Par quelles méthodes l'Apartheid a-t-il réussi à séparer les groupes ethniques PTINTERO.gif (1122 octets)

 

L’application de l’apartheid exige un recensement de tous les habitants et leur rattachement définitif à leur groupe ethnique d’origine. Mais l’extrême imbrication des races en Afrique du Sud a rendu cette classification difficile et souvent abstraite.

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Quatre groupes principaux composent la population d’Afrique du Sud. Les bantous représentent environ 70 % de la population, les métis 10 %, les asiatiques 3 % et les blancs moins de 20 %. La méthode de classification des races était prévue par de nombreux textes de lois qui précisaient en particulier que « toute personne dont l’aspect est manifestement celui d’une personne blanche ou qui est généralement reconnue comme telle » est classée dans le groupe blanc. Le même raisonnement valait pour les autres groupes ethniques. La classification était mentionnée sur la carte d’identité pour les blancs et sur le reference book pour les africains, document servant de livret de travail et de laissez-passer qu’ils devaient porter en permanence sur eux sous peine de sanctions. Si un individu contestait sa classification, c’était à lui d’apporter la preuve, pratiquement inexistante, qu’il appartenait à un autre groupe ethnique. Très humiliant pour les non-blancs, ce système de classification a provoqué des drames individuels et familiaux notamment pour les ménages mixtes contraints de se séparer, et pour les enfants nés de groupes différents. Le cloisonnement des communautés était institué dans tous les domaines.
  • Politique : les non-blancs étaient exclus de toute participation et n’avaient pas le droit de vote aux élections importantes.
  • Sociologique : interdiction des mariages mixtes, séparation dans les lieux publics, les moyens de transport, lieux de sport, hôtels, restaurants, écoles, universités...
  • Économique et professionnel : emplois spécialisés réservés aux blancs, grève interdite aux gens de couleur, syndicats sans aucune efficacité car non officiellement reconnus.
  • Résidentiel : chaque groupe ethnique était regroupé dans un espace géographique déterminé. L’apartheid, décidé, imposé et organisé par la seule minorité blanche afin de sauvegarder ses propres intérêts, supposait une classification non seulement raciale, parce que tenant compte de différences physiques naturelles, mais aussi et surtout raciste parce que fondamentalement inspirée par le préjugé de race.