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Avant tout, précisons que la science ne saurait répondre à la question « pourquoi ? », marquée par sa finalité anthropomorphique. Elle peut, cependant, expliquer des mécanismes biologiques qui entraînent des diversités humaines.

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La biologie nous apprend que chaque être humain est unique au départ de sa vie, porteur d’une collection de gènes (le génome), c’est-à-dire de caractères héréditaires qu’il est seul au monde à posséder, et qu’aucun de ses congénères ne possédera (1). Ce génome conditionne son aspect identitaire qui lui est propre.

Sans entrer dans des détails d’une grande précision, disons que chaque cellule d’un individu, (et son corps en comporte plusieurs centaines de milliards), est dotée d’un noyau comprenant une série de 23 paires de filaments, les chromosomes. Ils reproduisent à l’identique 23 chromosomes fournis par les spermatozoïdes paternels et 23 par l’ovule maternel. Sur les chromosomes, sont définis, par des informations codées (le code génétique), les divers processus nécessaires au développement de l’organisme. Chaque cellule possède la collection des gènes (le génotype) permettant de construire l’individu dans sa totalité avec ses caractères spécifiques (le phénotype).

La transmission par moitié des patrimoines parentaux explique les ressemblances entre parents et enfants. La collection des gènes (le patrimoine génétique ou génome de plusieurs centaines de milliers de paires de gènes, dont chacun détermine une fonction par exemple la synthèse d’un enzyme), est loin d’être achevée. Néanmoins quelques centaines de fonctions élémentaires ont pu être identifiées. Rappelons à ce propos l’intérêt des vulgarisations explicatives qui accompagnent l’émission télévisée le Téléthon et qui précisent le cheminement des progrès de la cartographie chromosomique humaine et son utilité.

La somme des fonctions propres à chaque paire de gènes entraîne des conséquences morphologiques, physiologiques, indécelables ou évidentes conduisant à la spécificité absolue de l’individu : les groupes sanguins, la forme du visage, la taille, l’aptitude à la perception de saveurs, la couleur des yeux, des cheveux, de la peau...

Une classification s’appuyant sur la pigmentation de la peau d’abord, a été longtemps recherchée et utilisée pour séparer les individus entre « races ». Ainsi, Cuvier (1769-1832) distinguait trois races : blanche, noire, jaune. Mais ce critère de ségrégation, tout comme ceux qui permettent d’utiliser d’autres caractères physiques doit être considéré comme arbitraire. L’unicité de l’espèce humaine est essentiellement liée à l’interfécondité potentielle des individus et donc à la libre circulation des génomes.

On peut toutefois constater que la fréquence de certains caractères génétiques peut varier suivant l’interfécondité réelle. En effet des groupes repères peuvent subir des restrictions diverses : isolements géographiques, culturel, religieux... De ce fait la transmission des caractères peut-être un temps réduite et ces groupes peuvent présenter une abondance marquée de caractéristiques morphologiques largement dominantes. Mais dès que le frein à l’interfécondité disparaît, les diversités réapparaissent.

La mobilité humaine, tant physique que culturelle du monde actuel conduit à libérer considérablement la circulation des gènes et, partant, démontre chaque jour un peu plus l’unicité de l’espèce humaine dans son immense diversité individuelle.

(1) Les vrais jumeaux, issus initialement d’une même cellule qui s’est partagée et reproduite à l’identique, ont un même génome.