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Katyn :
Ce fut lune des affaires les plus mystérieuses de la Seconde Guerre Mondiale et qui
a pendant très longtemps envenimé les relations polono-soviétiques. Les Allemands
sappuyant sur des documents trouvés sur les cadavres soutenaient quil
sagissait dofficiers polonais faits prisonniers par lArmée Rouge lors
de son avance dans les territoires orientaux de la Pologne en 1939 dans le cadre du Pacte
signé entre Hitler et Staline fin août 1939. Ces soldats auraient été ignominieusement
exécutés au printemps 1940. À quoi les autorité soviétiques répondirent que ces
prisonniers, engagés dans les chantiers près de Smolensk, avaient été surpris par
lavance de la Wehrmacht en juillet 1941 et assassinés par les Allemands.Le 17 avril 1943, le gouvernement polonais de Londres,
autour du général Sikorski, plein de méfiance envers les Russes, réclama une enquête
auprès de la Croix Rouge Internationale.
En effet, malgré les outrances de la propagande
nazie, les Polonais Libres avaient de sérieuses raisons de prêter foi aux révélations
allemandes : à la fin 1941 déjà, les Soviétiques, pressés par le chef du corps
darmée polonais en URSS dexpliquer labsence de ces officiers, avaient
simplement répondu quils sétaient enfuis en Mandchourie et quon
navait pu les retrouver. Staline rompit les relations diplomatiques avec Sikorski
qui mourut quelques mois plus tard dans un accident daviation.
À Londres comme à Washington on considérait
cette affaire comme un piège allemand et on préféra létouffer plutôt que de
risquer dembarrasser lUnion Soviétique en pleine contre-offensive victorieuse
sur la Wehrmacht.
Après la victoire de la Grande Alliance, au
procès de Nuremberg (1946),la responsabilité des Nazis ne fut pas établie sur les
massacres de Katyn mais on continua déviter de froisser Staline. Il fallut attendre
les révélations deN. Khroutchtchev à Gomulka, premier secrétaire du Parti Ouvrier
Unifié Polonais, après la dénonciation des crimes de Staline en 1956, pour y voir plus
clair. Pourtant, Gomulka refusa alors débruiter la responsabilité des autorités
soviétiques de peur quelle nattise en Pologne un violent sentiment
anticommuniste. Après son arrivée au pouvoir (1985) et dans le cadre de sa politique de
transparence (Glasnost), Mikhaïl Gorbatchev confirma les déclarations de Khrouchtchev :
Katyn était bien loeuvre de Staline et de Beria son ministre de la Sécurité et de
lIntérieur.
Srebrenica :
Il sagit du plus grand massacre de civils en Europe depuis la Deuxième Guerre
Mondiale et là encore, on relève un terrible embarras de la part de lONU, cette
fois, pour dénoncer les responsables et les poursuivre.
Le 11 juillet 1995, Srebrenica tombait entre les
mains des troupes serbes de Bosnie conduites par le Général Mladic. Plus de 40 000
personnes sétaient réfugiées dans lenclave proclamée « zone de sécurité
» par lONU. De nombreux témoins étrangers, à commencer par les Casques bleus
présents sur place pour veiller à la sécurité de la population assiégée, ont pu voir
les Serbes de Bosnie procéder à un tri de la population, dun côté les femmes,
les très jeunes enfants et les vieillards, de lautre les hommes, avec parmi eux des
gamins de quinze ans.
Les premières furent évacuées dans des
véhicules affrétés sous les ordres du général Mladic, on ne devait plus jamais revoir
les seconds. Les troupes serbes de Bosnie étaient appuyées par les 4 000 hommes de la
milice Arkan, lun des plus sinistres criminels de guerre des événements de Bosnie,
qui nhésitèrent pas à sacharner du 12 au 21 juillet 1995 sur tous ceux qui
avaient essayé de fuir à travers les bois.
Repérés et photographiés depuis le ciel par les
avions espions de lOTAN et les satellites militaires, de nombreux charniers sont en
cours dinvestigation et les précisions saccumulent. Les criminels de guerre
sont bien connus mais curieusement, malgré les dispositions prises par le Tribunal Pénal
International de La Haye pour les affaires de Bosnie, ils restent insaisissables. Pire
encore, les responsables de lONU sur place refusent de préciser si la Communauté
Internationale a été empêchée de tenir ses engagements ou si elle a froidement
décidé de ne rien faire, pour des raisons delle seule connues en létat
actuel des choses. |