| Le phénomène marquant de cette fin
de XXe siècle est la percée massive et durable des femmes sur le marché de
lemploi et cela en dépit des disparités et des discriminations dont elles sont
lobjet. On notait en 1961, un peu plus
de 6 millions et demi de femmes au travail contre13 millions dhommes actifs, soit
une différence du simple au double.
En 1994, 11 238 000 femmes travaillent contre 13
898 000 hommes. 44,7 % des travailleurs sont des femmes (source INSEE 94).
Lhégémonie masculine nest plus dans
le monde du travail. Ce phénomène est général en Europe.
Depuis 1965, grâce à la réforme des régimes
matrimoniaux, les femmes mariées peuvent exercer une activité professionnelle sans le
consentement de leur mari et percevoir, le cas échéant, lallocation principale de
chômage.
En 1972 est votée la loi sur légalité des
salaires qui reste sans grands effets. Globalement, le salaire des femmes reste de 20 à
30 % inférieur à celui des hommes. Cet écart est principalement dû à la différence
de qualification des emplois occupés par chaque sexe. Les femmes sont sur-représentées
dans les catégories les moins bien payées. En 1994, 1 cadre sur 4 est une femme. À
qualification donnée, lécart des salaires moyens est plus réduit : 5 à 15 %.
En 1975 est votée la loi sanctionnant les
discriminations fondées sur le sexe,en particulier en matière dembauche.
En 1983 est votée la loi sur légalité
professionnelle qui va rester sans grands effets aussi. Les métiers ont toujours un sexe
grâce à la vitalité des modèles traditionnels : aux femmes métiers et professions
liés aux travaux de la maison, aux enfants, travaux administratifs, vente, santé et
enseignement ; aux hommes, malgré lintroduction de la machine, les travaux liés à
la force physique : bâtiment, travaux publics, industrie et les fonctions dirigeantes.
En 1990, 20 professions sur 455 regroupaient 47 %
des femmes, alors que leur présence était inférieure à 10 % sur 316 professions
réunies.
Lhabillement et les entreprises de service
emploient 98 % de femmes. La mécanique et la métallurgie 98 % dhommes.
Parmi les 200 cadres dirigeants des 10 premiers
groupes français, 16 % seulement sont des femmes.
La population travaillant à temps partiel est
aussi essentiellement féminine, 83 % de femmes occupent ces emplois. La pratique du temps
partiel croît avec les charges familiales ; en 1994, elle concerne 45 % des mères de 3
enfants et plus ayant un emploi contre 34 % en 1982.
Les femmes sont aussi plus durement que les hommes
touchées par le chômage.Il est passé pour les femmes de 5 % en 73 à 14 % en 1995.
Si les lois permettent, aujourdhui,
légalité des chances au plan professionnel,la reconnaissance des capacités et
légalité des salaires avec les hommes,les mentalités et les comportements, legs
du passé, freinent toujours légalité véritable. Le sexisme nest pas mort.
Légalité ne se décrète pas, elle se conquiert. |