Lasile est, à
lorigine, un lieu de refuge où lennemi ne peut entrer. La personne qui trouve
asile est donc à labri des poursuites dont elle fait lobjet, soit de la part
des autorités dun État, soit de la part dindividus qui la recherchent pour
exercer à son encontre des représailles ou une vengeance et qui mettent ainsi en danger
sa vie, sa liberté ou sa sécurité.

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Dans lAntiquité, où il était
fréquemment pratiqué, lasile avait un caractère sacré : cétaient les
dieux qui protégeaient lindividu pénétrant à cet effet dans un temple, placé
sous linvocation de telle ou telle divinité. Il existe encore à lépoque moderne des lieux dasile doù les
individus ne peuvent être extraits, sans lautorisation des gardiens des lieux :
église, université, locaux diplomatiques et consulaires.
Le droit dasile peut revêtir plusieurs
formes.
- Lasile territorial :
protection accordée par un État à un individu sur son territoire. Il se traduit par une
autorisation dentrer et de séjourner sur ce territoire et qui peut sélargir
en un droit de travail, droit de propriété, droit daccès aux libertés publiques.
- Lasile diplomatique : est
celui « quun État accorde hors de son territoire dans une ambassade en un lieu
bénéficiant de certaines immunités et où les autorités locales nont pas la
faculté de venir arrêter une personne sans laccord du diplomate en poste ou de son
représentant ».
Il faut relever que lasile, défini comme une protection accordée par un État,
nest pas un droit pour celui qui le réclame.
Lasile est régi par le principe de la souveraineté des États, qui sont libres
daccueillir sur leur territoire qui ils veulent, sans quaucune obligation
internationale ne pèse sur eux sauf accords régionaux (peu nombreux) dont aucun
nest actuellement applicable en Europe et ne lie donc la France.
Dans lÉtat actuel du droit international, lasile nest donc pas un droit
subjectif de lindividu, mais un droit souverain de lÉtat.En conséquence, il
nexiste pas non plus de droit international de lasile.
- Certes selon larticle 14 de
la Déclaration universelle des droits de lHomme du 10.10.48, « devant la
persécution, toute personne a le droit de chercher asile, et de bénéficier de
lasile en dautres pays », mais ce texte, qui est une résolution de
lAssemblée Générale des Nations Unies (n° 217A/III) na pas de valeur en
droit et nest donc pas contraignant pour les États.
- Le 28.03.54 les conventions
inter-américaines relatives à lasile territorial et diplomatique signées à
Caracas reconnaissent à tout État le droit dadmettre sur son territoire les
personnes quil lui convient de recevoir. Il nest pas obligé de
laccorder ni de motiver son refus.
- Le 19.06.90 la convention de
Schengen impose aux parties contractantes « dassurer le traitement de toute demande
dasile déposée par un étranger sur le territoire de lune delles »
mais précise que « cette obligation nentraîne pas pour une partie contractante
celle dautoriser le demandeur à pénétrer ou séjourner sur son territoire ».
(Art. 29).
- En France le préambule de la constitution
de 1946 dans son alinéa 4 énonce que « tout homme persécuté en raison de son
action en faveur de la liberté a droit à lasile sur les territoires de la
République ».
- La constitution de 1958 : à
lorigine elle ne contenait aucune disposition propre au droit dasile si ce
nest la reprise du préambule de la Constitution de 1946.
Cependant le Gouvernement a pris linitiative dune révision consistant à
insérer dans la Constitution un article 53-1 (25 Nov. 93) selon lequel
« la République peut conclure avec les États européens qui sont liés par des
engagements identiques aux siens en matière dasile et de protection des droits de
lHomme et des libertés fondamentales, des accords déterminant leurs compétences
respectives pour lexamen des demandes dasile qui leur sont présentées ».
- La législation interne française ne régit le
statut des demandes dasile que depuis la loi n° 92-625 du 6.07.92
relative aux « zones dattente » et surtout la loi n°93-1027 du 24.08.93
dite « loi Pasqua », qui insère dans lordonnance du 2.11.45 un
chapitre VII intitulé « Des demandeurs dasile », qui est en grande partie une
retransposition en droit interne des règles posées par la Convention de Schengen.Source
: Dictionnaire permanent - Droits des étrangers - Éditions législatives.
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