| Le racisme se développe le plus
souvent sous le couvert du bon sens populaire. Jusquà une date récente la plupart
des ouvrages nous apprenaient quil existait sur terre trois grandes races, la
blanche, la noire, la jaune, auxquelles certains ajoutaient la rouge à cause des Indiens
dAmérique. Dailleurs quoi de
plus visible et incontestable que la couleur de la peau ?
De sorte que celui qui affirme que les races
nexistent pas passe pour celui qui nie lévidence.
Et pourtant la science a renoncé depuis une
cinquantaine dannées à une notion aussi vague quinutile, celle des races
humaines.
La science moderne ne connaît que des «
populations, cest-à-dire des unités de reproduction composées de lensemble
des individus interféconds, qui ont plus de chances de se croiser entre eux que de se
croiser avec dautres ». (Jacques Ruffié)
On peut dire aujourdhui que pour la
quasi-totalité des généticiens la notion de race humaine na aucun sens (à
linverse de ce qui se passe pour les animaux).
On sappuie fréquemment sur la couleur de la
peau pour définir les races blanche, noire ou jaune. Mais si lon considère
dautres séquences génétiques que celles qui définissent la couleur de la peau,
on aboutit à des groupes humains qui sont parfaitement différents.
Par exemple on sait aujourdhui que cest
un gène qui est responsable de certains comportements humains après la consommation
dalcool. Ce gène est souvent absent chez les Asiatiques, mais il fonctionne de la
même façon chez les Blancs et chez les Noirs.
Donc, génétiquement parlant, quand il sagit
de consommer de lalcool, Blancs et Noirs appartiennent à la même race.
Quant à la supériorité des Noirs en matière de
course à pied, il faudrait prouver quil existe des gènes liés au fait de courir
vite, et quil existe un lien entre les performances dun individu et
lexamen de ses gènes.
La science montre dailleurs clairement
quil est impossible de prédire le comportement dun individu à partir de ses
gènes.
Concernant le caractère génétique de
lintelligence, les recherches en matière de biologie moléculaire nont jamais
rien démontré. Remarquons au passage que trois mille ans avant Jésus Christ, alors que
lEurope occidentale en était à lâge de pierre, Égypte et Mésopotamie
connaissaient une civilisation particulièrement brillante.
Ceci pourrait amener ceux qui croient au caractère
génétique de lintelligence à se poser bien des questions sur leur patrimoine
héréditaire.
Et cest pourtant cette prétendue hérédité
des caractères mentaux, totalement abandonnée par la science, qui reste lassise
principale des croyances racistes.
Finalement lidée de race na
dintérêt que pour ceux qui entendent en tirer une politique discriminatoire. Ils
peuvent ainsi soit inventer une prétendue race supérieure (à laquelle ils appartiennent
évidemment), soit la prémunir contre les dangers que lui feraient courir de prétendues
races inférieures. |