En Europe, au XXe siècle, en dehors des camps nazis, a-t-on pratiqué l'extermination systématique de certains groupes humains PTINTERO.gif (1122 octets)

 

Hélas oui ! Deux exemples parmi d’autres.
À Katyn (Russie) où l’on découvrit en avril 1943 les cadavres de 4 500 officiers polonais exécutés.
À Srebrenica (Bosnie) où ont été exhumés plus de 3 000 corps tandis que 7 000 sont toujours portés disparus de la ville prise le 11 juillet 1995 par les Serbes de Bosnie.

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Katyn :
Ce fut l’une des affaires les plus mystérieuses de la Seconde Guerre Mondiale et qui a pendant très longtemps envenimé les relations polono-soviétiques. Les Allemands s’appuyant sur des documents trouvés sur les cadavres soutenaient qu’il s’agissait d’officiers polonais faits prisonniers par l’Armée Rouge lors de son avance dans les territoires orientaux de la Pologne en 1939 dans le cadre du Pacte signé entre Hitler et Staline fin août 1939. Ces soldats auraient été ignominieusement exécutés au printemps 1940. À quoi les autorité soviétiques répondirent que ces prisonniers, engagés dans les chantiers près de Smolensk, avaient été surpris par l’avance de la Wehrmacht en juillet 1941 et assassinés par les Allemands.

Le 17 avril 1943, le gouvernement polonais de Londres, autour du général Sikorski, plein de méfiance envers les Russes, réclama une enquête auprès de la Croix Rouge Internationale.

En effet, malgré les outrances de la propagande nazie, les Polonais Libres avaient de sérieuses raisons de prêter foi aux révélations allemandes : à la fin 1941 déjà, les Soviétiques, pressés par le chef du corps d’armée polonais en URSS d’expliquer l’absence de ces officiers, avaient simplement répondu qu’ils s’étaient enfuis en Mandchourie et qu’on n’avait pu les retrouver. Staline rompit les relations diplomatiques avec Sikorski qui mourut quelques mois plus tard dans un accident d’aviation.

À Londres comme à Washington on considérait cette affaire comme un piège allemand et on préféra l’étouffer plutôt que de risquer d’embarrasser l’Union Soviétique en pleine contre-offensive victorieuse sur la Wehrmacht.

Après la victoire de la Grande Alliance, au procès de Nuremberg (1946),la responsabilité des Nazis ne fut pas établie sur les massacres de Katyn mais on continua d’éviter de froisser Staline. Il fallut attendre les révélations deN. Khroutchtchev à Gomulka, premier secrétaire du Parti Ouvrier Unifié Polonais, après la dénonciation des crimes de Staline en 1956, pour y voir plus clair. Pourtant, Gomulka refusa alors d’ébruiter la responsabilité des autorités soviétiques de peur qu’elle n’attise en Pologne un violent sentiment anticommuniste. Après son arrivée au pouvoir (1985) et dans le cadre de sa politique de transparence (Glasnost), Mikhaïl Gorbatchev confirma les déclarations de Khrouchtchev : Katyn était bien l’oeuvre de Staline et de Beria son ministre de la Sécurité et de l’Intérieur.

Srebrenica :
Il s’agit du plus grand massacre de civils en Europe depuis la Deuxième Guerre Mondiale et là encore, on relève un terrible embarras de la part de l’ONU, cette fois, pour dénoncer les responsables et les poursuivre.

Le 11 juillet 1995, Srebrenica tombait entre les mains des troupes serbes de Bosnie conduites par le Général Mladic. Plus de 40 000 personnes s’étaient réfugiées dans l’enclave proclamée « zone de sécurité » par l’ONU. De nombreux témoins étrangers, à commencer par les Casques bleus présents sur place pour veiller à la sécurité de la population assiégée, ont pu voir les Serbes de Bosnie procéder à un tri de la population, d’un côté les femmes, les très jeunes enfants et les vieillards, de l’autre les hommes, avec parmi eux des gamins de quinze ans.

Les premières furent évacuées dans des véhicules affrétés sous les ordres du général Mladic, on ne devait plus jamais revoir les seconds. Les troupes serbes de Bosnie étaient appuyées par les 4 000 hommes de la milice Arkan, l’un des plus sinistres criminels de guerre des événements de Bosnie, qui n’hésitèrent pas à s’acharner du 12 au 21 juillet 1995 sur tous ceux qui avaient essayé de fuir à travers les bois.

Repérés et photographiés depuis le ciel par les avions espions de l’OTAN et les satellites militaires, de nombreux charniers sont en cours d’investigation et les précisions s’accumulent. Les criminels de guerre sont bien connus mais curieusement, malgré les dispositions prises par le Tribunal Pénal International de La Haye pour les affaires de Bosnie, ils restent insaisissables. Pire encore, les responsables de l’ONU sur place refusent de préciser si la Communauté Internationale a été empêchée de tenir ses engagements ou si elle a froidement décidé de ne rien faire, pour des raisons d’elle seule connues en l’état actuel des choses.