Quel est le processus qui a permis à l'Afrique du Sud de se libérer de l'Apartheid PTINTERO.gif (1122 octets)

 

La lutte résolue de l’ANC (African National Congress) et un puissant mouvement de l’opinion mondiale ont été des éléments forts qui ont permis à l’Afrique du Sud de se libérer de l’apartheid.
Mais ce sont les milieux économiques qui ont voulu la fin de ce régime.

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L’organisation d’opposition au régime de l’apartheid la plus connue est l’ANC fondée en 1912 et rejointe en 1944 par celui qui devait devenir son leader charismatique, Nelson Mandela.La résistance au régime s’organise surtout à partir des années 1950 et revêt des formes très diverses.
  • En 1952 l’ANC lance sa première campagne de désobéissance civile.
  • En 1956, 20 000 femmes marchent sur Pretoria pour protester contre le port obligatoire du laissez-passer imposé aux Africaines.
  • En 1960 une manifestation pacifique est durement réprimée par la police.
  • À partir de 1962, l’ANC et d’autres organisations alliées engagent un processus clandestin de résistance armée.
  • En 1964, Nelson Mandela est condamné à la prison à perpétuité.
  • En 1973, vague de grèves d’ouvriers noirs.
  • En 1976, la police ouvre le feu sur une manifestation de lycéens noirs à Soweto.Le massacre qui s’en suit (600 morts) provoque un soulèvement général.
  • À partir de 1977, la répression se durcit : procès, dissolution des organisations luttant contre l’apartheid, contrôle de la presse et suppression de certains journaux, emprisonnements sans jugement, exécution en 1979 de Salomon Malhangu, militant de l’ANC. Ces dispositions ne font que multiplier les mouvements de mécontentement : protestations contre les augmentations des loyers, boycottage des bus, boycottage des élections des chambres métisses et indiennes au Parlement, grèves massives, manifestations syndicales, grèves de la faim de la part de nombreux détenus.
  • En 1985 le Président Botha propose de libérer Nelson Mandela, à condition que celui-ci renonce à la lutte armée. Mandela refuse.
  • En 1989 Frederik de Klerk arrive au pouvoir, et le 2 février 1990 Mandela est libéré après 27 ans d’emprisonnement. Les autres mouvements de libération sont légalisés.
  • En 1991 les dernières lois sur l’apartheid sont abolies.
  • Enfin, en avril 1994, sont organisées les premières élections libres non raciales. L’ANC remporte une large victoire et Nelson Mandela devient le premier Président Noir de l’Afrique du Sud.

Si cette victoire est due à la lutte menée par les africains eux-mêmes, elle a été appuyée par un puissant mouvement international tendant à faire pression sur les gouvernements d’Afrique du Sud. Dès 1960, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adoptait une résolution invitant tous les états membres à rompre les relations diplomatiques avec Pretoria, à boycotter les produits sud-africains, et à interrompre toutes leurs exportations vers l’Afrique du Sud, y compris les exportations d’armes. Ces sanctions économiques internationales seront accompagnées du boycottage sportif, culturel et universitaire de l’Afrique du Sud. Elles contribueront à sensibiliser l’opinion mondiale au problème de l’apartheid, et à maintenir une forte pression sur le gouvernement sud-africain.

Il ne faut cependant pas perdre de vue que si l’arrivée au pouvoir de Mandela s’est réalisée et s’est déroulée sans violence, c’est que les milieux économiques ont compris qu’il en allait de leur intérêt. L’apartheid poussait le pays dans l’impasse.

Ajoutée aux sanctions internationales, la pression intolérable qu’il imposait à la société étouffait peu à peu l’Afrique du sud. L’économie sud-africaine dépendait en effet de plus en plus d’une main-d'oeuvre noire qu’il fallait de plus en plus qualifier.

D’autre part le pays souffrait beaucoup des grèves et révoltes fréquentes avec leurs conséquences néfastes sur les plans économique et politique. Ce sont les milieux économiques qui ont su convaincre les Afrikaners les plus éclairés de la nécessité d’un changement radical. Ils ont été les premiers à entrer en contact avec les leaders en exil de l’ANC qu’ils ont convaincus de la possibilité d’aller vers un processus pacifique.

Pour les industriels et les banquiers, les affaires sont de nouveau florissantes, et bon nombre de Noirs vivent encore dans des « townships ».