Qu'est-ce qu'une minorité nationale PTINTERO.gif (1122 octets)

 

Il s’agit d’un groupe se distinguant de la majorité de la population par des particularités ethniques, religieuses, linguistiques ou culturelles.

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La notion de « minorité » doit être définie à l’aide de considérations socio-politiques, dont la première est d’ordre communautaire.

C’est l’élément essentiel ; en effet il n’y a minorité nationale que si les membres d’un groupe possèdent en propre certaines caractéristiques qui les distinguent du reste de la communauté.

Le deuxième élément est quantitatif : le groupe minoritaire doit comporter suffisamment de membres pour qu’il s’agisse d’un groupe d’importance nationale (sans quoi il est question d’une communauté).

Il faut cependant que le groupe soit nettement moins important que le reste de la population afin que celle-ci se trouve en position de force : cela seul rend possible l’oppression qui est inhérente à tout phénomène minoritaire.

D’autre part, la répartition géographique de la minorité n’est pas uniforme sur le territoire national : la minorité peut être majoritaire en certains lieux, ce qui la met en position de force et engendre des situations de fortes tensions (la répartition des catholiques et des protestants en Irlande du Nord est typique de ce genre de situation).

À ces deux éléments matériels, s’en ajoute un autre d’ordre psychologique : la conscience de minorité.

Sartre a bien montré dans ses Réflexions sur la question juive qu’il n’y avait de question juive que dans la mesure où les Juifs avaient un comportement de minorité : il n’existe en effet pas de minorité sans conscience d’elle-même.

Cependant cette démarche doit être réciproque car non seulement la minorité doit se considérer comme telle, mais elle doit être traitée comme telle par la majorité. C’est la base du quatrième élément d’analyse de la notion de minorité : l’oppression.

Toute minorité n’existe en tant que telle que si elle est opprimée.

Par exemple en France, les Basques, les Catalans ou les Corses sont des ethnies possédant des caractéristiques propres, qui en sont conscientes, mais non des minorités.

Il faut cependant nuancer ce concept d’oppression car si le groupe minoritaire véhicule une très forte conscience de minorité, le sentiment de l’oppression peut se substituer à une oppression matériellement réalisée (c’est en France le cas manifesté par certains groupes bretons ou corses).

Pourtant le développement d’une situation de minorité nationale ne peut exister qu’à travers une oppression objective se manifestant autour de causes sociales, juridiques et économiques.

  • Au plan social, on peut assister à une ségrégation dans le domaine de l’emploi ou du logement (en Irlande du Nord, les postes de travail et les appartements vacants sont réservés en priorité aux protestants).
  • Au plan juridique, on peut assister à une discrimination politique (en Irlande du Nord, il faut pour pouvoir élire les députés, résider depuis sept ans au même endroit, ce qui élimine de fait les chômeurs et les mal-logés, c’est-à-dire essentiellement les catholiques).
  • Au plan économique, on constate que la situation des minorités par rapport au système de production et d’échange est toujours particulière : défavorisée en Irlande du Nord où les catholiques occupent le rang des salariés du plus bas niveau, favorisée en Indonésie où la minorité chinoise persécutée a une place prépondérante dans le commerce.

Ce versant économique est peut-être l’élément fondamental permettant à la fois de définir le concept de minorité nationale, et de concevoir de possibles issues au problème.

En effet, le passage du groupe numériquement minoritaire à celui de minorité opprimée s’est fait le plus souvent par la voie de l’exploitation économique.

Dès lors, s’engager dans la voie de la libération économique d’un groupe minoritaire, c’est d’une part éviter de s’enfermer dans le faux dilemme de l’atomisation ou de l’assimilation par la force, et d’autre part aller vers l’intégration économique et à terme vers l’assimilation politique.

Cette assimilation, venant en conséquence de la libération économique aurait un double mérite : ce ne serait pas une assimilation forcée, et ce ne serait pas nécessairement une uniformisation.