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Catherine DUPUY
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La pratique du conte est monnaie courante à lécole élémentaire. Cest pour
cela que Serge Martin se penche avec bienveillance sur Les Contes à lécole
pour en fixer les enjeux et en tirer le plus grand profit didactique et pédagogique.
Car il sagit de dépasser le plaisir du conte procuré empiriquement aux élèves,
pour construire une lecture plurielle féconde, de ces textes du patrimoine culturel.
Le première partie de louvrage dresse une petite histoire critique de
lenseignement des contes à lécole, où lon voit surtout que la
séparation entre la tradition orale et écrite nest plus à faire car il
sagit, dans les deux cas, de littérature.
S. Martin sinterroge ensuite sur les activités développées autour du conte à
lécole. Dabord il est utilisé dans un but déducation à
limaginaire, qui développe une " pédagogie-magie " subjuguant les petits
élèves.
Il faut aussi voir que le conte constitue un modèle du récit dans une perspective
denseignement de la lecture-écriture du texte narratif.
La narratologie, la morphologie du conte selon Propp et la sémiotique dressent des cadres
de lecture et nourrissent la séquence lecture du conte comme instrumentation.
Cependant, lauteur alerte les enseignants sur les dérives applicationnistes de ces
outils qui appauvrissent et mutilent les diverses approches de lecture du conte.
Construire la lecture comparative des contes ; réfléchir sur les traditions culturelles,
sur les personnages ; interpréter et parodier les contes, occupent la deuxième partie de
louvrage.
S. Martin examine ensuite le recueil de contes des frères Grimm dans une démarche
comparatiste, fort du principe que la didactique du conte sappuie sur
lenchaînement des textes ; révélant leurs analogies et leurs différences.
Lauteur, de plus, observe les illustrations de Maurice Sendak qui révèlent le
continu des éléments du langage du texte et des éléments de limage.
Les dernières pages de louvrage traitent de lexploitation dun album
contemporain Éva ou le pays des fleurs de Rascal et Louis Joos. On y retrouve
les motifs du Petit Chaperon rouge et de La petite fille aux allumettes
dAndersen jusquau récit du film de Wim Wenders Alice dans les villes.
Enfin, S. Martin plaide pour une lecture du Petit Chaperon rouge dont le contenu peut
paraître trop exploité. Le lecteur réalise ainsi que les contes, même les plus connus,
nont pas encore livré toute leurs richesses. Il reste aux enseignants - et ceux qui
ont des classes de 6e et 5e peuvent largement utiliser cet ouvrage - à suivre la
proposition de lauteur : inventer dautres lectures possibles. |
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