Editorial

Ecrire sur le roman policier en s’interrogeant sur la valeur littéraire du genre, c’était, il y a trente ans, une provocation pure et simple. Aujourd’hui, la situation est différente car le roman policier " a réussi à profiter du ghetto dans lequel les gens de bon goût voulaient l’enfermer pour se forger un univers à soi, une langue personnelle et une respiration singulière " (Robert Deleuse, Les maîtres du roman policier, Bordas, 1991).

Dans un article en forme de réhabilitation sont soulignées les particularités d’un genre, inégalement représenté dans le monde, où s’illustrent les auteurs féminins et les écrivains masqués, genre dont les frontières restent floues. C’est précisément sur ces limites indécises que campe Jean Echenoz. On ne peut donc trouver meilleur support didactique que le roman policier pour mettre à jour les fluctuations de la notion de genre.

Ensuite, la parole est donnée aux éditeurs et écrivains de polars, gens ouverts aux échos de la société dont ils présentent les " recoins sombres ".

Dans le contexte de la classe, le roman policier est d’ailleurs plébiscité par enseignants et élèves. La deuxième partie du dossier présente plusieurs dispositifs pédagogiques pour étudier les ressorts des " policiers classiques " ainsi qu’une note de lecture permettant d’associer thématique et poétique dans l’étude du roman noir.

Enfin, une liste bibliographique d’une quinzaine de titres aidera le lecteur à se diriger dans l’immense champ de la production policière

Dans la partie " Chroniques " de ce numéro, signalons, à côté des rendez-vous habituels (EAF, Histoire de l’Education, Entretien avec... et Littérature de Jeunesse), un article sur les variations syntaxiques qui prolonge le dossier " Langue " du numéro 30 et un billet d’humeur au sous-titre évocateur : " Les programmes de baccalauréat comme remède à la crise du livre et de l’édition en France ".

Annette SIVADIER