| La proportion détrangers (donc
qui ne sont pas de nationalité française) dans la population française na pas
varié depuis les années 30. En 1932 la France comptait 3 millions détrangers pour
une population totale de 42 millions. Elle en compte aujourdhui 4 millions pour un
total de 58 millions (la proportion est comprise entre 6 et 7 %). Face à la baisse de la
natalité chez les Français, limmigration joue un rôle démographique important. Selon un rapport de lINED, au 1er janvier 1986, la
France naurait compté que45 millions dhabitants sil ny avait pas
eu dimmigration étrangère au cours descent années précédentes, soit 10 millions
de moins que la réalité.
Les étrangers vivant aujourdhui en France
sont donc 4 millions et non 8 millions comme certains laffirment. Ils envoient leurs
enfants à lécole, ce qui représentait en 1995 8,4 % de la population des élèves
des écoles primaires, chiffre en constante diminution depuis 1985. Du fait de la
concentration géographique des étrangers, la proportion de leurs enfants dans les
écoles est inégale : 23,2 % dans lacadémie de Paris, 19,6 % dans lacadémie
de Versailles, 13,7 % pour la ville de Lyon, 9,4 % pour la ville de Marseille.
Selon une étude du CNRS (Catherine de Wenden
directeur de recherche) on constate une meilleure réussite scolaire parmi les enfants
dimmigrés que parmi les français de même catégorie socioprofessionnelle. Quant
au chômage,les étrangers sont plus durement touchés que les Français, et non le
contraire.
En 1992 (enquête INSEE), le taux de chômage des
Français était de 9,5 %, celui des étrangers de 18,6 %. Entre 1980 et 1992 le taux de
chômage est passé de 6 à 9 % chez les Portugais et de 13 à 30 % chez les Maghrébins.
Laugmentation importante du chômage chez les
étrangers sexplique essentiellement par leur manque de qualification, mais un
Français au chômage ne souhaite pas forcément occuper un emploi détenu par un
étranger, car tous deux nont pas forcément les mêmes qualifications ni les mêmes
métiers.
Par ailleurs les immigrés sont aussi créateurs
demplois et dentreprises (dans le commerce et les services en particulier) et
génèrent des emplois dans léducation ou les services sociaux.
Les étrangers qui vivent en France coûtent-ils
cher à la communauté nationale ?Il faut tout dabord remarquer que les étrangers
salariés cotisent comme tout le monde pour pouvoir bénéficier des prestations du
système de protection sociale.Ils cotisent même plus quils ne perçoivent pour le
régime maladie, car ils consultent moins souvent le médecin que les Français et vont
moins souvent chez le dentiste. Affirmer que les étrangers coûtent cher à la sécurité
sociale est donc inexact (dautant quaucun chiffre na jamais été
publié à ce sujet, la loi linterdisant).Ils seront dautre part peu nombreux
à bénéficier dune retraite, car ils nauront que rarement cotisé pendant
152 trimestres (soit près de 40 ans) sur le sol français.
Finalement les étrangers résidant en France
financent largement leur protection sociale, même sils perçoivent plus
dallocations familiales, car ils ont en moyenne moins de ressources et plus
denfants. Remarquons à ce sujet que la fécondité des femmes immigrées a diminué
de moitié depuis vingt ans, (indice de fécondité 2,8 enfant par femme étrangère en
1990) et quil continue de baisser.
Certains pensent que largent gagné par les
étrangers sur le sol français nest pas dépensé en France. Ceci est faux car une
enquête de lINSEE (1991) a montré que les dépenses des ménages étrangers sont
comparables à celles des ménages français (un peu plus élevées pour
lalimentation, un peu moins pour lhabillement, identiques pour les transports
et les loisirs). Enfin le problème de la délinquance est à examiner avec attention car
les chiffres sont trompeurs : dans nos prisons,un détenu sur trois est étranger.
En réalité il faut savoir que les étrangers sont
plus souvent placés en détention provisoire que les Français, et que beaucoup
détrangers emprisonnés (18,3 % selon lINSEE) le sont pour des infractions au
séjour. Il sagit « dune délinquance liée aux papiers ». On compte
également de nombreux récidivistes coupables de petits délits, vols à la tire
notamment. Catherine de Wenden (CNRS) remarque que pour ces mêmes délits les Français
ne sont pas incarcérés. Ils échappent à la prison parce quils ont des «
garanties de représentation » : famille, domicile, emploi.
Remarquons enfin que la délinquance étrangère
sexplique beaucoup plus par la situation sociale, souvent défavorisée, des
intéressés, que par leur nationalité.On le voit, le débat sur les étrangers en France
est encombré de beaucoup de préjugés ou didées fausses.
Des chiffres incontestables (INSEE ou INED), des
études réalisées par des chercheurs (CNRS), rétablissent la vérité.
INED : Institut national détudes
démographiques.
INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques.
CNRS : Centre national de recherche scientifique. |