Que s'est-il passé au Rwanda en 1994 PTINTERO.gif (1122 octets)

 

Le Rwanda est un pays d’Afrique Centrale, de la région des Grands Lacs.
Le 6 Avril 1994, les Présidents du Rwanda et du Burundi meurent dans un attentat contre l’avion qui devait les ramener à Kigali.
Le 7 Avril, les milices hutues commencent à massacrer les membres de l’opposition et tous les Tutsis qu’elles peuvent trouver.

pipo3.gif (43 octets)

Le Rwanda est peuplé par des Hutus qui représentent 80 % de la population, et par des Tutsis minoritaires qui représentent 15 % de la population.

Depuis 1973, le pouvoir est détenu par les Hutus, qui depuis 1990 combattent le FPR (Front Patriotique Rwandais) dominé par les tutsis, dans une lutte sans merci.

Les massacres ont donc commencé bien avant avril 94, organisés par les FAR (Forces Armées Rwandaises) contre l’opposition armée tutsie du FPR. Ils n’ont donc jamais résulté d’un quelconque « mouvement spontané » de population.

Début avril 94 se trouvent au Rwanda 2500 Casques Bleus, chargés par la résolution de l’ONU numéro 872 du 5 octobre 1993 de « contribuer à la sécurité de Kigali » et de faire respecter un cessez le feu signé l’été précédent entre les rebelles du FPR et les forces gouvernementales (FAR).

Les Casques Bleus n’ayant le droit de tirer qu’en situation d’autodéfense, leur mandat devient rapidement inadapté. En effet, en quelques jours, tous les démocrates hutus et tous les Tutsis sont pourchassés et assassinés à la fois par l’armée gouvernementale hutue et par la population hutue fanatisée par les appels au meurtre lancés à la radio.

Pendant que Kigali est à feu et à sang, le conseil de sécurité de l’ONU se demande comment faire pour évacuer les étrangers. Le secrétaire général propose même une modification du mandat des Casques Bleus, afin de leur donner le pouvoir « d’utiliser la force pour instaurer la paix » et d’arrêter le massacre. En vain. Finalement ne resteront sur place que 300 Casques Bleus, pendant que les atrocités se poursuivent.

Le gouvernement, jouant sur la peur inspirée par le FPR, invite les Hutus à se réfugier au Zaïre. Partout, dans les collines du Rwanda qui tombent sous les coups de boutoir du FPR, ce sont les Forces Armées Rwandaises qui donnent le signal de l’exode aux populations, en même temps qu’elles prennent la fuite.

Rester au pays devient alors un acte de complicité avec l’ennemi tutsi.Les dirigeants hutus ayant décidé que le FPR ne « devait régner que sur la brousse et les animaux », pas question de laisser sur place une population qui donnerait une certaine légitimité à un Etat dirigé par les Tutsis.

Les réfugiés deviennent les otages d’un gouvernement en exil. Ainsi, ceux en âge de combattre qui auraient une petite velléité de retourner au pays sont-ils finalement découragés par les FAR et les milices armées qui quadrillent les camps de réfugiés.

Entre avril et juin 1994, on pense que les assassinats de Tutsis et de Hutus modérés ont fait plus de quatre cent mille morts, soit le plus grand massacre de cette fin de siècle.

Le Rwanda, pays démuni, aura les pires difficultés à surmonter un tel traumatisme parce qu’il ne possède pas un système judiciaire capable de faire la lumière sur les responsabilités du génocide, et que le parti aujourd’hui au pouvoir est traversé de nombreux courants, les uns extrémistes, les autres modérés. Les défenseurs d’une justice indépendante du pouvoir politique se heurtent aux radicaux qui réclament vengeance contre ceux qui ont découpé les leurs à la machette.

Juges et administrateurs sont encore loin d’avoir gagné la partie, et on peut encore craindre bien des morts car les soldats du FPR qui ont arrêté le génocide en 1994, sèment maintenant la terreur parmi les populations des collines.