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En fait la ségrégation raciale
existe depuis longtemps en Afrique du Sud. En 1652 un petit groupe de colons hollandais
(Boers) fonde le premier comptoir commercial au Cap. En 1814, le pays passe sous
administration britannique ; les relations des Anglais avec les Boers ne tardent pas à se
dégrader ; ces derniers reprochent en effet aux nouveaux maîtres du pays de protéger
les Noirs qui bénéficient en 1833 de labolition de lesclavage. Fuyant lordre britannique et refusant légalité
avec les noirs, les Boers sexilent vers le Nord (dans une migration appelée « le
grand trek » et qui va marquer à jamais leur image et leur destin) où ils
simposent aux Zoulous, et fondent les républiques de Transvaal et de lOrange.
Les tensions entre Anglais et Afrikaners sintensifient au point de déboucher entre
1899 et 1902 sur la « guerre des Boers », finalement remportée par les Britanniques.
En 1910, lUnion Sud Africaine est créée par
la réunion sous égide britannique des Etats du Cap, du Transvaal, du Natal et de
lÉtat libre dOrange. Le pouvoir législatif est confié à une assemblée
élue par le seul suffrage des Européens, qui en 1913, adopte le « Native Act Land »,
acte fondateur de lapartheid puisquil attribue 87 % du territoire aux Blancs
et interdit aux Noirs dêtre propriétaires dans des zones rurales blanches. Encore
faut-il préciser que les 13 % de territoire réservé aux Africains ne coïncident pas
avec les sols les plus fertiles. Aussi, dans cette jeune Union Sud Africaine, les Noirs
nont dautre solution que de migrer de leurs réserves vers les fermes et les
mines des Blancs. Ce dispositif sera complété par une série de mesures visant à
regrouper les citadins noirs dans des ghettos, à réserver les emplois qualifiés aux
Blancs, à limiter le droit de déplacement des Noirs.
Les élections de 1948 sont remportées par le
Parti National qui met en place le système législatif de lapartheid, et adopte en
1950 le group Area Act par lequel chaque individu est assigné à un groupe racial
précis. |