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Christian Poslaniec exerce donc une auto-censure et ne
veut pas suivre les " règles " décriture du polar. Cependant, les principes
déontologiques de cet écrivain ne sont pas suivis par tous les auteurs de Roman Policier
Jeunesse.
Alors, que penser des études faites en classe, depuis de
nombreuses années, de romanciers comme A. Christie, E.A. Poe, G. Leroux, et
dauteurs plus " modernes ", encore plus noirs, immolant des victimes sous les
coups de criminels qui parfois vont jusquà endosser le rôle du narrateur, comme
dans Le Meurtre de Roger Ackroyd dA. Christie ?
Les professeurs de lettres cultivent-ils un mauvais genre
? Ou plutôt considèrent-ils que tout texte recèle de la violence, la même que celle,
peut-être, qui traverse les contes traditionnels quil nest pas nécessaire
dédulcorer ?
Les enseignants ont plutôt entériné lévolution
des jeunes lecteurs dont limaginaire est alimenté par la télévision et le
cinéma, dun corpus dimages sanglantes et crues qui nétaient pas
accessibles aux précédentes générations denfants.
Ces mêmes professeurs peuvent adopter deux attitudes
différentes, soit un activisme protectionniste contre le déferlement agressif, en
créant par la lecture un espace privilégié ; soit la prise en compte de lhabitus
de lélève à partir duquel sélaborent les procédés de mise en scène de
la violence, pour la mettre à distance et en extraire le fait littéraire (Voir la très
intéressante séquence sur " lécriture de la violence " proposée par Véronique
Chavarot pour la classe de Troisième, dans Le Groupement de Textes, de Jean Jordy,
édité par le CRDP de Toulouse).
Voilà que le roman policier jeunesse et lattitude
éthique de C. Poslaniec nous interrogent très sérieusement sur la sélection de textes
à faire lire aux élèves ! |