Geneviève de Gaulle-Anthonioz

Thème 9 : Vaincre l'exclusion : les mesures politiques

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par Jérôme Fenoglio
Le Monde, 15 Avril 1997 (extrait).

 

(...) Geneviève de Gaulle-Anthonioz n'est pas du genre à se laisser arrêter par ces détails ni à se troubler d'une telle coïncidence. En juillet 1995, une opération consécutive à une mauvaise fracture du coude ne l'avait pas dissuadée de venir présenter en personne au Conseil économique et social (CES) son rapport sur l' "évaluation des politiques publiques de lutte contre la grande pauvreté". Mardi 15 avril, une fracture bénigne de la rotule ne l'empêchera pas de monter à la tribune de l'Assemblée nationale pour y prendre la parole en tant que rapporteur de l'avis du CES sur le projet de loi de renforcement de la cohésion sociale. Il en aurait fallu davantage pour qu'elle laisse échapper le privilège très rarement accordé de s'exprimer dans l'hémicycle sur un texte qu'elle réclame depuis des années. Voir aussi : Politiques générales et politiques spécifiques

Voir aussi : Les risques des politiques spécifiques

Voir aussi : Evaluation des politiques publiques en matière de logement


A soixante-seize ans, il en aurait fallu bien plus pour la détourner de son engagement "contre l'injustice et pour les droits de l'homme". Par cette formule, la nièce du général de Gaulle aime à donner une unité aux deux grandes luttes de son existence : la Résistance, engagée dès 1940, avant une déportation au camp de Ravensbrück à vingt-deux ans, et la présidence du mouvement ATD Quart Monde, attaché à faire reculer l'extrême pauvreté depuis 1958. Cet hiver-là, elle dit avoir lu sur le visage des hommes et des femmes qui pataugeaient dans la boue du bidonville de Noisy-le-Grand la même détresse, la même humiliation que celles de ses compagnons de camp de concentration. Alors en poste au cabinet d'André Malraux, cette mère de quatre enfants, issue d'une famille bourgeoise, découvre la misère et rencontre celui qui partage le sort de ces relégués, le Père Joseph Wresinski, fondateur et âme d'ATD Quart Monde.
Voir aussi : Inégalités et exclusion pendant les Trente glorieuses

Voir aussi : Le Père Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD Quart-monde


Depuis, Geneviève de Gaulle-Anthonioz avance dans la direction fixée par le Père Wresinski : donner la parole aux démunis pour faire reconnaître leur dignité. Lorsqu'il disparaît, en 1988, elle reprend sa revendication d'une loi-cadre sur l'éradication de la grande pauvreté. Elle fait progresser cette idée à la manière ATD : avec opiniâtreté mais sans jamais couper les ponts avec les politiques.


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