Qu'est-ce que la colonisation PTINTERO.gif (1122 octets)

 

C’est le fait de mettre en valeur, d’exploiter des pays devenus colonies (c’est-à-dire territoires dominés, dépendant politiquement, administrativement et économiquement de pays colonisateurs). La colonisation est ancienne, pas spécifiquement européenne, et les formes de souveraineté coloniale ont été multiples.

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La colonisation est une manifestation de la volonté de puissance et de la capacité d’expansion de certaines sociétés à un ou des moments de leur histoire. Ainsi les Phéniciens de l’Est de la Méditerranée ont fondé la colonie de Carthage, vers 814 av. J.-C., à l’époque archaïque (VIIIe - VIe siècles av. J.-C.), des Grecs ont essaimé des rivages du Pont-Euxin (mer Noire) aux côtes de la Péninsule Ibérique. Entre 632 et 732 les Arabes ont conquis et colonisé le nord de l’Afrique et une bonne partie de la future Espagne.

Mais le mot évoque surtout les événements des Temps modernes et de l’Époque contemporaine : des grands voyages de découverte organisés par les Européens, à la « décolonisation » qui a suivi la seconde guerre mondiale.

Cette phase de l’histoire coloniale, sans être le monopole de l’Europe (le Japon avec la Corée, Formose, ou les États Unis avec Porto-Rico, Cuba, les Philippines, ont été des puissances coloniales), est dominée par l’action d’une dizaine d’États d’Europe occidentale : d’abord le Portugal et l’Espagne (qui vont jusqu’à se partager le Nouveau Monde par le traité de Tordexillas (1494)) ce que contesteront ensuite la France (François Ier demandera à voir « le testament d’Adam » en faveur des Espagnols et des Portugais !), l’Angleterre, la Hollande (ou les Provinces-Unies). A la fin du XIXe siècle, Belgique, Allemagne, Italie tentent à leur tour de créer un empire colonial outre-mer. La Russie a créé, elle, un empire qui a la particularité de ne pas être séparé de sa métropole par des étendues marines.Cette colonisation moderne a connu deux cycles.

1. Du XVe siècle au premier quart du XIXe
Essor, avec les grandes découvertes, apogée au XVIIe siècle.
Déclin à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle : la France perd la plus grande partie de son premier empire, émancipation des États-Unis aux dépens de la Grande-Bretagne, émancipation de l’Amérique latine aux dépens du Portugal et de l’Espagne.

2. Du dernier quart du XIXe siècle aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale
Après un passage sinon à vide, du moins au ralenti, dans le milieu du XIXe siècle,la colonisation a repris à partir des années 1870, culminé entre les deux guerres ;le reflux arrive avec la fin de la guerre : de l’émancipation des Indes néerlandaises (1945 - 1949) à celle des colonies portugaises et espagnoles au milieu des années 70. Ce reflux a été marqué trop souvent par de durs conflits entre métropoles et colonies, et par des drames internes aux colonies et non moins sanglants (partition des Indes britanniques ; affaire du Katanga dans l’ex-Congo Belge, du Biafra au Nigeria...).
Le statut politico-administratif des colonies a eu, selon la philosophie et les traditions des métropoles, des visages multiples : la France a connu des « protectorats », des territoires administrés par des gouverneurs, des colonies départementalisées. Victoria, reine du Royaume-Uni, était « impératrice des Indes », Elisabeth II est toujours « Chef de l’État » du Canada ou d’Australie... ; Léopold II, roi des Belges, a été « propriétaire de l’État libre du Congo ». Après 14-18, la S.D.N (Société des Nations) a donné « mandat » aux États vainqueurs sur les colonies des vaincus...