| 5,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté | Thème 4 : La montée de la pauvreté et de l'exclusion dans la France contemporaine |
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| par Jérôme Fénoglio Le Monde, 2 Avril 1998. |
| Combien y a-t-il de pauvres en France ? A cette question, posée de plus en plus souvent par les effets visibles de l'exclusion, il n'existe pas de réponse tout à fait satisfaisante parce que la pauvreté est un état qui ne se revendique pas, parce que, surtout, c'est une notion considérée en Europe comme relative, qui peut être abordée sous divers angles mais dont aucun n'épouse parfaitement les contours. Ainsi, dans sa revue "Economie et statistique" publiée mercredi 1er avril, l'Insee ne relève pas moins de trois méthodes utilisées pour "mesurer la pauvreté aujourd'hui". |
Voir aussi : Seuils absolus et relatifs | |||
| En janvier 98, le seuil de pauvreté était fixé à 3316 francs par mois et par personne. | La plus répandue est l'approche "monétaire", fondée sur le calcul d'un seuil de pauvreté fixé par convention à 50 % de la valeur médiane des revenus en France (soit en 1994, 3 800F par mois pour une personne seule ou 6 800 F pour un couple avec enfant). Cette échelle débouche sur un chiffre connu : quelque 10 % des 24 millions de ménages, soit 5,5 millions de personnes, vivaient en 1994 en France sous le seuil de pauvreté. L'lnsee ajoute à cet indice deux autres types de mesure. La pauvreté d' "existence" prend escompte l'absence de biens d'usage ordinaire ou de biens de consommation de base. La pauvreté "subjective" repose sur "la perception qu'ont les ménages de d'écart entre leur revenu et le minimum nécessaire. 25 % des ménages français répondent à l'un de ces critères. Mais, selon l'lnsee, leur situation sociale correspond davantage à de la "fragilité" que de la pauvreté. Environ 8 % sont présents dans deux des trois indices et 2% cumulent les trois formes de pauvreté. | Voir aussi : Les indicateurs de mesure ou Les indicateurs de mesure de la pauvreté |
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| Il s'agit souvent des sans-diplôme, des familles monoparentales ou des hommes seuls faiblement insérés sur le marché du travail, des personnes souffrant de handicaps de santé ou encore disposant de très peu de patrimoine. Ces 2 % des ménages français constituent en quelque sorte le "cur" de l'exclusion. | Voir aussi : Le secours catholique |
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