| La France, pays des droits de
lhomme depuis la Révolution Française de 1789 est, paradoxalement, le pays qui
offre le plus de résistance à faire avancer ceux des femmes, surtout dans le domaine
politique. La Constitution de 1793 qui
prévoit le suffrage « universel » exclut plus de la moitié du genre humain de la
citoyenneté : les femmes. À la traîne de tous les pays dEurope, il faudra
attendre lordonnance du 21 avril 1944, signée par le Général de Gaulle, pour que
les femmes soient déclarées « électrices et éligibles dans les mêmes conditions que
les hommes ». Le corps électoral français est alors passé de 12 à 24,5 millions.
Cinquante ans plus tard, quen est-il des
femmes et du politique ?
À laube du XXIe siècle sont enregistrées
quelques faibles évolutions, stagnations voire régressions.
Alors que les femmes représentent 53 % de
lélectorat, 6,06 % dentre elles sont élues à lAssemblée nationale en
1993 contre 6,05 % en 1948 ; 4,8 % de femmes sont élues au Sénat en 1992 contre 7 % en
1947. Cest dans les Conseils municipaux que la progression est la plus sensible, de
3,1 % délues en 1945, elles sont passées à 17 % en 1989. Le nombre de femmes
maires reste faible bien quen légère évolution : de 1 % en 1959, il est passé à
5 % en 1989.
Dans le même temps, 41 % des députés sont femmes
en Suède, 26,5 % en Allemagne, 16 % en Espagne. La France, quant à elle, a élu 10,2 %
de femmes députés aux élections de juin 1997.
Or, cest à partir de 30 % de représentation
que les femmes commencent à avoir une influence sur les contenus des décisions
politiques. Seuls huit pays au monde arrivent en 1994 à de tels résultats.
Des solutions sont proposées pour favoriser
lengagement politique des femmes et leur élection.
En 1980, les députés, à la quasi-unanimité,
votent un projet de loi limitant à 75 %la proportion de personnes du même sexe sur les
listes municipales. En 1982,le conseil Constitutionnel, se fondant sur la Déclaration des
droits de lHomme de 1789 et sur la Constitution de 1958, déclare cette loi
anticonstitutionnelle ; établir une distinction entre candidats en raison de leur sexe
reviendrait à introduire une division par catégorie des électeurs et des éligibles.
Que faire, alors, pour établir léquilibre ?
La méthode des quotas consistant à imposer un
pourcentage de personnes appartenant à une minorité défavorisée dans les listes ou des
assemblées améliorerait la représentativité des femmes en politique.
Elle a fait ses preuves en Scandinavie, en
Allemagne... A maxima, la parité impose un nombre égal dhommes et de femmes au
Parlement, dans les municipalités ou les assemblées régionales.
Cette solution a ses limites. Un quota ne peut
sappliquer quà une liste et encore faut-il quelle soit équitablement
panachée et ce, depuis la tête de liste.
Leffet des quotas se limiterait donc aux
scrutins de liste à la proportionnelle cest à dire aux élections municipales,
régionales et européennes. Les quotas ne peuvent sappliquer aux scrutins
uninominaux, cest à dire aux élections législatives et cantonales.
Ce projet supposerait la modification de la
Constitution, laquelle modification compte tenu des conservatismes actuels, ne pourrait se
réaliser que par un référendum proposé et soutenu par le Président de la République. |