L'habitat précaire

Thème 7 : Les trajectoires menant à l'exclusion : droits sociaux et exclusion

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par Jérôme Fénoglio, Le Monde, 28 Décembre 1996 (extrait).

 

Des efforts indéniables ont été entrepris pour développer les capacités d'accueil des sans- domicile fixe....

Ces progrès ne permettent pas pour autant de répondre à toutes les situations de détresse. Un certain nombre de personnes se sont trop éloignées de la société pour accepter d'entrer dans le cadre d'un dispositif d'urgence. Dans cette marge de la marge, rétive à toute mesure d'aide, ne figurent pas seulement des sans-abri des centres-villes, dont la médiatisation peut occulter d'autres populations en butte à de graves difficultés de logement.

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"De plus en plus de gens n'ont plus la force de demander, constate Isabelle Séry, chargée du logement à la Fédération nationale des associations d'accueil et de réadaptation sociale (Fnars). Elles se situent hors des circuits sociaux, et n'ont même plus l'idée d'appeler au secours." Des personnes âgées isolées, par exemple, peuvent parfois passer leurs dernières années dans un habitat de fortune. Tel semble être le cas de cet homme de soixante-dix-sept ans, retrouvé, jeudi, mort de froid à Orgeval (Yvelines), près de la caravane où il vivait depuis des années, refusant d'aller en maison de retraite.
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En l'absence de toute statistique précise, il est impossible de dire si l'habitat précaire, de type caravane, abri de jardin, cabane dans les bois ou squatt, s'est développé ces dernières années. Mais les jeunes de moins de vingt-cinq ans, sans ressources, semblent de plus en plus nombreux à y avoir recours. Des familles peuvent également être contraintes à ce mode d'hébergement, à la suite d'une expulsion. Beaucoup d'entre elles se tiendront par la suite à l'écart, de peur que les dispositifs d'urgence ne les séparent.
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"Nous savons aujourd'hui repérer les sans-abri isolés et leur offrir des solutions adaptées, à condition qu'ils le souhaitent", dit Didier Rouffignac, responsable de la Croix-Rouge dans l'Essonne. Mais nous manquons encore de réponse à apporter à ces familles qui se cachent pour préserver leur unité et le peu qu'elles possèdent. L'urgence ne répond en effet qu'imparfaitement aux besoins de familles. Ainsi, le premier bilan sur le plan d'urgence pour le logement des plus démunis, rendu public en novembre, montre que la moitié des logements produits sont des chambres ou des studios. 20 % seulement comptent au moins trois pièces. En Ile-de-France, la proportion de célibataires vivant seuls dépasse 40 % dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-d'Oise, pour atteindre 61 % dans le Val-de-Marne.

Les familles sans logis ont plutôt recours à des formes d'habitat précaire dans le nord de la France. "Dans le Sud, note Fathi Bouaroua, responsable de l'Association marseillaise pour la promotion et l'insertion par le logement, la solidarité de voisinage joue davantage. Le phénomène marquant est la surpopulation des appartements dans les cités, où plusieurs familles peuvent s'entasser pour compenser la perte d'un logement." Dans tous les cas, la constante demeure une aggravation des conditions de vie des plus démunis.


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