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Le Tribunal Militaire International de
Nuremberg (Novembre 1945-Octobre 1946)a beaucoup contribué à dégager les notions de
crimes de guerre (atrocités ou délits commis sur des personnes et des biens, en
violation des lois et usage de la guerre : assassinats, déportation, pillage, esclavage,
destructions intempestives non exigées par les nécessités militaires. Le procès de
Nuremberg et les conventions internationales qui lont complété en 1948 et surtout
en 1968, ont parfaitement défini le crime contre lhumanité (atrocités et délits
comme lassassinat, lextermination, lesclavage, la déportation, commis
contre toute population civile avant ou pendant la guerre, ou bien persécutions
politiques, raciales ou religieuses commises à la suite de tout crime de guerre,...
éviction par attaque ou occupation, apartheid et génocide).
En 1945-1946 lapplication des peines sest avérée immédiatement possible
dans la mesure où les pays membres de la coalition constituée sous le nom de Nations
Unies sétaient emparés de la personne des vaincus quils voulaient présenter
à la justice. Lorsque les suspects de tels crimes sont soustraits à la détention chez
ceux qui veulent les faire juger, certains États auprès desquels ils ont trouvé refuge
refusent dappliquer lextradition en invoquant leur souveraineté. On observe
alors quentre lapplication de la justice et lurgence de rétablir la
paix, les États préfèrent généralement la paix à la justice
et discutent avec les criminels pour obtenir plus vite la fin de leurs exactions.1. Procès et condamnation suivis dun effet
immédiat
Ce fut le cas à Nuremberg, à Leipzig et à Tokyo au lendemain même de la Seconde Guerre
mondiale, pour les crimes des nazis ou de leurs alliés : Herman Göring, Maréchal du
Reich, suicidé avant pendaison ; R. Hess, Adjoint au Fuhrer jusquen 1941, prison à
vie ; J. Von Ribbentrop, Ministre des Affaires étrangères, pendu ; W. Funk, Président
de la Reichsbank, prison à vie ; E. Kaltenbrunner, chef de la police de sécurité, pendu
; E. Raeder, Commandant en chef de la marine, prison à vie ; A. Rosenberg, Ministre des
territoires occupés de lEst, pendu ; B. Von Schirach, chef de la Hitlerjugend, 20
ans de prison ; H. Frank, Gouverneur Général de Pologne, pendu ; A. Speer, Ministre de
larmement, 20 ans de prison ; W. Frick, ancien Ministre de lIntérieur, pendu
; C. Von Neurath, protecteur de Bohème-Moravie, 15 ans de prison; J. Streicher, Chef du
mouvement antisémite, pendu ; K. Dönitz, Commandant en chef de la marine, Chancelier, 10
ans de prison ; F. Sauckel, Commissaire de la main doeuvre, pendu ; H. Schacht,
Ministre de léconomie, acquitté ; A. Jodl, Chef de lEtat Major de
lO.K.W, pendu ; F. Von Papen, ex chancelier, envoyé à Vienne, acquitté ; A.
Seiss-Inquart, Ministre pour lAutriche et les Pays-Bas, pendu ; H. Fritsch,
Directeur de la Radio-Propagande, acquitté ; W. Keitel, feld maréchal chef de
lO.K.W., pendu ; M. Bormann, Adjoint au Fuhrer, en fuite, à mort par contumace ;
quatre organisations condamnées et dissoutes : Parti Nazi - Gestapo - SS - S.D. ; Des
mesures parallèles furent prises à Tokyo (Exécution de lAmiral Tojo en 1948).
2. Criminels de la Seconde Guerre mondiale
en fuite dont lextradition ou lenlèvement ont permis le procès
On ne citera que les cas les plus connus en France : K. Barbie, chef de la Gestapo de
Lyon, extradé par la Bolivie après de longs efforts, jugé en 1987, condamné à la
prison à perpétuité ; A. Eichmann, responsable des opérations antisémites, enlevé
par les services secrets israéliens en Argentine où il sétait réfugié (1960),
fut jugé et pendu en Israël en 1962. Des collaborateurs français en fuite ont pu être
repris et jugés, le cas le plus connu est celui de Touvier ; le Directeur Général de la
police de Vichy, Bousquet, tardivement appréhendé fut assassiné avant son jugement ; en
1998 sest déroule le procès de M. Papon, ancien haut fonctionnaire sous Vichy,
dont la cour de cassation a jugé lactivité à Bordeaux, pendant loccupation,
comme relevant de complicité de crime contre lhumanité.
3. Quelques criminels de guerre ou auteurs
de crimes contre lhumanité après la Seconde Guerre mondiale, et leur situation
judiciaire
a) Le lieutenant Caley des US Marines, jugé par son propre pays, les
USA, et reconnu coupable dexactions et dassassinats à My-lai pendant la
Guerre du Vietnam (1968), condamné à une longue peine demprisonnement.
b) Pol Pot, véritable dirigeant des Khmers Rouges et de leurs
épouvantables exactions (on évalue à plusieurs millions le nombre de leurs victimes au
nom dun régime égalitaire), premier ministre Khmer Rouge de 1976 à 1979, a repris
le maquis et continue de diriger les forces Khmer Rouges qui restent (jusquà ce
quil comparaisse en 1997 devant un tribunal Khmer Rouge et soit déclaré mort en
1998).
c) Les anciens dirigeants civils et militaires, de la République Serbe
auto proclamée de Bosnie (Régime de Palé), Radovan Karadzic et Ratko Mladic.
- Radovan Karadzic, fondateur de la République Serbe
de Bosnie auto proclamée, est un des principaux animateurs de « la purification ethnique
». Déposé en 1996 après avoir été inculpé de « génocide, crimes contre
lhumanité et crimes de guerre » par le TPI de La Haye, il na pas pour autant
été arrêté et vit à Pale, où il a son bureau (février 1997).
- Ratko Mladic, général serbe natif de Bosnie, bras
armé de Karadzic, a été placé(en vain jusquici) sous des chefs daccusation
identiques à ceux de Karadzic. Il na plus de commandement depuis lété 1996.
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