| Le rapport du commissariat général au plan | Thème 6 : Les trajectoires menant à l'exclusion : emploi et exclusion |
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| par Alain Lebaube, Le Monde, 3 Septembre 1997 (extrait). |
Les travaux de ce
groupe de travail ont été publiés par la Documentation française en 1997, sous le
titre "Chômage : le cas français", rapport au Premier Ministre. |
Le rapport du commissariat général au plan révéle que le chômage français affecte dune façon ou dune autre près de 7 millions de personnes et induit une précarisation des modes de vie. Réalisé à la demande d'Alain Juppé, alors premier ministre, le rapport du commissariat général du Plan, intitulé Chômage : le cas français, met en évidence l'effet de gangrène que provoque le chômage sur la société française. Le groupe de travail, présidé par Henri Guaino, commissaire au plan, avec Robert Castel, Jean-Paul Fitoussi et Jacques Freyssinet pour membres principaux, devait à l'origine tenter d'expertiser et d'ordonner les données statistiques permettant d'expliquer la situation française. Il a fini par dresser un tableau dont il ressort, bien évidemment, que la question du chômage ne hante pas que les 12,5 % de la population active instantanément touchés par ce fléau. Directement ou indirectement, dans leur famille ou leur entourage, des millions de Français vivent sous la menace. Ce qui modifie leurs comportements, leur appréciation de la vie professionnelle et, tout aussi logiquement, agit sur leur mode de consommation et leurs conditions d'existence au quotidien (...) |
Voir aussi : 7 millions de personnes subissent directement la situation de l'emploi | ||
(...) Il apparaît clairement que le chômage et la dégradation qui en découle des modalités de l'emploi concerne fatalement, par le biais des familles, beaucoup plus de monde. Cette insécurité croissante et permanente provoque à son tour des ondes de choc dans de nombreux aspects de la vie sociale, les rapporteurs s'étant efforcés d'en analyser les impacts. Si la crainte pour les revenus est manifeste, la baisse des salaires est également réelle, qui s'aggrave avec le temps. Le surendettement trouve là une de ses premières causes, les ménages en difficulté finissant par ne pas payer leurs loyers ou leurs impôts. Quant aux conséquences psychologiques, elles sont graves, le rapport faisant la corrélation avec les indices d'instabilité conjugale, forte chez les hommes, les taux de suicide, notamment chez les 35-44 ans. Tant et si bien que l'on peut conclure à un état d'angoisse collective profonde qui a des répercussions sur la cohésion sociale. |
Voir aussi :
Niveau de vie relatif des ménages en 1994 Voir aussi : Le statut professionnel des "surendettés" Voir aussi : Surendettement, la spirale infernale Voir aussi : Instabilité conjugale et emploi |
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