Politiques générales et politiques spécifiques

Thème 9 : Vaincre l'exclusion : les mesures politiques

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La grande pauvreté, évaluation des politiques publiques de lutte contre la grande pauvreté, 1995, Avis du Conseil économique et social présenté par Geneviève De Gaulle - Anthonioz (extrait).

 

(...) Du point de vue de leur impact sur les populations les plus défavorisées, les politiques publiques peuvent être divisées en deux groupes ; les politiques spécifiques visant des populations-cibles en situation de pauvreté, et les politique à vocation générale, mais pouvant avoir -entre autres- des effets sur les populations pauvres.
(1) CEBS : Centre d’économie des besoins sociaux, (Faculté de sciences économiques de Nantes).
Les politiques spécifiques présentent, selon le rapport du CEBS (1), certains avantages. Elles tiennent compte du fait que les personnes en situation de pauvreté sont souvent perçues comme ayant des difficultés susceptibles de leur rendre malaisé l’accès aux prestations et aux services offerts à l’ensemble de la population. Pour celles qui sont en situation de grande pauvreté, cet accès est parfois même de ce fait impossible. Les politiques spécifiques interviennent alors à titre de " rattrapage ", elles tentent en quelque sorte de combler les trous de la législation. L’enquête du CREDOC a de son côté mis en évidence l’utilité des politiques spécifiques par le fait que souvent, grâce au complément qu’elles apportent aux politiques à visée plus large, un nombre très faible de personnes reste totalement en dehors des politiques sociales actuelles.
Voir aussi : L'exclusion : un processus plus qu'un état

Ces institutions, ces procédures, ces filières spécifiques recèlent néanmoins un certain nombre de risques mis en lumière par le rapport du CBES. (...)
Voir aussi : Les risques des politiques spécifiques
(2) PMI : Centre de protection maternelle et infantile
(...) Devant ces risques, on est tenté de donner la préférence aux politiques générales. Le CBES montre d’ailleurs que les politiques générales présentent en principe des avantages : d’une part, répondre au souci d’égalité des droits pour les plus pauvres comme pour les autres citoyens en vue d’assurer une bonne cohésion sociale, d’autre part permettre, en touchant tout le monde, d’agir " en amont " par la prévention de l’exclusion. L’enquête du CREDOC met aussi concrètement en évidence l’intérêt, pour les plus pauvres, de certaines politiques à visée générale (santé, PMI (2), éducation) même si elles ont besoin de compléments spécifiques.


Il n’en reste pas moins que les politiques générales ont eu jusqu’ici, à elles seules, plus de facilité à toucher les populations plus ou moins favorisées que les très pauvres (un exemple en est donné dans la lutte contre le chômage par l’ANPE). Cette observation majeure (...) ne peut être négligée. Les politiques générales ne suffisent donc pas; On a vu que jusqu’ici elles ont été complétées par divers dispositifs spécifiques parallèles visant les personnes et les familles les plus défavorisées et on a noté à la fois l’utilité et les inconvénients de tels dispositifs. Pour que l’on puisse cesser d’y avoir recours, il faudrait que les politiques générales portent délibérément une attention particulières aux personnes et aux familles défavorisées, tant lors de leur élaboration que lors de leur application, aussi bien à l’échelle national qu’au niveau local. (...)


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