George Sand devant ses juges
Jeu de citations


1 Enumération présentée dans l’ABCdaire de George Sand, Flammarion, 1999, p. 18.


"Bas-bleu", "ménagère", "somnambule", "cabotine", "goule", "latrine", (sic), "maman blette", "vache à romans"
(1). Telles sont les charmantes épithètes données à George Sand par ses confrères. Mais la romancière n’a pas suscité que des haines. Voici une liste d’écrivains et un répertoire de citations. À vous de faire correspondre le jugement avec son auteur ! .

Voulez-vous les réponses ?

1 - BARBEY d’AUREVILLY ; 2 - DELACROIX ; 3 - CHATEAUBRIAND ;

4 - NIETZSCHE ; 5 - Les GONCOURT ; 6 - SAINTE-BEUVE ; 7 - ALAIN ;

8 - ZOLA ; 9 - BAUDELAIRE ; 10 - PROUST ; 11 - BALZAC ; 12 - HUGO.


A. "Madame Sand l’emporte sur les femmes qui commencèrent la gloire de la France. L’art vivra sous la plume de l’auteur de Lélia. L’insulte à la rectitude de la vie ne saurait aller plus loin, il est vrai, mais madame Sand fait descendre sur l’abîme son talent, comme j’ai vu la rosée tomber sur la mer Morte".

B. "Les femmes n’ont jamais fait quelque chose de remarquable qu’en couchant avec beaucoup d’hommes, en suçant leur moelle morale : Madame Sand, Madame de Staël. Je crois qu’on ne trouverait pas une femme vertueuse qui vaille deux sous par l’intelligence".

C. "Au lieu de dîner chez le préfet, j’ai été avec Madame Sand voir au cirque sa pièce de Favilla. Excellente donnée que la pauvre amie n’a pas fait ressortir. Je crois que malgré les belles parties de son talent, elle ne parviendra jamais à faire une pièce".

D. "La femme Sand est le Prud’homme de l’immoralité. Elle a toujours été moraliste. Seulement, elle faisait autrefois de la contre-morale. Aussi elle n’a jamais été artiste. Elle a le fameux style coulant cher aux bourgeois. Elle est bête, elle est lourde, elle est bavarde ; elle a dans les idées morales la même profondeur de jugement et la même délicatesse de sentiment que les concierges et les filles entretenues (…) Que quelques hommes aient pu s’amouracher de cette latrine c’est bien la preuve de l’abaissement des hommes de ce siècle".

E. "George Sand est immortelle par Consuelo, œuvre pascale. C’est notre Meister, plus courant, plus attachant par l’aventure et qui va au plus profond par la musique comme fait Goethe par la poésie".

F. "J’ai lu les premières Lettres d’un voyageur : comme tout ce qui tire son origine de Rousseau, cela est faux, factice, bourgeois, boursouflé, exagéré. Je ne puis supporter ce style de tapisserie, tout aussi peu que l’ambition populacière qui aspire aux sentiments généreux".


G. "Je n’avais jamais lu encore de vrais romans. J’avais entendu dire que George Sand était le type du romancier. Cela me disposait déjà à imaginer dans François le Champi quelque chose d’indéfinissable et de délicieux".

H. "Pour mieux faire l’homme, (Sand) a éteint en elle le christianisme, renversé l’autel du mariage et de la mort et imprimé à son talent cette horrible grimace philosophique qui le défigure et qui a fini par le rendre affreux."

I. "Madame Dudevant commet des infamies et elle écrit des sublimités. Elle se flatte qu’on ne croira jamais ce qui est, et que la phrase, en définitive, prévaudra. Elle se juge assez vaisseau de haut bord pour avoir la sentine profonde. Une Christine de Suède à l’estaminet".

J. "L’on jette de la boue à Jeanne de George Sand, qui certes est un chef d’œuvre ; lisez cela, c’est sublime ! Je lui envie Jeanne ! Je ne ferai pas Jeanne, c’est d’une perfection, le personnage s’entend, car il y a bien des ridicules ; c’est mal composé ; les accessoires sont (quelques-uns) indignes de cette magnifique page".

K. "Vous êtes un des plus grands esprits de la France et du monde, et, ce qu’il y a de plus beau dans le monde, un esprit fait de cœur."

"Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes faisant partie de l’égalité des hommes, une grande femme était nécessaire".

L. "Voilà les deux éléments qui se disputent l’intelligence de tous nos jeunes écrivains, la voie du naturalisme exact dans ses analyses et ses peintures, la voie de l’idéalisme prêchant et consolant les lecteurs par les mensonges de l’imagination (…). George Sand représente une formule morte, voilà tout. C’est la science, c’est l’esprit moderne qu’elle a contre elle".