L'historique des minima sociaux

Thème 9 : Vaincre l'exclusion : les mesures politiques

Document suivant

par Jérôme Fénoglio
Le Monde, 17 Janvier 1998 (extrait).

 

(...) La création des huit minima sociaux qui existent aujourd'hui a eu lieu, en effet, par étapes, pour tenter de colmater chaque fois de nouvelles failles apparues dans les systèmes d'assurances sociales (retraite ou chômage).

A chacun de ces paliers correspond une accélération de la hausse des allocataires. Mais l'évolution de la nature de ces prestations de solidarité démontre aussi l'aggravation de la situation sociale. Chacune des strates qui se sont superposées au cours des vingt-cinq dernières années est un aveu d'échec supplémentaire.

Les trois premières prestations créées minimum vieillesse, minimum invalidité ou allocation aux adultes handicapés (AAH) garantissaient un revenu minimum à "des populations se trouvant dans l'incapacité durable de tirer du travail des ressources suffisantes", selon l'étude. Puis les minima mis en place à la fin des années 70 allocation de parent isolé (API) et allocation d'assurance-veuvage ont visé à couvrir un risque lié à une situation familiale fragilisée. Au cours de toute cette période, le total des allocataires est resté à peu près stable, autour de 2,5 millions de personnes. La baisse du minimum vieillesse, qui ne s'est jamais démentie jusqu'en 1995, a été compensée par la hausse des autres bénéficiaires.

Voir aussi : Le montant actuel des minima sociaux

Voir aussi : L'indemnisation du chômage entre assurance et solidarité

Voir aussi : Politique de l’emploi : 25 ans d’échec ?


Les créations, en 1984, de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), destinée au chômeurs de longue durée, et de l'allocation d'insertion, principalement pour les jeunes à la recherche d'un premier emploi, marquent un tournant. Il s'agit désormais de répondre aux risques liés à l'allongement de la durée du chômage et au durcissement de l'accès à l'indemnisation. En cette fin de 1984, le nombre total d'allocataires est monté à 2,65 millions de personnes. Il se stabilisera ensuite jusqu'à la mise en place, en 1988, du plus connu des minima sociaux, le revenu minimum d'insertion (RMI).


Celui-ci doit notamment faire face à l'aggravation des situations de précarité enregistrée au cours des années 80. Non limité, pour la première fois, à une catégorie précise de personnes, ce dernier filet de sécurité n'en laisse pas moins échapper une partie de la population : les moins de vingt-cinq ans et les étudiants en sont notamment exclus. La dernière strate de cette construction va rapidement devenir la plus épaisse avec le minimum vieillesse. Dès la première année, 400000 personnes qui ne trouvaient pas leur place dans les autres dispositifs existants perçoivent le RMI, qui fait passer le total des allocataires de minima sociaux au-dessus des 3 millions. Ce chiffre n'augmente ensuite que modérément, jusqu'à une nouvelle poussée à partir de 1992, du fait de la dégradation de la conjoncture économique, de l' augmentation des chômeurs de longue durée puis de la réforme de l'indemnisation du chômage en 1993 (...)

Voir aussi : Le RMI

 

 

 

Voir aussi : L'ancienneté moyenne dans le chômage


L'utilisation des documents de ce dossier est strictement limitée à un usage pédagogique.
Toute reproduction à des fins commerciales est strictement interdite.