Politique de l’emploi : 25 ans d’échec ?

Thème 9 : Vaincre l'exclusion : les mesures politiques

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par Louis Maurin, Alternatives économiques, Hors-série n° 39, 1er trimestre 1999 (extrait).

 

Depuis vingt-cinq ans, de nombreuses mesures ont été prises dans le cadre de la politique de l’emploi pour lutter contre le chômage. Ces différentes mesures et dispositifs n’ont pas réussi à empêcher la progression du chômage. Il n’en demeure pas moins que 2,5 millions de personnes bénéficient actuellement de ces dispositifs. (...) La rapide progression du chômage qui suit le premier choc pétrolier conduit les pouvoirs publics à donner une autre dimension à la politique de l’emploi. L’indemnisation régresse fortement, mais l’Etat va dépenser des sommes croissantes pour tenter de modifier le fonctionnement du marché du travail. Dans un contexte marqué par une faible croissance économique, les gouvernements multiplient les dispositifs de cessation anticipée d’activité dès la fin des années 70. Ces dispositifs vont connaître leur apogée au milieu des années 80 avec plus de 700000 personnes bénéficiaires, à la suite des grands plans de restructuration dans le secteur industriel. Ils se réduiront par la suite.

L’autre volet des politiques publiques va consister à faciliter l’insertion des jeunes sur le marché du travail, soit à travers des stages ou des petits boulots au sein de la sphère publique, soit par des politiques de subvention à l’embauche dans le secteur privé. Les plans emploi vont ainsi succéder aux plans emploi. Des " stages Barre " aux stages d’insertion à la vie professionnelle (SIVP), remplacés par les travaux d’utilités collective (TUC, 1984), puis les contrats de formation en alternance (1983), en passant par les contrats emploi-solidarité (CES, 1989), les contrats initiative emploi (CIE, 1995), et tout récemment les emlpois-jeunes (1997). Un foisonnement qui tient notamment au fait que les gouvernements qui se succèdent ne veulent pas avoir l’air de rester impassibles face à la montée du chômage.

Voir aussi : Politiques générales et politiques spécifiques

Voir aussi : Les emplois-jeunes : mode d'emploi


Malgré l’ingéniosité du ministère de l’Emploi, on a rapidement compris que ces contrats ne suffiraient pas. Les gouvernements se sont engagés dans une politique de réduction du coût du travail s’inspirant de l’analyse libérale du chômage selon laquelle le travail serait trop cher. Faute d’oser ou de souhaiter politiquement remettre en cause le SMIC, les gouvernements ont réduit progressivement les charges sociales sur les bas salaires. Au départ, cette politique reste ciblée : réservée aux jeunes (1986), puis aux temps partiels (1992). Le vrai tournant a lieu en 1993, avec Edouard Balladur : les cotisations sociales sont diminuées pour l’ensemble des bas salaires avec l’idée de réduire le coût relatif du travail non qualifié. Sans prendre le pas sur le reste des dispositifs, cette politique va coûter de plus en plus cher (43 milliards de francs en 1998). (...)


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