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Le racisme met laccent sur une
supposée différence biologique, à partir de laquelle il déduit une conduite quil
pense légitimer. Ainsi par exemple, la
couleur et les traits physiques des Noirs, qui seraient le signe de leur infériorité
biologique, autoriseraient les Blancs à les gouverner.
La conduite raciste se traduit par deux mouvements
complémentaires : refuser lAutre en saffirmant soi-même, et agresser
lAutre par intérêt.
La peur de lautre vient du fond des âges, de
lépoque où il fallait combattre pour survivre. LAutre cest
linconnu, duquel tout peut arriver, surtout le pire. LAutre cest
lennemi. Claude Lévi Strauss signale ainsi que, chez certains peuples dits
primitifs, celui qui nappartient pas à la tribu nest pas considéré comme un
homme. Le passage au racisme est clair : il faut se défendre contre cet Autre, étranger,
ou mieux encore prévenir ses attaques en attaquant avant lui. Partant, son existence est
nocive, il doit être considéré comme foncièrement mauvais : doù lappel à
la haine. Devant cette peur de lAutre, le racisme se veut explicatif et rassurant.
Le même mécanisme existe, motivé cette fois par
lintérêt : agression, utilisation dune différence biologique (vraie ou
fausse) comme justification de cette agression qui est ainsi excusée et légitimée.
Jean-Paul Sartre, dans Réflexion sur la question
juive en 1946, remarque : « Le Juif nest ici quun prétexte : ailleurs on se
servira du « Nègre », ailleurs du « Jaune ». Son existence permet simplement à
lantisémite détouffer dans loeuf ses angoisses en se persuadant que sa
place a toujours été marquée dans le monde, quelle lattendait et quil
a, de tradition, le droit de loccuper. Lantisémitisme, en un mot, cest
la peur devant la condition humaine ».
On peut étendre au racisme en général ce que
Sartre écrit de lantisémitisme : les mécanismes sont les mêmes. |