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Dès les débuts du phénomène
colonial - mais tout particulièrement dans la dernière phase de son histoire -, la prise
de possession et la mise en valeur de nouveaux territoires se sont faites sous des formes
diverses. Les comptoirs maritimes :
essentiellement des escales commerciales (on parlait en France des « échelles du Levant
»), lieux de contact entre européens et autochtones dont le territoire nétait pas
soumis à loccupation militaire et à la domination administrative des européens.
Ce fut la tactique du Portugal (sauf avec lAngola et le Mozambique que lui avait
attribués la conférence de Berlin (1884 - 1885) partageant le continent africain entre
les européens).
Les colonies tropicales dexploitation
: les territoires occupés doivent fournir des denrées agricoles inconnues en
Europe, des ressources forestières et du sous-sol (or, argent, diamants...puis pétrole
et gaz naturel, minerais divers...). Cest le sort de ces colonies qui a fait naître
le terme péjoratif de « colonialisme » (1910).
Les colonies de peuplement en zones
tempérées : destinées à accueillir lexcédent de population des «
hautes pressions démographiques » dEurope au XIXe siècle (Royaume Uni, Allemagne,
Italie), ou des Européens malheureux(les Irlandais pressés par la famine) ou
persécutés (les Polonais sans Etat).
Les colonies du troisième type ont obtenu tôt une
indépendance ou une large autonomie interne (très proche de lindépendance)
-cest le cas des « dominions » du Royaume-Uni. Mais pour la deuxième catégorie,
la lutte armée a été souvent nécessaire, les métropoles refusant dadmettre ce
que des analystes perspicaces prévoyaient de longue date. Ainsi « la guerre menée au
nom de la liberté devrait insuffler aux peuples colonisés lesprit de révolte,
enlever aux esclaves le respect de leurs maîtres, aux maîtres le prestige de la force
», expliquait Raymond Aron à Londres dès 1943 -1944.
Cependant lindépendance politique nest
pas tout. Une carte du monde au début des années 60, carte établie sur la base du
critère économique, fait apparaître une opposition Nord-Sud (le critère politique
indiquant une opposition Est-Ouest, et un troisième groupe dEtat (surtout du Sud)
prétendant être « non alignés » sur lEst ou lOuest : le Tiers Monde). Au
nord, les pays développés, urbanisés, industrialisés (comportant les anciennes
métropoles) ; au sud, les pays sous-développés, à dominante agricole et à croissance
démographique spectaculaire. Les anciennes colonies sont dans ce groupe.
Une grande idée des années 60 - 80 : laide
que le Nord pourrait apporter au Sud pour favoriser son développement, se manifeste
beaucoup moins sous une forme multilatérale (passant par les organismes internationaux)
que sous la forme bilatérale daccord entre un pays « riche » et un pays « pauvre
», le premier se souciant dabord de ses intérêts politiques, stratégiques,
économiques. Ainsi se reconstitue une forme de dépendance dont le vocabulaire a pris
acte (dans les années 60 précisément) en créant le mot : « néo-colonialisme ». |