| La Banque centrale européenne, première institution fédérale. | Thème 3 : L'euro et les institutions européennes... |
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| par Pierre-Antoine Delhommais, Le Monde, 28 Avril 1998 (extrait). |
| Le fédéralisme signifie que les Etats abandonnent certains pouvoirs, transférés à une autorité supérieure (ici la BCE), qu'ils ne contrôlent pas. D'autres organismes communautaires (le Conseil ECOFIN par exemple) réunissent au contraire les représentants des gouvernements (ministres par exemple). | La politique monétaire sera définie par
les six membres du directoire de la BCE et les gouverneurs des banques centrales des Etats
participant à leuro. ( ... ) Linstitut d'émission européen qui ne deviendra pleinement opérationnel qu'à partir du 1er janvier 1999, les décisions sur les taux directeurs à lintérieur dès pays du bloc euro restant du ressort des banques centrales nationales jusquau lancement officiel de la monnaie unique - sera la seule institution européenne de type fédéral, les rédacteurs du traité de Maastricht s'étant largement inspirés des banques centrales américaine ou allemande.- La BCE sera, au sens propre, la Banque fédérale de lEurope. Le conseil des gouverneurs de la BCE, composé des six membres du directoire de la BCE et des onze gouverneurs des banques centrales des Etats participant à l'euro, définira la politique monétaire et déterminera le niveau des taux directeurs dans la zone euro. De la même façon qu'aux Etats-Unis, c'est à Washington qu'est fixé le niveau des taux dans tout le pays, c'est à Francfort, au siège de! la BCE, que sera décidé le taux directeur unique dans toute l'Europe, que ce soit en France, en Allemagne, en Espagne ou au Portugal. |
Voir aussi : Les missions du système européen de banques centrales | ||
| Les taux directeurs sont les taux dintérêt fixés par la banque centrale qui influencent le marché monétaire et donc tous les autres taux dintérêt. | Centralisée dans sa conception,
la politique monétaire européenne sera en revanche, décentralisée en ce qui concerne
sa mise en application: celle-ci s'effectuera auprès des banques: centrales nationales de
chaque pays du bloc euro. La Banque de France, par exemple, rie disparaîtra pas avec le
lancement de l'euro : son conseil de la politique monétaire (CPM) continuera à se
réunir afin de préparer, en fonction des données économiques recueillies, le point de
vue de la France avant les réunions du conseil de la BCE. Stabilité des prix Au fur et à mesure qu'approche le jour de
sa création, toutefois, les économistes mettent en évidence plusieurs zones d'ombre à
propos de la BCE, susceptibles de déstabiliser l'Union
monétaire et de compromettre l'avenir de la monnaie
unique. Elles concernent pour l'essentiel la responsabilité du futur institut
d'émission européen et ses relations avec le pouvoir politique. " Policy
Mix " Taux de change |
Voir aussi : Quelle politique monétaire avec l'euro | ||
| Une politique économique est un ensemble cohérent de mesures, adopté par les autorités, pour atteindre les objectifs qu'elles se fixent (croissance, plein-emploi, stabilité des prix ...). Or, non seulement les politiques monétaires et budgétaires ne doivent pas se contrecarrer, mais elles devraient se renforcer ou au moins se combiner (policy mix). | ||||
| Cette nécessaire coordination et concertation vaudra notamment dans le domaine très sensible des taux de change. Selon le traité, c'est au conseil Ecofin, regroupant les ministres des finances de l'Union, qu'il reviendra de formuler les orientations générales de politique de change. C'est aux chefs d'Etat et de gouvernement qu'il appartiendra de décider, par exemple, du niveau souhaitable de l'euro par rapport au dollar ou par rapport au yen. Mais, en même temps, larticle 109 du traité dote la BCE de pouvoirs étendus en matière d e gestion quotidienne des taux de change, sans oublier que son objectif de stabilité des prix pourrait théoriquement être menacé par une dévaluation de leuro. | Voir aussi : L'euro sera-t-il une monnaie forte? | |||
| Toute la difficulté consistera à éviter sur ce sujet des prises de position contradictoires de la part des pouvoirs politique et monétaire et empêcher, de façon plus générale , qu'une grande cacophonie n'accompagne le démarrage . de I'Union monétaire, ce qui serait, de I'avis des experts, le plus sûr moyen non seulement d'en réduire I'efficacité économique, mais aussi de la saboter. | Voir aussi : Une institution encore plus monolithique que le Bundesbank |