Rappelons le cadre de référence :
limage du pionnier boer à la vie fruste et même dangereuse, animé dune foi
calviniste austère, a construit une permanence dans les attitudes qui ont constitué la
philosophie politique du nationalisme afrikaner.
Cette philosophie sest bâtie autour de quatre thèmes.1. Lhistoire nationale :
Le peuple boer a connu « le grand treck » (migration vers lintérieur du pays) de
1836 à 1840 par référence au Grand Exode des Hébreux, et se considère en situation
privilégiée de peuple élu.
2. la volonté divine :
La constitution de 1961 fait référence à Dieu, comme guide de la nation afrikaner. Or
Dieu a différencié les hommes. Donc, lapartheid fondé sur la « différenciation
» naturelle des êtres humains, est conforme à la volonté divine.
3. la défense de la civilisation
occidentale :
Le rôle de lAfrique du Sud est de défendre la civilisation chrétienne
occidentale, ce qui implique le maintien de la suprématie blanche, seule garante de ces
valeurs fondamentales.
4. la pureté biologique de la « race
blanche » :
Sans affirmer que les autres races sont inférieures, on met en exergue les différences
de civilisation et de culture. Doù la crainte permanente du métissage qui pousse
la communauté blanche à se replier sur elle-même en un réflexe dauto-protection
aggravé par la progression numérique des « non-blancs ».
Cependant ces seules références ne suffisent pas
à comprendre lorigine de lapartheid. En effet, à partir des années 1930,
des thèses inspirées du nazisme vont pénétrer lAfrique du Sud. Un racisme
virulent exaltant la supériorité de la race blanche, voire de la « race afrikaner »,
va se propager. Son aspect scientifique et doctrinal engendre la recherche de moyens
rationnels pour mettre en oeuvre efficacement la politique de séparation des races. |