En France, les actes du racisme sont-ils punis par la loi PTINTERO.gif (1122 octets)

 

La France dispose de l’une des législation antiracistes des plus avancées du monde, surtout au travers de la loi du 1er juillet 1972 adoptée à l’unanimité par les députés et les sénateurs.

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La loi du 1er juillet 1972 constitue la pierre angulaire de notre arsenal législatif, inscrit à la fois dans le code pénal et dans la loi du 29 juillet 1881 sur la Liberté de la Presse qui concerne plus largement la libre communication des pensées et des opinions. C’est en effet sous l’angle de la liberté d’expression que le législateur a tenté d’appréhender les phénomènes racistes. Solennisée par la Déclaration de 1789 (« la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ») mais reléguée au rang de principe symbolique, cette liberté a été réglementée par la loi de 1881, véritable charte destinée à sanctionner les abus de la parole ou de l’écrit propagés dans le public.

Pendant longtemps seuls la parole ou l’écrit à caractère raciste pouvaient être sanctionnés. Il n’existait aucun texte spécifique permettant de réprimer les agissements discriminatoires tels que le refus de fournir un bien ou le refus d’embaucher ou le licenciement motivé par des raisons raciales ou religieuses. Palliant cette insuffisance, la loi de 1972 a érigé en infraction un certain nombre d’actes de la vie courante.

Elle a vu le jour peu après la ratification par la France de la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965). Elle précise que la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale constitue un délit et en prévoit les sanctions. Elle permet à toute association militant contre le racisme (déclarée depuis au moins 5 ans) de se constituer partie civile. (1)

Elle instaure des dispositions visant à condamner toute forme d’abus d’autorité publique fondés sur la discrimination envers les individus et associations, en assimilant, par exemple, le refus d’un bien ou d’un service à un fait discriminatoire s’il n’est pas justifié par un motif légitime (lutte contre le racisme dans l’emploi ou dans le logement).

Elle prévoit la dissolution de toute association incitant à la discrimination raciale.

Le texte de loi précise dans son article 1 que :

« Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques en raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs moeurs, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »

Ceci s’explique par le souci déviter les effets pervers et dramatiques de la période de l’Occupation (régime de Vichy) au cours de laquelle des citoyens avaient dû justifier de leur « non appartenance » à la « race juive ».

D’autres lois adoptées entre 1975 et 1987 témoignent du souci constant du législateur français de combattre le racisme et la xénophobie sous quelque forme qu’ils se manifestent.

Enfin, le nouveau Code Pénal, entré en application en 1994, a créé de nouvelles infractions et renforcé la répression des délits racistes.

(1) Partie civile : celle qui en matière pénale agit en son nom, contre l’auteur d’une infraction, en principe pour la revendication d’intérêts civils.