| Le racisme affirme quun groupe
humain comporte intrinsèquement les caractères de la supériorité, lautre (ou les
autres) les stigmates de linfériorité. De cette valorisation de certains groupes, découlent des rapports de domination,
dexploitation, de ségrégation, disolement, voire dextermination à
légard de groupes dits inférieurs.
Ces rapports existent depuis toujours dans les
groupes humains : on peut parler de racisme à légard des femmes par exemple.
Si le mot race apparaît au XVe siècle (appliqué
à lélevage), il ne sera appliqué à lhomme quà partir du XVIIe
siècle. Le racisme comme doctrine est plus récent encore.
Au XVIe siècle, les Espagnols opposent la «
mission civilisatrice » de lEspagne en Amérique à « linfériorité
naturelle » et même à la « perversité » des Indiens. Ainsi leffort pour
justifier lagression et la domination sur un groupe présenté comme biologiquement
inférieur, par un autre groupe, jugé supérieur, date des débuts de la colonisation du
Nouveau Monde.
Certes Aristote (IVe siècle av. J.-C.) a tenté de
légitimer par linfériorité naturelle des Barbares le fait quils puissent
servir desclaves aux Grecs ; mais il a fallu attendre le XIXe siècle pour que
certains théoriciens essayent de donner une apparence de rigueur scientifique au racisme
: cest probablement que la science paraissait seule digne de fournir une garantie
indiscutable au sérieux de la thèse.
Le plus connu de ces théoriciens est le Français
Gobineau avec son Essai sur linégalité des races humaines (1853-1855). |