Alcools ou le Moyen Age comme mirage
   Catherine JORGENSEN

Comment supposer que le charme naïf qui émane [du Bestiaire] est fait d’ignorance et que cette poésie didactique ne doit rien au Moyen Age, à ses bestiaires et volucraires ou à ses chastie-musart.
P. PIA
Apollinaire (Écrivains de toujours)

Dans la conférence sur L’Esprit nouveau prononcée le 26 novembre 1917, Apollinaire affirmait : " [les poètes de l’art nouveau] auront à leur disposition le monde entier, ses rumeurs et ses apparences, la pensée et le langage humain, le chant, la danse, tous les arts et tous les artifices, plus de mirages encore que ceux que pouvait faire surgir Morgane sur le mont Gibel, pour composer le livre vu et entendu de l’avenir ". Il rapprochait donc de façon étonnante le Moyen Age et l’art nouveau dans une énumération qui claironne les pouvoirs de la poésie de demain. Grand lecteur de littérature médiévale, des romans de la Table ronde à Mélusine, Apollinaire a repris, dès ses premières œuvres, l’héritage de cette époque. L’enchanteur pourrissant publié en 1904 retrace les aventures de Merlin et de la dame du lac à la lumière du Lancelot en prose, et Le Bestiaire ou cortège d’Orphée de 1911 retrouve la poésie emblématique médiévale. Cet intérêt pour le Moyen Age rejoint le goût du début du XXe siècle car Jean Lorrain avait publié une plaquette sur Viviane, et Alfred Jarry (rencontré par Apollinaire en 1903) utilisait les mystères de Brocéliande.

Le Moyen Age est donc avant tout pour le poète un enchantement de lecteur qui va laisser des traces dans Alcools, mais les images issues de la tradition médiévale sont utilisées pour mettre à distance la confidence intime. Apollinaire tisse un faux Moyen Age avec une vraie douleur : n’est-ce pas le propre même des mirages que de nous faire prendre le faux pour du vrai ?
M. Decaudin signale dans sa préface aux Œuvres poétiques dans la Pléiade que " les amis d’Apollinaire ont tous parlé avec admiration de l’étendue de ses lectures et de sa mémoire inépuisable. " Plus cruellement, une note de la Pléiade sur les Œuvres en prose signale à propos de L’Enchanteur pourrissant : " Cette phrase est la seule du chapitre qui soit vraiment d’Apollinaire. Il transcrit ensuite en le modifiant à peine un passage de Lancelot. Selon toute apparence, il utilise, non sans quelques emprunts extérieurs, l’édition en prose donnée en 1533 par Philippe le Noir. " Sa poésie est donc bien fille de Mémoire, et l’accouplement du poète et de la vieille femme fait de ses lectures la trame de ses poèmes.

Où il apparaît qu’Alcools garde les traces d’un Apollinaire grand lecteur de littérature médiévale.

Le Pont Mirabeau a été rapproché par Mario Roques d’une chanson de toile du début du XIIIe siècle : Gayette et Oriour, publiée dans la Chrestomathie du Moyen Age de Gaston Paris et Ernest Langlois qu’Apollinaire connaissait certainement. Les deux textes ont le même dessin rythmique, la même position des rimes, le même mouvement de refrain

" Vente l’ore et li rain crollent
Qui s’entraiment soef dorment ".

De façon plus générale, la structure de la chanson de toile, bref récit entrecoupé de dialogues, est fréquente dans Alcools.
La Loreley par exemple reprend cette trame. La narratrice des Cloches (Poésie, Gallimard, p. 98) ressemble en tous points à l’héroïne de la " chanson de femme " décrite par Pierre Le Gentil dans La littérature française du Moyen Age : " Une jeune fille simple, qui aime de toute son âme et de tout son être ". Le poème commence ainsi :

" Mon beau tzigane mon amant ".

P. Le Gentil précise que la jeune fille " se donne sans songer aux lendemains douloureux qui l’attendent " et le poème d’affirmer :

" Nous nous aimions éperdument
Croyant n’être vus de personne "

et, plus loin :

" Je ne saurai plus où me mettre
J’en mourrai peut-être "

Les poèmes d’Alcools comme les chansons de toile répètent sans fin l’angoisse de l’attente :

p. 18 - " d’attente et d’amour " (Chanson du Mal-Aimé)
p. 24 - " je l’attends " (Chanson du Mal-Aimé)
p. 61 - " Et souviens-toi que je t’attends " (Adieu)
p. 67 - " la dame qui m’attend " (Merlin et la vieille femme).

Alcools reprend donc le refrain des chansons de toile.

Le lai est évoqué directement par le poète lui-même : " Moi qui sais des lais pour les reines ". En affirmant avec fierté ses connaissances, il permet d’envisager différemment l’image, récurrente dans le recueil, du bâton fleuri. Salomé : " Son bâton refleurit sur les bords du Jourdain ". Lul de Faltenin : " Que vergues et mâts reverdissent " p. 77. En effet, cette image s’éclaire à la lecture du Lai du chèvrefeuille de Marie de France où le bâton de coudrier enlacé par le chèvrefeuille est le symbole de l’éternité de l’amour qui unit Tristan et Iseut.

Une édition complète des lais du XIIIe siècle avait été publiée en 1907.Le poème intitulé Merlin et la vieille femme évoque, dès son titre, les récits de la Table Ronde où l’enchanteur a aimé une femme de cent ans : Morgane.

" Elle balla mimant un rythme d’existence
Criant Depuis cent ans j’espérais ton appel
Les astres de ta vie influaient sur ma danse
Morgane regardait du haut du mont Gibel. "

Dans le poème, le lexique utilisé " balla, chape " fonctionne comme un signe de l’intertextualité. De plus, l’évocation en fin de texte de Viviane, la dame du lac qui enchanta l’enchanteur, fait de Merlin et la vieille femme une sorte d’annonce de L’Enchanteur pourrissant publié en 1909.

" La dame qui m’attend se nomme Viviane
Et vienne le printemps des nouvelles douleurs "

avec un jeu de mots sur le personnage féminin également nommé Avienne. Il est important de souligner que Viviane enferma Merlin dans un cercle d’aubépines

" Je m’éterniserai sous l’aubépine en fleurs ".

Les poèmes à noms de femmes comme Rosemonde, Clotilde, Annie ou Salomé reprennent le thème du verger d’amour du Roman de la Rose de Guillaume de Lorris.

Annie :

" Sur la côte du Texas
Entre Mobile et Galveston il y a
Un grand jardin tout plein de roses
Il contient aussi une villa
Qui est une grande rose ".

La répétition insiste sur le rapprochement de la femme et de la rose et annonce le jeu de mots

" Comme cette femme est mennonite
Ses rosiers et ses vêtements n’ont pas de boutons
Il en manque deux à mon veston
La dame et moi suivons presque le même rite ".

Les boutons de rose donnaient lieu à toute une description dans Le Roman de la Rose (Honoré Champion, p. 66)

" La tige était droite comme un jonc
et au bout reposait le bouton (...)

Dans le verger du Roman de la Rose (H. Champion, p. 26)

" Il y avait beaucoup d’oiseaux chanteurs
assemblés dans tout le verger
en un point étaient des rossignols
d’un autre côté des geais et des étourneaux [...]
Leur chant était tel
qu’il semblait venir d’anges célestes
et sachez bien que, quand je l’entendis
j’en ressentis une joie très vive
car jamais si douce mélodie
ne fut entendue par homme mortel [...]
on aurait pu le comparer
au chant des sirènes de mer ".

Le lien entre les oiseaux, les anges, l’immortalité est repris dans Zone avec un clin d’œil par l’adverbe

" Les sirènes laissant les périlleux détroits
arrivent en chantant bellement toutes trois ".

Les couplets d’octosyllabes à rimes plates d’Alcools retrouvent ainsi la structure du Roman de la Rose. Enfin les intermèdes de " L’aubade chantée à Laetare ", " La réponse des cosaques " et " La Chanson des 7 épées " rappellent, tant par leur contenu que par leur structure, les ballades de Villon. Dans une lettre à Toussaint Luca du 11 mai 1908, Apollinaire écrivait que ses maîtres allaient " des auteurs du cycle breton à Villon ". Les quintils octosyllabiques de La Chanson du Mal-Aimé renvoient aux octaves de mètre identique du Testament et " Moi qui sais des lais pour les reines " est un hommage à " La Royne blanche comme lys qui chantait à voix de sereine " de La Ballade des dames du temps jadis. La ballade d’Eustache Deschamps intitulée Paris se retrouve dans Zone et Vendémiaire

" C’est la cité sur toutes couronnée,
Fontaine et puits de sens et de clergie,
Sur le fleuve de Seine située :
Vignes, bois a, et terres et prairies "
(Moyen Age, coll. Lagarde et Michard, p. 202).

" La Chanson des 7 épées " retrouve la tradition médiévale qui donnait un nom à l’épée, on connaît ainsi Durandal, Joyeuse... Chaque strophe constitue une sorte de blason, et l’utilisation des termes d’héraldique comme " otelles " prend ici tout son sens. Les poèmes comme des écussons renvoient aux amoureuses, sous " Pâline " des critiques ont lu " Playden " et Clotilde peut évoquer l’ombre de Marie Laurencin. Apollinaire ne se contente pas d’insérer des souvenirs de lecture, il multiplie dans tout le recueil les références au Moyen Age qui entretiennent le secret.

Si Apollinaire utilise l’assonance, il transgresse les règles de l’assonance médiévale, car l’alternance masculine / féminine n’est pas toujours respectée, comme pour inscrire dans la versification la destruction du couple. Cette poésie souvent ramenée à " un travail de brocanteur " n’est pas simplement un montage de lectures. Les lectures sont utilisées pour mieux dire une souffrance personnelle. Comme l’a remarqué M. Decaudin dans le dossier d’Alcools, le poète est revenu sur son texte, notamment sur Zone pour gommer des allusions trop directes à sa vie.

Où il apparaît que le Moyen Age fournit des images permettant au poète de se retirer pour regarder passer le cortège.

Les souvenirs de lecture des œuvres médiévales ont une force terrible dans Alcools, car ils sont portés par la souffrance du poète.
Le thème de l’attente, fréquent dans les chansons de toile, permet de mettre à distance l’expérience douloureuse du poète et donne au message une valeur générale. Le refrain de Gayette et Oriour est déplacé, réutilisé :

p. 45 - " Les amoureux s’entraimaient " (La Maison des morts)
p. 72 - " Les serpents s’entraiment " (Le Larron)

Le parallélisme est justifié, ravivé par la déception du poète et le choix du verbe dit la douleur de la séparation, son déchirement.
Le thème du bâton qui refleurit permet d’affirmer malgré la déception, le renouveau possible de l’amour ; cf. Marie : " Je veux vous aimer, mais vous aimer à peine " et dans Salomé l’amour continue malgré la mort de Jean-Baptiste.
La figure de Merlin permet au poète de parler de son origine. Merlin, l’enfant sans père, issu comme le raconte le " Lancelot en prose " - point de départ de L’Enchanteur pourrissant - des amours d’une femme et d’un diable, évoque la bâtardise en la tenant à distance. En effet, l’utilisation de la figure médiévale permet au poète de renaître puisque le poème Merlin et la vieille femme dit :

" Il sera bien mon fils mon ouvrage immortel
Le front nimbé de feu sur le chemin de Rome
Il marchera tout seul en regardant le ciel "

comme si réécrire sa vie permettait de vivre ; et l’image du phénix placée en tête du recueil dans Zone prend alors tout son sens. On retrouve ici l’idéalisme médiéval : chaque forme dissimule un secret.

Le Roman de la Rose de G. de Lorris montrait une rose qui échappe toujours à son adorateur, (p. 66 Honoré Champion)

" mais je m’en approchai pour le prendre
mais des chardons aigus et piquants
m’en tenaient éloigné "

elle est l’objet d’une quête

" Je la surnommai Rosemonde
Voulant pouvoir me rappeler
Sa bouche fleurie en Hollande
Puis lentement je m’en allai
Pour quêter la Rose du Monde ".

Ce motif de la dame sans merci et de l’amant martyr permet de parler d’Annie Playden qui s’enfuit en Amérique pour ne pas épouser Guillaume.

" Une femme se promène souvent
Dans le jardin toute seule
Et quand je passe sur la route bordée de tilleuls
nous nous regardons " (Annie)

Les allégories très importantes dans Le Roman de la Rose où Beauté, Largesse, Franchise, Vieillesse, Pauvreté (...) donnent lieu à des portraits, permettent dans Clotilde d’évoquer la tristesse

" L’anémone et l’ancolie
Ont poussé dans le jardin
Où dort la mélancolie
Entre l’amour et le dédain ".

Les poèmes les plus intimes se protègent derrière les lectures et le poète-Narcisse, histoire reprise dans Le Roman de la Rose, voit défiler sa vie (cf. Cortège)

" Le cortège passait et j’y cherchais mon corps
Tous ceux qui survenaient et n’étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même ".

Grâce à l’érudition on peut dire la déception sans trop se livrer. De même, les ballades de Villon permettent, grâce au Larron et à L’Ermite d’évoquer l’épisode infamant du Louvre.

Où la poésie devient mirage

Le poète lecteur tisse références et souvenirs comme le montre l’image de la tapisserie p. 87

" Et l’on tissait dans sa mémoire
Une tapisserie sans fin
Qui figurait son histoire " (L’Émigrant de Landor Road).

Apollinaire a choisi d’écrire une chanson de toile, de faire revivre le passé

p.117 - " J’ai eu le courage de regarder en arrière "
p. 27 - " Comment voulez-vous que j’oublie "
p. 21 - " Je suis fidèle comme un dogue
           Au maître le lierre au tronc ".

Le poète triomphe de la mort par la reverdie qui fait vivre au-delà de la mort ; l’image du Lai du chèvrefeuille reste ainsi pleine de sève. Ne peut-on pas considérer, comme Danielle Sallenave, que la littérature est " le don des morts " ? La poésie-mirage met ainsi en scène des apparitions

p. 93 - " Et voici le spectacle
          Et pour toujours je suis assis dans un fauteuil " (Le Brasier)

La licorne et la capricorne sortent des tapisseries pour hanter La Chanson du Mal-Aimé, Merlin se place à un carrefour, La Loreley met en place un Moyen Age ressuscité :

p. 31 - " Près d’un château sans châtelaine ".

La figure de l’enchanteur se répand en dehors même de Merlin.

" Un charlatan crépusculaire
Vante les tours que l’on va faire " (Crépuscule)
" Quelques fées et les enchanteurs " (Crépuscule)
" graves magiciens " (Les Sapins).

La poésie utilise des formules magiques comme le lexique médiéval : " orra ", " cherront ", " cucuphe ", " otelles ";

" Que le mystère clôt comme une porte la maison
ce mystère courtois de la galanterie " (Vendémiaire).

Apollinaire était fasciné par les magiciens, ce qui explique peut-être ce choix d’une poésie-mirage.

Le Roman de la Rose s’ouvre sur une réflexion qui mêle songe et poésie, rêve et réalité ou réalité d’un rêve. Les poèmes d’Alcools apparaissent souvent comme des songes qui se dissipent, ou des songes juxtaposés ; la suppression de la ponctuation renforce l’ambiguïté. Enfin la veine Villon, si l’on peut dire, donne au recueil un lien avec la langue orale. La poésie s’affirme par le verbe " mirer "

" Pour me mirer une fois encore dans le fleuve " dit la Loreley
" Je mire de ma mort la gloire et le malheur " (Les Fiançailles)
" Et dans l’étang mire son corps " (Crépuscule).

Pascal Pia évoquait ainsi les poèmes d’Apollinaire : " Les miracles délibérés d’un magicien rompu à la confection des philtres. " Le Moyen Age lui a permis d’enchanter sa vie.

Cette recherche sur les liens entre Alcools et le Moyen Age permet un module intéressant.

En effet, les Instructions Officielles de la classe de seconde invitent les enseignants à " donner à l’élève une perspective d’ensemble sur la littérature, du Moyen Age à l’époque contemporaine ". Un module, situé en fin d’année de seconde, après un groupement de textes sur Alcools pourrait permettre de donner cette perspective, en confrontant des extraits de la littérature du Moyen Age et des extraits d’Alcools.
Les élèves par groupes de deux travaillent un des trois éléments suivants :

– étude d’un motif : le refrain à partir d’une chanson de toile Gayette et Oriour et du Pont Mirabeau ;
– étude d’un thème : le femme-rose à partir d’un extrait du Roman de la Rose de Guillaume de Lorris (Hachette, p. 150) et d’Annie ;
– étude d’une forme : la ballade.

Déroulement

Première étape :

– lire les deux textes proposés,
– les informer : dates, auteurs...
– les comparer : points communs, différences
– étudier l’axe proposé.

Deuxième étape :

– présentation orale des recherches (5 mn).

Troisième étape :

– synthèse collective : comment Apollinaire a-t-il utilisé le Moyen Age ?

Ce module permet de montrer à des élèves de seconde qu’une œuvre du XXe siècle s’élabore à partir d’une lecture des œuvres passées, même très lointaines comme la littérature médiévale. La perspective d’ensemble prend ici tout son sens puisqu’elle met en valeur un dialogue entre les textes grâce à un Apollinaire lecteur.

Ces rapprochements peuvent, éventuellement, donner lieu à des groupements : sur la chanson à partir du motif du refrain, sur la femme-rose avec le XVIe siècle et sur la ballade : B. Veck a proposé un groupement de textes très intéressant dans " Groupements de textes et projet de lecture 2 ", INRP Bertand-Lacoste.

D’abord compagnon des princes bretons dans leur lutte contre les envahisseurs barbares, ami par la suite et défenseur du roi Arthur auquel il suggéra l’institution de la chevalerie et de la Table ronde [Merlin] est toujours prêt à distraire le peuple [...], à réconforter les esprits à l’heure du doute [...], tour à tour mage et prophète, poète et guerrier.
Dictionnairedes personnages, coll. Bouquins, R. Laffont
Depuis l’avènement de Jésus-Christ, il y eut trois tables principales au monde. La première fut la table de Jésus-Christ [...]. Après cette table, il y en eut une autre à la semblance et remembrance de la première. Ce fut la Table du Saint-Graal [...]. Après cette table, il y eut encore la Table ronde établie selon le conseil de Merlin et pour une grande signifiance.
La Quête du Graal
(Anonyme, Édition Béguin-Bonnefoy-Seuil)
La châtelaine resta un long moment à contempler la campagne. Une chanson de toile lui revint en tête et elle la fredonna : La brise souffle, la ramée se balance
Doux sommeil à ceux qui s’entr’aiment...
J.C. NOGUÈS
Le Faucon déniché
(1972)