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Taslima Nasreen est une femme écrivain du Bangladesh née en 1962, romancière, journaliste et poète. Elle a été obligée de quitter son pays en août 1994 pour échapper à une campagne de terreur lancée par des fanatiques qui voulaient la tuer au nom de l’Islam.

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Après des études de médecine, Taslima Nasreen exerce comme gynécologue à partir de 1986.

Issue d’une famille aisée et cultivée, elle est très vite attirée par l’écriture et publie son premier poème à 14 ans, sans pour autant penser à devenir écrivain.

C’est pour dénoncer le sort des femmes asservies de son pays qu’elle va publier en 1990 des chroniques dans plusieurs journaux, des poèmes et ses premiers récits. Dans sa critique de l’organisation patriarcale de la société bangladaise,Taslima Nasreen met en cause le rôle des religions dans la soumission de la femme à l’homme.

Bien entendu, elle dérange, et sous la pression des fondamentalistes,le gouvernement lui retire son passeport alors qu’elle devait se rendre à un festival de poésie à Calcutta.

En signe de protestation, elle démissionne de l’hôpital public où elle exerçait.

À la suite d’affrontements religieux entre musulmans et hindous qu’elle vit comme « une infamie », Taslima Nasreen publie en 1992 un roman intitulé Lajja (la honte) qui connaît un certain succès populaire (les trois quarts de la population adulte du Bangladesh sont illettrés). Le livre est traduit en anglais et dans les principales langues de l’Inde.

Du côté des fondamentalistes musulmans, la colère est immense ; le livre est dénoncé comme « blasphématoire » et « présentant une image sciemment déformée du pays ».

Au lieu de s’en prendre aux fauteurs de troubles, le gouvernement bangladais décide d’interdire la vente de Lajja pour « incitation à la haine interconfessionnelle ».

Le 24 septembre 1993, un groupe fondamentaliste (le Conseil des soldats de l’islam) émet une fatwa appelant au « meurtre de l’impie » Taslima Nasreen. Une prime de 8000 francs (somme considérable au Bangladesh) est offerte à qui l’assassinera.

Taslima Nasreen obtient cependant de son gouvernement une protection policière (deux policiers devant son immeuble), mais les auteurs de la fatwa ne sont pas poursuivis.

Cependant, le ton monte : manifestations d’intégristes, et Taslima Nasreen qui ne plie pas et publie de nouveaux articles et deux nouveaux romans.

De fausses interprétations sont données à ses écrits : en particulier, on lui prête l’opinion que le Coran devrait être révisé, point de vue qui n’est évidemment pas le sien. Elle est présentée comme un agent du parti des fondamentalistes hindous, puis comme un « agent des fous impérialistes ».

Cédant à la pression intégriste, le gouvernement va lancer un mandat d’arrêt contre Taslima Nasreen pour « avoir délibérément heurté les sentiments religieux d’une partie de la population ».

Pour échapper à l’arrestation, Taslima Nasreen se cache, pendant que des manifestations réunissent de plus en plus de participants (100 000 personnes le29 juillet 1994 scandent « À mort Nasreen »).

Comme aux enchères, la prime offerte à l’assassin monte à 15 000 francs.

Au Bangladesh, peu nombreux sont ceux qui vont prendre ouvertement sa défense.

La campagne internationale menée en sa faveur va cependant porter ses fruits :le 10 août 1994, Taslima Nasreen est autorisée à quitter son pays, et s’envole pour la Suède.

En 1995, son procès est repoussé.

Elle vit désormais à Berlin.

Le personnage de Taslima Nasreen est contesté, comme défenseur des droits de la Femme bangladaise et comme écrivain.

En effet, certaines lui reprochent ses critiques à l’encontre du gouvernement bangladais et l’accusent d’avoir caricaturé la situation des femmes dans son pays.

Quant à son talent d’écrivain, voici ce qu’elle répond à ceux qui lui reprochent de ne pas se préoccuper de bien écrire : « Il y a beaucoup de gens qui font de la littérature ; aussi je crois que je dois utiliser la littérature comme un moyen pour transmettre un message, pour dire quelque chose de plus ».

Dans ce milieu, il est vrai qu’être femme, athée, et écrivain, est une situation difficile à assumer.