| Un des plus grands taudis de Paris | Thème 7 : Les trajectoires menant à l'exclusion : droits sociaux et exclusion |
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| par Christine Garin, Le Monde, 18 Octobre 1997 (extrait). |
| Dans le 10e arrondissement, les habitants du plus grand taudis de Paris attendent leur relogement. 350 personnes, dont 150 enfants, dans un immeuble du siècle dernier. | Voir aussi : Le plus grands taudis de Paris a brulé | |||
Le "5-7" est une enclave où s'entassent trois cent cinquante personnes, dont cent cinquante enfants, dans des logements minuscules . Rehaussé de trois étages dans les années 30, l'immeuble date du siècle dernier. Il abritait, à l'origine, des ouvriers célibataires venus travailler sur les grands chantiers haussmanniens. Une misère a chassé l'autre : à l'exception de deux familles, les habitants sont tous, aujourd'hui, d'origine étrangère. Passé le porche, c'est le choc. La saleté et les gravats, les grappes de fils qui courent d'un mur à l'autre et les canalisations crevées qui se déversent à l'air libre. Quand un incendie se déclare ou quand un palier s'effondre, la préfecture prend un arrêté de péril. Les WC collectifs un pour huit logements ont été sommairement réparés et les deux cages d'escaliers sont solidement étayées. Le 8 juillet, la préfecture a même pris un arrêté d' "interdiction d'habiter". Cela signifie seulement que les logements ne seront pas reloués après le départ des locataires. Mais où partiraient-ils ? Beaucoup vivent au "5-7" depuis quinze ans et plus, depuis vingt-sept ans pour le plus ancien locataire. L'immeuble est à l'abandon. Le gardien a jeté l'éponge parce qu'il n'était plus payé, alors chacun fouille dans un carton, à l'entrée, pour trouver son courrier. Les assistantes sociales du secteur ne mettent plus les pieds dans l'immeuble et les habitants assurent que leurs plaintes déposées au commissariat du quartier ne sont pas enregistrées. Depuis dix ans, les autorités, Ville et Etat, ferment les yeux sur ce lieu en déshérence. Une opération programmée d'amélioration de l'habitat (OPAH), qui permet de mobiliser des financements pour rénover des logements privés, a commencé en 1994 dans le quartier. Le tracé de l'opération traverse la rue Louvel-Tessier, au ras du "5-7", qui se trouve, manque de chance, du mauvais côté. Un seul propriétaire détient pourtant, à lui seul, la quasi-totalité des logements. Il n'a jamais été poursuivi, ni inquiété. L'engrenage est classique : plus d'entretien, plus de paiement des loyers. Les locataires du "5-7" sont devenus squatters de fait, par nécessité. Plusieurs familles assurent avoir payé 10000 ou 30000 francs pour entrer dans leur logement. A qui ? Les réponses sont embarrassées. Pour son trois pièces minuscules, la famille Ouadah cinq enfants aurait déboursé 35000 francs en 1985. Elle renouvelle chaque année sa demande de logement. "Nous avons 14000 francs de revenus mensuels, dit la jeune femme en montrant bulletins de salaire et relevés d'allocations familiales. Nous pouvons payer un loyer HLM". La Préfecture a proposé leur candidature, l'an dernier, pour l'attribution d'un logement, passage Hébrard, dans le 10e arrondissement. Ils n'ont pas été retenus. Une deuxième offre est arrivée : "C'était un logement provisoire, en très mauvais état et plus petit qu'ici". La famille Ouadah est restée au "5-7"... |
Voir aussi : Evaluation des politiques publiques en matière de logement |
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