| La pauvreté change de visage | Thème 4 : La montée de la pauvreté et de l'exclusion dans la France contemporaine |
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| par Jérôme Fenoglio, Le Monde, 17 Mai 1997. |
| Malgré ses défauts, l'échelle
monétaire est celle dont l'lnsee tire le plus d'enseignement. Ainsi une étude contenue
dans l'épais recueil affine-t-elle la proportion connue des 10 % (soit 2,4 millions) de
ménages pauvres en 1994 par une comparaison avec la situation en 1984. Il y apparaît
qu'après «une baisse régulière et prolongée des inégalités de revenu au cours
des années 70 et jusqu'au milieu de années 80, le taux de pauvreté s'est stabilisé au
cours des dix dernières années » aux alentours de ce seuil de 10 %. Mais cette
stabilité apparente masque des évolutions profondes. «En dix ans, la pauvreté s'est
considérablement rajeunie, elle est devenue plus urbaine elle concerne davantage les
salariés et de plus en plus les familles monoparentales
». Mais au sein des actifs pauvres l'évolution la plus marquante porte sur la montée de la proportion de ménages pauvres dont la personne de référence, le chef de famille est au chômage. Ce risque de glisser sous le seuil de la pauvreté est passé de 32 % à 39 % en dix ans. Le nombre de ces ménages pauvres était de 500 000 en 1994, soit un doublement par rapport à 1984. Selon l'Insee, ce phénomène ne s'explique que partiellement par la progression numérique du chômage: «Les personnes sans emploi sont aujourd 'hui plus souvent à la tête d'un ménage qu'il y a dix ans, le chômage de l'homme semble de plus en plus souvent aller de pair avec celui de la femme, et une fraction croissante des chômeurs ne vit pas en couple.» Le durcissement des conditions d'indemnisation, mais aussi «les nouvelles formes d'emplois, à durée déterminée ou à temps partiel, sont aussi à l'origine de la croissance du nombre de ménages pauvres». L' lnsee rappelle toutefois qu'un couple avec un seul SMIC vit en deçà du seuil de pauvreté et qu'un emploi stable «ne met pas à l'abri de la pauvreté»: 211000 pauvres sont ainsi dotés d'un emploi de ce type. Au total, la proportion de pauvres chez les salariés (stables ou précaires) est passée de 3,4 % en 1984 à 4,7% en 1994. |
Voir aussi : Les indicateurs de mesure ou Les indicateurs de mesure de la pauvreté Voir aussi : L'analyse du secours catholique Voir aussi : Qui est pauvre? Actifs ou inactifs? Voir aussi : 5,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté Voir aussi : Chômage et catégories socioprofessionnelles (1993-1997) Voir aussi : L'emploi précaire Voir aussi : Emploi à temps partiel subi |
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