L'essentiel

L’importance actuelle prise dans le discours sociologique, politique, médiatique du terme d’exclusion est le reflet d’une situation sociale sans précedent.

Ce terme doit cependant être utilisé avec précaution et relié à un contexte économique et social car son sens en dépend.

Autrefois le terme d’exclu concernait les exclus de la croissance engendrée par les trente glorieuses, les individus victimes des inégalités que la croissance ne pouvait faire disparaître.

A cette pauvreté traditionnelle succéda ce qui fut appelé la "nouvelle pauvreté", pauvreté résultant de la remise en cause du compromis fordiste, d’une nouvelle gestion de la main d’oeuvre sur le marché du travail, pauvreté susceptible de toucher des personnes qui n’étaient ni des mendiants ni des vagabonds. Les nouveaux pauvres n’avaient pas le profit habituel des pauvres et marginaux. Ces derniers, en dehors de la "nouvelle pauvreté" sont alors devenus des indésirables quelle que soit l’origine de leur situation.

Voir : Inégalités et exclusion pendant les trente glorieuses

Voir : Inégalités et exclusion depuis la crise

 

Voir : L’arrêté anti mendicité de Nice devant le tribunal administratif

La prise de conscience de la nécessité d’étudier le phénomène de pauvreté fut tardive en France. Elle était cependant indispensable. Comment définir et donc mesurer cet état de pauvreté, sachant que cette notion est relative dans le temps et dans l’espace ? Comment mesurer et définir cet état de pauvreté : par rapport à un certain niveau de revenus(pauvreté absolue) ou par rapport à des conditions de vie considérées comme normales (pauvreté relative) ? Voir : Pauvreté absolue et pauvreté relative

Voir : Une définition de la pauvreté

Pauvreté, exclusion. Peut-on considérer que la pauvreté soit synonyme d’exclusion ? Certes non. Cette dernière ne peut être envisagée que dans le cadre d’un affaiblissement voire du rupture du lien social.

Or, à l’heure actuelle, les situations susceptibles de rompre le lien social se multiplient : précarisation sur le marché du travail, urbanisation, instabilité familiale, individualisation croissante des modes de vie. La pauvreté est donc parfois accompagnée d’une situation pouvant générer l’exclusion. Celle ci est la résultante d’une juxtaposition de situation monétaire précaire et de situations excluantes d’un mode de vie normal.

Voir : Une confusion de langage entre "pauvres et exclus"

Voir : Exclusion et lien social, lien social et exclusion

Voir : Les contours de la pauvreté contemporaine

L’augmentation du nombre de personnes touchées par la pauvreté en France est sensible.

Ce phénomène touche également les autres PDEM : Europe et USA. Cependant, contrairement à certaines idées reçues, le pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est plus élevé en Europe qu’aux Etats-Unis.

En France, la nature et le volume des minima sociaux distribués peuvent rendre compte,sans conteste, de la montée de la pauvreté. Cependant des analyses de la population touchée par la pauvreté, menées par l’INSEE ou par des associations caritatives comme le Secours catholique, révèle des modifications importantes. En 10 ans, la pauvreté s’est considérablement rajeunie, est devenue plus urbaine, concerne davantage les ménages d’actifs salariés et de plus en plus les familles monoparentales.

Voir : 5,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté

Voir : 57 millons de pauvres en Europe

Voir : La répartition des minima sociaux

Voir : Plus de jeunes, plus de ménages actifs

Ces analyses montrent d’autre part que ces situations individuelles sont le résultat d’une succession, d’un cumul de difficultés pouvant mener progressivement l’individu, le ménage à une situation d’exclusion. Ceci signifie donc que l’exclusion n’est pas un état ( donc facilement repérable et mesurable) mais un processus (qui ne peut donc qu’être décrit), processus qui peut toucher, de façon temporaire ou durable, plusieurs types de populations. La présentation des trajectoires individuelles ou collectives menant à l’exclusion est, dans ce sens, importante à aborder.

L’exclusion va de pair avec la rupture du lien social. Ce dernier, étant l’ensemble des liens unissant les membres d’un groupe, peut être mis en mal en cas d’incapacité d’accéder aux droits sociaux fondamentaux : travail, santé, logement, éducation ... , créant ainsi une situation de mise à l’écart de la société et pouvant ainsi mener progressivement l’individu vers l’exclusion.

Voir : L’exclusion : un processus plus qu’un état

Voir : Deux millions de sans abris et de mal logés

Voir : les exclus des soins

Voir : L’illettrisme

Face à la montée de la pauvreté et de l’exclusion, et au delà des clivages politiques, la volonté politique de lutter contre l’exclusion. est clairement affirmée. Sous différents gouvernements, un certain nombre de mesures ont été prises.

Les mesures (de politiques actives) visant à compenser la dégradation du marché du travail, sont anciennes mais ne parviennent pas à restaurer une situation de plein emploi et d’emploi stable.

Devant cette incapacité du marché du travail à procurer aux ménages des revenus d’activité et face à certaines situations particulières, les transferts sociaux deviennent essentiels pour que la pauvreté ne ronge pas le tissu social.

Voir : Politique de l’emploi : 25 ans d’échec?

 

Voir : L’historique des minima sociaux

Les mesures visant à permettre l’accès de tous aux droits sociaux fondamentaux, afin de contrecarrer certaines trajectoires menant à l’exclusison, sont plus récentes. Cependant, dans bien des cas, accès au logement, aux soins ..., l’intervention politique ne fait que répondre aux demandes et pressions reitérées des différentes associations qui, dans le cadre de la société civile, luttent depuis de nombreuses années contre l’exclusion.

Ces associations œuvrent dans des domaines trés différents : accès au travail, à la nourriture comme les Restos du coeur, au logement comme le DAL, aux soins comme Médecins du monde, à la justice... Certaines sont récentes, d’autres plus anciennes. Ces dernières, face à la montée de la pauvreté et de l’exclusion, se sont adaptées, allant jusqu’à modifier leurs domaines d’intervention. Toutes ont en commun la mise en place d’actions spectaculaires visant à interpeller haut et fort les pouvoirs publics.

Voir : Réquisitions de logements vacants (loi sur l’exclusion)

Voir : L’assurance maladie pour tous en 1999

Voir : Le père Wresinski fondateur du mouvement ATD Quart-monde

Voir : Les actions spectaculaires des grandes associations

Plus que jamais, la prévention et la lutte contre l’exclusion, la restauration des liens sociaux, apparaissent donc de la responsabilité de toutes les composantes de la société. Voir : Loi n° 98-657 du 29 juillet 1998 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions

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