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Lorganisation des camps
nazis
Les camps dextermination ou camps de la mort, apparus au cours de la seconde guerre
mondiale chez les Nazis, mais aussi dans les territoires occupés par le Japon,
constituent le summum des mesures portant atteinte aux libertés publiques modernes. À
lencontre des déportés, généralement soustraits à tout contrôle de commissions
neutres ou caritatives, ils visaient « la solution finale » dans une série
systématique détapes de déshumanisation. (voir ci-dessous)
Ce processus méthodique était destiné à éliminer les groupes humains qualifiés
dindésirables par le système national socialiste allemand : Juifs, Tziganes,
résistants anti-nazis, notamment les communistes, et particulièrement ceux des pays de
lEst.1. Origine :
Les premiers de ces camps avaient été construits dès lavènement dHitler à
lintention des Allemands anti-nazis : en 1933 Oranienburg près de Berlin et Dachau,
près de Munich, en 1934 Ravensbrück en Allemagne du nord et Sachsenhausen à côté
dOranienburg, en 1937 Buchenwald aux portes de Weimar. Ces camps des origines
constituèrent la base du système concentrationnaire nazi. En 1938 dès lannexion
de lAutriche fut créé le camp de Mauthausen près de Linz. A partir de 1939 le
nombre de camps augmente vertigineusement ainsi que leur population, grossie notamment par
les persécutions anti-juives. En Allemagne, Nerrengamme près de Hambourg, Flossenburg à
côté de Nuremberg, en Pologne Auschwitz, Maidanek, Treblinka, Sobibor, en Grèce,
Salonique. En France (Alsace) Struthof, Schirmeck, en Belgique Breenddsck, en Hollande
Westerbrok... 1200 camps environ couvrent bientôt lEurope occupée.
2. Organisation :
Les déportés réunis dabord dans des centres de tri (Compiègne ou Drancy pour la
France) étaient entassés sans hygiène dans des conditions épouvantables entraînant
dès le départ de terribles épreuves de survie et lélimination des plus faibles.
Dès ce stade pouvait se deviner le but poursuivi par les bourreaux nazis :la
déshumanisation par lavilissement, lépuisement progressif par les mauvais
traitements, la sous-alimentation et le travail forcé. A lentrée du camp un
panneau célébrait « la liberté par le travail » mais la seule liberté laissée aux
déportés était de sortir par la fumée des fours crématoires.
Les camps, situés en rase campagne, mais parfois non loin de grandes villes, étaient
toujours construits selon trois zones concentriques séparées par des murs ou de hautes
barrières électrifiées. Des miradors puissamment armés et éclairés ponctuaient la
limite entre la zone extérieure où vivaient les SS et le camp proprement dit comprenant
à lintérieur les baraquements de bois, meublés de simples châlits superposés
où dormaient les prisonniers exténués après le travail forcé, et lhôpital
très sommaire ou revier. Au centre, une troisième et dernière zone, celle de la mort
avec les chambres à gaz en forme de fausses douches et les fours crématoires pour faire
disparaître rapidement les cadavres.
Les SS (gardiens, administration et leurs familles) vivaient donc en marge du camp. Seule
limmense et sinistre place, où avaient lieu matin et soir dinterminables et
mortels appels par tous les temps, était, avec les miradors, le théâtre de leur
présence et de leurs brimades. Les déportés étaient en réalité gardés par des
geôliers encore pires, les Kapos, des co-détenus, souvent de droit commun, qui abusaient
de leur pitoyable autorité. Ces Kapos surveillaient, battaient, dénonçaient leurs
camarades et les accompagnaient dans les Kommandos extérieurs du travail forcé, ou les
livraient, à loccasion, aux caprices des SS...
Tout était calculé pour que la vie dun déporté ainsi exploité ne dépasse pas
quelques mois. Seuls des miracles de solidarité, dentraide, une force dâme
et de dignité peu commune, pouvaient aider à survivre en déjouant les plans de
déshumanisation des Nazis.
3. Bilans :
Après les Décrets Nacht und Nebel (Nuit et brouillard) du 7 décembre 1941 et la
conférence de Wannsee près de Berlin, le 21 janvier 1942, laccélération de la
mort des opposants classés très dangereux (N. N) et « la solution finale de la question
juive » furent décidées.
Il semble que le nombre total des déportés internés dans les camps nazis de 1933 à
1945 se soit élevé à plus de 10 millions dont 6 millions au moins israélites. Huit
déportés sur dix ne sont jamais revenus des camps de la mort... |