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On assimile souvent la dictature à un
régime visant à maintenir lordre établi en faveur de privilégiés. Ce jugement
nest pas fondé, lhistoire connaissant généralement deux types de
dictatures, les unes conservatrices, les autres progressistes. Malgré des proclamations différentes, les méthodes
utilisées sont semblables.
Certains emploient la violence et suppriment les
institutions libérales afin de maintenir en place le système économique et social que
ses bénéficiaires ne peuvent plus conserver par les moyens légaux.
Dautres utilisent les mêmes moyens pour
transformer le système social en vigueur de façon à supprimer linégalité,
linjustice et loppression.
Les exemples contemporains les plus connus sont
ceux de Mussolini, Hitler, Franco, Salazar, des colonels grecs, des militaires argentins,
de Lénine, dAtaturk, de Nasser, de Staline...
À propos de la légitimité des régimes
dictatoriaux, il faut distinguer deux cas de figure.
- Dans le premier cas le dictateur, avec un régime
personnel et autoritaire, maintient une situation que le peuple subit sans
laccepter. Cependant certains théoriciens dextrême droite considèrent la
dictature comme un régime permanent (Hitler parlait de « Reich millénaire ») ;
cest alors lappareil de propagande qui, développant lidée que le
régime politique est au service du peuple, installe une apparence de légitimité.
- Dans le second cas, la dictature nest
instaurée que pour un temps limité, pour faire face à des circonstances exceptionnelles
(cest la notion romaine). Cest de son caractère provisoire quelle tire
sa légitimité (dans la démarche léniniste, la dictature du prolétariat ne devait
durer que le temps nécessaire à laccession à une société sans classes).
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