Comment est-on passé du colonialisme au néocolonialisme PTINTERO.gif (1122 octets)

 

Du premier mot (système d’expansion coloniale) le dictionnaire Robert dit qu’il est « péjoratif ». Il est employé pour désigner l’exploitation d’un certain type de colonies, et pour attirer l’attention sur les aspects négatifs de la colonisation.

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Dès les débuts du phénomène colonial - mais tout particulièrement dans la dernière phase de son histoire -, la prise de possession et la mise en valeur de nouveaux territoires se sont faites sous des formes diverses.

Les comptoirs maritimes : essentiellement des escales commerciales (on parlait en France des « échelles du Levant »), lieux de contact entre européens et autochtones dont le territoire n’était pas soumis à l’occupation militaire et à la domination administrative des européens. Ce fut la tactique du Portugal (sauf avec l’Angola et le Mozambique que lui avait attribués la conférence de Berlin (1884 - 1885) partageant le continent africain entre les européens).

Les colonies tropicales d’exploitation : les territoires occupés doivent fournir des denrées agricoles inconnues en Europe, des ressources forestières et du sous-sol (or, argent, diamants...puis pétrole et gaz naturel, minerais divers...). C’est le sort de ces colonies qui a fait naître le terme péjoratif de « colonialisme » (1910).

Les colonies de peuplement en zones tempérées : destinées à accueillir l’excédent de population des « hautes pressions démographiques » d’Europe au XIXe siècle (Royaume Uni, Allemagne, Italie), ou des Européens malheureux(les Irlandais pressés par la famine) ou persécutés (les Polonais sans Etat).

Les colonies du troisième type ont obtenu tôt une indépendance ou une large autonomie interne (très proche de l’indépendance) -c’est le cas des « dominions » du Royaume-Uni. Mais pour la deuxième catégorie, la lutte armée a été souvent nécessaire, les métropoles refusant d’admettre ce que des analystes perspicaces prévoyaient de longue date. Ainsi « la guerre menée au nom de la liberté devrait insuffler aux peuples colonisés l’esprit de révolte, enlever aux esclaves le respect de leurs maîtres, aux maîtres le prestige de la force », expliquait Raymond Aron à Londres dès 1943 -1944.

Cependant l’indépendance politique n’est pas tout. Une carte du monde au début des années 60, carte établie sur la base du critère économique, fait apparaître une opposition Nord-Sud (le critère politique indiquant une opposition Est-Ouest, et un troisième groupe d’Etat (surtout du Sud) prétendant être « non alignés » sur l’Est ou l’Ouest : le Tiers Monde). Au nord, les pays développés, urbanisés, industrialisés (comportant les anciennes métropoles) ; au sud, les pays sous-développés, à dominante agricole et à croissance démographique spectaculaire. Les anciennes colonies sont dans ce groupe.

Une grande idée des années 60 - 80 : l’aide que le Nord pourrait apporter au Sud pour favoriser son développement, se manifeste beaucoup moins sous une forme multilatérale (passant par les organismes internationaux) que sous la forme bilatérale d’accord entre un pays « riche » et un pays « pauvre », le premier se souciant d’abord de ses intérêts politiques, stratégiques, économiques. Ainsi se reconstitue une forme de dépendance dont le vocabulaire a pris acte (dans les années 60 précisément) en créant le mot : « néo-colonialisme ».