EXPOSÉ DES MOTIFS DE LA SÉQUENCE
"Rien nest faux tout est faux,
rien nest vrai tout est vrai".
Un relativisme post-moderne a contribué
peut-être à ce que la recherche en didactique sur largumentation se développe.
Quels sont les mécanismes fonctionnels,
rhétoriques et logiques qui permettent à un locuteur de communiquer, persuader et
convaincre?
Le discours argumentatif doit être lu au
collège, mais aussi mis en situation dans un espace dexpression de soi, de ses
opinions en interactions avec autrui. Autrui, entendu comme étant les camarades de la
classe, aussi bien que les auteurs des textes.
On a alors une didactique des Lettres
"citoyenne", prenant en compte les pratiques sociales de la communication
quil sagit de faire observer par les élèves, afin quils sy
exercent délibérément.
ÉLABORATION DU PROJET
Il a paru intéressant de veiller dans
cette séquence à développer les capacités danalyse et desprit critique sur
les textes.
Traquer le vrai sous le faux.
On a voulu instaurer un mouvement de
balancier: valorisation dobjets littéraires, dévalorisés par dautres textes
parodiques. La Rochefoucauld, La Bruyère, contre Pierre Dac.
Pour cela, le professeur a mis en place
une variété dactivités autour de la lecture/écriture (débat oral, lecture,
écriture-imitation, écriture-expansion) mettant lélève dans des situations
dapprentissage diverses. Ces activités sont dépendantes et complémentaires.
DESCRIPTION DU PROJET
DE LECTURE
Létude du discours à visée
argumentative, en classe de troisième, devrait sarticuler avec les compétences
acquises des élèves.
Celles-ci sétendent plutôt aux
activités langagières socialisées: conversations et conflits dans la cour de
récréation, auto-justifications improvisées (mais souvent pertinentes) devant le
professeur réclamant un travail non fait. Le sujet de réflexion du brevet peut aussi
constituer un objectif dapprentissage argumentatif.
Mais nous pensons que les consignes
décriture du devoir "didées" de lexamen de fin de collège,
noffrent guère dautres possibilités de structuration de textes que la
fameuse dialectique limitée, de la thèse - antithèse - synthèse à laquelle les
élèves se raccrochent (mais qui leur a appris cette démarche?)
Le sujet de réflexion, en effet, ne
développe quune illustration descriptive dexpériences fictives et non
fictionnelles que le candidat doit livrer. Personne nest dupe, ni lélève ni
le correcteur qui se désolent de subir les contraintes de stéréotypes scolaires.
Par contre, nous croyons que
largumentation, la réflexion argumentative, donnent la possibilité à une
authentique situation dapprentissage si le cadre didactique est explicitement posé.
Cette contribution voudrait être une
modeste "Défense et Illustration de lart argumentatif par lexercice de
la parodie".
La maxime: un bon
genre à tout faire
Il a paru utile de construire un
groupement de textes à partir de la maxime classique (La Rochefoucaud, La Bruyère), se
prêtant à lapproche plurielle de la lecture et de lécriture.
La forme brève contient lessence
de largumentation, une opinion qui sénonce dans une formule frappante, noyau
de lart du paradoxe qui déjoue les topoï, les valeurs communément admises,
pour les mettre en tension.
La maxime engage aussi la réception du
lecteur, alerté par son énoncé antithétique car elle plonge "léthique dans
le règne du soupçon" (Barthes).
La maxime recèle en elle le principe de
la démystification en levant le voile sur les murs des hommes. La maxime lutte
contre le faux dune réalité sociale consensuelle. Elle cherche à débusquer le
"vrai", la vérité démystifiée.
Le professeur a guidé la classe pour
faire découvrir les présupposés, limplicite des maximes de La Rochefoucaud et La
Bruyère.
MANIPULATIONS EN TOUT
GENRE
On donne à lire un autre groupement de
textes de Pierre Dac issus des Pensées (1) les
élèves notent le détournement humoristique de ces réflexions. La structure symétrique
et antithétique de la maxime classique est conservée. La dévalorisation sexerce
sur la description dégradée de sentiments nobles comme lAmour. |