Pauvreté absolue et pauvreté relative

Thème 2 : Pauvreté, inégalités et exclusion : à la recherche de définitions

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par O. Mazel, L'exclusion
Le Monde, Marabout. 1997 (extrait).

 

E.J.Hansen, cité dans " La lutte contre la pauvreté ", Problèmes politiques et sociaux, n° 751, La Documentation française, 7 juillet 1995.

Serge Milano, La pauvreté dans les pays riches, Nathan, 1992.

Le débat porte tout d'abord sur le sens qu'il faut donner au terme de pauvreté. Si la signification immédiate du terme de pauvreté fait référence à un manque de ressources (matérielles), son interprétation est multiple, il convient de ne pas étendre le sens premier du concept de pauvreté au-delà de son aspect matériel. Selon Serge Milano, "la pauvreté absolue évoque un niveau de vie minimum, identique en tous lieux et en tous temps. La pauvreté relative évoque, au contraire, un niveau de vie normal ou courant, variable avec l'époque et avec la société". Mais la distinction entre pauvreté absolue et pauvreté relative n'est pas seulement conventionnelle. Le débat n'a pas pour seul effet une différence de dénombrement des personnes concernées, mais renvoie à des perceptions différentes du phénomène et donc des politiques sociales à conduire. Voir aussi : Des mesures liées à la définition

La pauvreté absolue d'hier, des disettes et des famines, encore présente dans certains pays du Tiers monde, est toujours d'actualité aujourd'hui dans les pays riches, comme l'illustre l'action des organisations de secours: "Banque alimentaire", "Restos du cœur", "Mie de pain"... Cette approche de la pauvreté considère le minimum alimentaire comme indispensable au maintien de la vie. (…)
Voir aussi : Les restos du coeur : des interventions en nette augmentation

(…) Si hier, dans une société où l'alimentation était l'essentiel du budget d'un ménage, la consommation de trois livres de blé par jour et par personne suffisait, aujourd'hui, dans une société où les consommations sont diversifiées, le minimum alimentaire est singulièrement plus varié. Il est donc relatif au temps mais aussi à l'espace: les aliments considérés comme indispensables ne sont pas les mêmes en France, aux Etats-Unis, aux Indes... Cependant cette "relativité" de la pauvreté absolue ne doit pas se confondre avec la pauvreté relative.

Celle-ci considère non seulement le minimum vital, mais également les manques indispensables pour une vie "normale", relativement à une société donnée (à son niveau de développement et à son époque) : il y a donc plusieurs niveaux de pauvreté. Cette conception, Peter Townsend l'a développée, préférant le mot "déprivation", c'est-à-dire à la fois manque et défaut d'accès, à "privation". Cette approche a le mérite de considérer que le minimum vital n'est pas exclusivement réduit à la seule satisfaction des besoins alimentaires et qu'il y a d'autres manifestations de la pauvreté.

Voir aussi : Les indicateurs de mesure de la pauvreté 3*

Voir aussi : Une définition de la pauvreté

Voir aussi : Les besoins alimentaires


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