Le Secours catholique accueille de plus en plus de familles

Thème 4 : La montée de la pauvreté et de l'exclusion dans la France contemporaine

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par Sandrine Trouvelot, Alternatives économiques, n°165, décembre 1998 (extrait).

 

La famille n’est plus le rempart de la pauvreté. 1.690.000 personnes ont été accueillies par le Secours catholique en 1997, dont 785.000 enfants. Ces personnes, aux très faibles revenus, sont de plus en plus souvent orientées vers l’association par les pouvoirs publics.

Selon les derniers chiffres publiés en novembre par le Secours catholique, 50% des 685. 262 " situations "accueillies par l’association en 1997 - pour un total de 1,7 million de personnes- concernaient des familles avec enfant, dont la moitié étaient monoparentales. Si les autres situations concernent avant tout des hommes seules, 98% des familles monoparentales ont une femme pour chef de famille. Ces chiffres ne constituent en aucune manière un tableau représentatif de la pauvreté en France ; ils permettent néanmoins de souligner une tendance : la pauvreté ne concerne pas uniquement des personnes seules, en rupture avec la société, mais aussi des familles avec enfants qui, face au chômage croissant, perdent peu à peu pied.

Les personnes recueillies vivent nettement en dessous du seuil de pauvreté : chaque ménage perçoit en moyenne 3 854 francs par mois (soit 2 520 francs par mois et par personne), souligne le Secours catholique. Pas de quoi faire face aux dépenses courantes, d’où une accumulation d’impayés (EDF...) qui s’élèvent en moyenne à 6 303 francs. Si 16% de ces personnes touchent encore un revenu du travail et 28% un revenu dérivé du travail (allocation chômage...), la majorité vit uniquement de transferts sociaux (RMI, prestations familiales...). Selon l’association, 13% au moins n’ont aucune ressource.

Voir aussi : Le secours catholique

Comble de la pauvreté, la détresse des personnes accueillies va souvent de pair avec une méconnaissance de leurs droits ou la défaillance des services publics : seuls 28% des situations recueillies touchent le RMI, alors que 38% devraient en être destinataires. A l’origine, "des raisons administratives (...) de traitement de dossiers, de délais de mandatement ou d’erreurs commises à la suite d’une demande éventuellement mal formulée souligne le secours catholique. Rien d’étonnant si 40% des familles accueillies sont adressées par les services sociaux eux-mêmes."
Voir aussi : L'aide juridique

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