Y-a-t-il une différence entre camps de regroupement, camps de concentration et camps d'extermination PTINTERO.gif (1122 octets)

 

Sous le nom de camps de concentration, sont trop souvent confondus les camps de premier accueil en cas d’urgence (catastrophes naturelles, exodes) et les camps de regroupement pour surveillance en cas de guerre (prisonniers militaires, déportés civils). Au cours de la 2e Guerre Mondiale, les Nazis et les dictateurs japonais ont malheureusement transformé la plupart des camps de déportation en camps d’extermination.

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L’organisation des camps nazis
Les camps d’extermination ou camps de la mort, apparus au cours de la seconde guerre mondiale chez les Nazis, mais aussi dans les territoires occupés par le Japon, constituent le summum des mesures portant atteinte aux libertés publiques modernes. À l’encontre des déportés, généralement soustraits à tout contrôle de commissions neutres ou caritatives, ils visaient « la solution finale » dans une série systématique d’étapes de déshumanisation. (voir ci-dessous)
Ce processus méthodique était destiné à éliminer les groupes humains qualifiés d’indésirables par le système national socialiste allemand : Juifs, Tziganes, résistants anti-nazis, notamment les communistes, et particulièrement ceux des pays de l’Est.

1. Origine :
Les premiers de ces camps avaient été construits dès l’avènement d’Hitler à l’intention des Allemands anti-nazis : en 1933 Oranienburg près de Berlin et Dachau, près de Munich, en 1934 Ravensbrück en Allemagne du nord et Sachsenhausen à côté d’Oranienburg, en 1937 Buchenwald aux portes de Weimar. Ces camps des origines constituèrent la base du système concentrationnaire nazi. En 1938 dès l’annexion de l’Autriche fut créé le camp de Mauthausen près de Linz. A partir de 1939 le nombre de camps augmente vertigineusement ainsi que leur population, grossie notamment par les persécutions anti-juives. En Allemagne, Nerrengamme près de Hambourg, Flossenburg à côté de Nuremberg, en Pologne Auschwitz, Maidanek, Treblinka, Sobibor, en Grèce, Salonique. En France (Alsace) Struthof, Schirmeck, en Belgique Breenddsck, en Hollande Westerbrok... 1200 camps environ couvrent bientôt l’Europe occupée.

2. Organisation :
Les déportés réunis d’abord dans des centres de tri (Compiègne ou Drancy pour la France) étaient entassés sans hygiène dans des conditions épouvantables entraînant dès le départ de terribles épreuves de survie et l’élimination des plus faibles.
Dès ce stade pouvait se deviner le but poursuivi par les bourreaux nazis :la déshumanisation par l’avilissement, l’épuisement progressif par les mauvais traitements, la sous-alimentation et le travail forcé. A l’entrée du camp un panneau célébrait « la liberté par le travail » mais la seule liberté laissée aux déportés était de sortir par la fumée des fours crématoires.
Les camps, situés en rase campagne, mais parfois non loin de grandes villes, étaient toujours construits selon trois zones concentriques séparées par des murs ou de hautes barrières électrifiées. Des miradors puissamment armés et éclairés ponctuaient la limite entre la zone extérieure où vivaient les SS et le camp proprement dit comprenant à l’intérieur les baraquements de bois, meublés de simples châlits superposés où dormaient les prisonniers exténués après le travail forcé, et l’hôpital très sommaire ou revier. Au centre, une troisième et dernière zone, celle de la mort avec les chambres à gaz en forme de fausses douches et les fours crématoires pour faire disparaître rapidement les cadavres.
Les SS (gardiens, administration et leurs familles) vivaient donc en marge du camp. Seule l’immense et sinistre place, où avaient lieu matin et soir d’interminables et mortels appels par tous les temps, était, avec les miradors, le théâtre de leur présence et de leurs brimades. Les déportés étaient en réalité gardés par des geôliers encore pires, les Kapos, des co-détenus, souvent de droit commun, qui abusaient de leur pitoyable autorité. Ces Kapos surveillaient, battaient, dénonçaient leurs camarades et les accompagnaient dans les Kommandos extérieurs du travail forcé, ou les livraient, à l’occasion, aux caprices des SS...
Tout était calculé pour que la vie d’un déporté ainsi exploité ne dépasse pas quelques mois. Seuls des miracles de solidarité, d’entraide, une force d’âme et de dignité peu commune, pouvaient aider à survivre en déjouant les plans de déshumanisation des Nazis.

3. Bilans :
Après les Décrets Nacht und Nebel (Nuit et brouillard) du 7 décembre 1941 et la conférence de Wannsee près de Berlin, le 21 janvier 1942, l’accélération de la mort des opposants classés très dangereux (N. N) et « la solution finale de la question juive » furent décidées.
Il semble que le nombre total des déportés internés dans les camps nazis de 1933 à 1945 se soit élevé à plus de 10 millions dont 6 millions au moins israélites. Huit déportés sur dix ne sont jamais revenus des camps de la mort...