Quelles sont les bases idéologiques du racisme PTINTERO.gif (1122 octets)

 

Comme toute agression contre autrui, le racisme s’efforce de se légitimer.
Il lui semble possible de le faire par deux prétextes : la peur et l’intérêt.

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Le racisme met l’accent sur une supposée différence biologique, à partir de laquelle il déduit une conduite qu’il pense légitimer.

Ainsi par exemple, la couleur et les traits physiques des Noirs, qui seraient le signe de leur infériorité biologique, autoriseraient les Blancs à les gouverner.

La conduite raciste se traduit par deux mouvements complémentaires : refuser l’Autre en s’affirmant soi-même, et agresser l’Autre par intérêt.

La peur de l’autre vient du fond des âges, de l’époque où il fallait combattre pour survivre. L’Autre c’est l’inconnu, duquel tout peut arriver, surtout le pire. L’Autre c’est l’ennemi. Claude Lévi Strauss signale ainsi que, chez certains peuples dits primitifs, celui qui n’appartient pas à la tribu n’est pas considéré comme un homme. Le passage au racisme est clair : il faut se défendre contre cet Autre, étranger, ou mieux encore prévenir ses attaques en attaquant avant lui. Partant, son existence est nocive, il doit être considéré comme foncièrement mauvais : d’où l’appel à la haine. Devant cette peur de l’Autre, le racisme se veut explicatif et rassurant.

Le même mécanisme existe, motivé cette fois par l’intérêt : agression, utilisation d’une différence biologique (vraie ou fausse) comme justification de cette agression qui est ainsi excusée et légitimée.

Jean-Paul Sartre, dans Réflexion sur la question juive en 1946, remarque : « Le Juif n’est ici qu’un prétexte : ailleurs on se servira du « Nègre », ailleurs du « Jaune ». Son existence permet simplement à l’antisémite d’étouffer dans l’oeuf ses angoisses en se persuadant que sa place a toujours été marquée dans le monde, qu’elle l’attendait et qu’il a, de tradition, le droit de l’occuper. L’antisémitisme, en un mot, c’est la peur devant la condition humaine ».

On peut étendre au racisme en général ce que Sartre écrit de l’antisémitisme : les mécanismes sont les mêmes.