Quels sont les obstacles qui freinent l'émancipation de la Femme maghrébine PTINTERO.gif (1122 octets)

 

Les femmes maghrébines veulent de plus en plus participer à la vie sociale et aux efforts de développement de leur pays, elles réclament un meilleur accès à l’instruction et moins de discrimination entre les sexes.
Les obstacles qu’elles rencontrent sont d’ordre culturel, religieux et économique.

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Le premier obstacle d’ordre culturel fait référence au rôle de la femme comme mère. Jusqu’à un passé récent, les pays du Maghreb connaissaient des taux de natalité parmi les plus élevés du monde, car la femme doit, dans le système patriarcal maghrébin, se consacrer avant tout à sa fonction de mère. (En Algérie on se marie de plus en plus tard (24 ans) mais les femmes ont encore 4,4 enfants en moyenne). Cette fécondité « obligée » menace sa santé et entrave sa liberté.

La culture patriarcale se trouve d’autre part renforcée par l’effet d’une religion, l’islam, qui, interprétée de façon très rigoriste, voire intégriste, justifie en la sacralisant la domination des hommes sur les femmes.

De plus, cette idéologie patriarcale et religieuse se trouve souvent ressentie comme identitaire du Maghreb, et dans bien des cas les maghrébins ont réagi par un attachement sans faille à ces valeurs.

Cette culture musulmane souvent bafouée dans l’histoire, surtout par la colonisation, est devenue par un effet de conservatisme et de résistance une sorte de défense communautaire.

Aujourd’hui aucun État du Maghreb n’est laïque : l’islam est religion d’État. Les droits y sont donc établis selon la chari’a, en particulier dans le domaine qui définit les rapports entre hommes et femmes.

Ils représentent l’un des derniers bastions des conservatismes puisque l’ensemble des autres structures de la société ont été profondément modifiées (structures économiques et politiques essentiellement), de sorte que ce domaine de la vie familiale, cristallisée autour des femmes, est devenu un pôle identitaire.

C’est le dernier refuge dans lequel les hommes peuvent encore trouver leur dignitéet exercer leur autorité, puisque tant dans les sociétés patriarcales que dans l’islam, la place des femmes est subordonnée à l’autorité masculine « Les hommes ont sur elles une prééminence » (Coran, Sourate II, verset 228).

Les hommes sont tenus de prendre totalement en charge les femmes de la famille. Ils en sont totalement incapables lorsqu’ils doivent faire face à de très grandes difficultés économiques liées au chômage, à la pauvreté, à l’exode rural.

C’est ainsi que l’homme maghrébin « moyen » peut se trouver confronté à l’humiliation avec des problèmes psychologiques d’image personnelle dévalorisée et de perte d’estime de soi.

Le troisième obstacle à une rapide émancipation féminine est d’ordre économique.

Les femmes ont en effet peu de chances de se voir proposer un travail non domestique dans des pays qui connaissent de forts taux de chômage.

Dans ces conditions, les pouvoirs politiques connaissent la tentation de ne rien faire pour favoriser l’entrée des femmes dans la vie économique (en Algérie on compte moins de 5 % de femmes actives).

On le voit, le chemin qui reste à parcourir vers l’égalité entre les sexes est encore long.

Les hommes sont peu disposés à partager les rôles qui leur étaient jusque là réservés, à accepter de voir les femmes sortir de la sphère privée où elles étaient confinées, à partager avec elles emplois, responsabilités et pouvoir.