute : " L'écrit est source de culture, de développement et d'épanouissement. "
Aussi, se posent les questions suivantes : que peut faire l'école face à cela ? Qu'en est-il au niveau des programmes ? Que préconisent les textes pour cette activité de lecture ?
2) Les Instructions Officielles de 1995
Dans la circulaire de 1995, il est précisé qu'à la fin du cycle 2 les élèves doivent être capables de savoir lire et de comprendre seuls des textes simples. Au cycle 3, le travail de compréhension doit se poursuivre mais au travers de textes plus longs et plus complexes.
La réalité constatée semble donc loin de répondre aux exigences des textes : pour certains élèves de cycle 3, il s'agit encore de travailler sur la compréhension de textes courts pour laquelle ils éprouvent encore d'importantes difficultés.
Mais, pourquoi de telles difficultés ? Comment définir ce savoir lire indispensable à toute intégration sociale ?