| Dans le système culturel de type
patriarcal qui existe dans les pays du Maghreb,la femme na de place quen tant
que mère, et mère de garçons plus précisément. Être « abtar », « sans descendance mâle », pour un homme cest la
honte. Pour une femme, la stérilité ou la naissance de filles seules, cest le
drame.
Ces structures idéologiques se sont constituées
sur un fondement historique : dans les sociétés paysannes et tribales, des hommes
nombreux étaient indispensables(ils apportaient des bras aptes au travail productif,
aptes à porter les armes,à défendre la famille et à prendre une place importante dans
la vie politique).
Aujourdhui, après une période de
démographie galopante, les dirigeants des pays du Maghreb ont compris les dangers
dune telle politique (emploi, logement, enseignement) et ont pris des mesures pour
tenter de limiter une fécondité jugée excessive.
En particulier les dispositions visant à réguler
les naissances sont allées de pair avec une réelle émancipation féminine en Tunisie,
dès les années qui ont suivi lindépendance (1956).
En Algérie et au Maroc les comportements féminins
évoluent plus lentement. Cest cependant sous linfluence de linstruction
quils se modifient le plus rapidement : en Algérie les femmes analphabètes ont
plus de sept enfants en moyenne, alors que les femmes qui ont bénéficié dun
enseignement secondaire en ont trois.
En Algérie toujours, plus de la moitié des femmes
sont analphabètes et au Maroc,la proportion est encore plus forte. Les fillettes
fréquentent beaucoup moins lécole que les jeunes garçons, surtout en zone rurale,
et elles en sont retirées le plus souvent dès lâge de la puberté.
Il ne faut donc pas sétonner dune
très forte disparité entre les taux dactivités professionnelles entre hommes et
femmes.
Le travail féminin à lextérieur du foyer
est rare, limité à des milieux sociaux extrêmes : domesticité astreignante et
main-d'oeuvre non qualifiée, ou intellectuelles en petit nombre dans les métiers de
léducation ou de la santé.
Après les facteurs culturel et économique, il
faut prendre en considération les dispositions légales qui régissent, à travers les
codes maghrébins de la famille,le statut de la femme mariée.
En Algérie et au Maroc le célibat est proscrit ;
il est donc fait obligation à chaque femme de donner des enfants à son mari (la
stérilité justifie la répudiation).
La femme doit allaiter son enfant et veiller à la
bonne marche du foyer. Lépouse doit obéissance à son époux (y compris en
Tunisie). En Algérie et au Maroc, la polygamie est autorisée, ladoption interdite
et ladultère sévèrement réprimé pour la seule femme.
Le code marocain (La Moudouana) est le plus proche
de la charia (normes définies par le Coran).
Le code de la famille algérien se rapproche
beaucoup du code marocain. Ce sont les Tunisiennes qui bénéficient du code le plus
avancé (La Madjalla) qui rompt avec le droit musulman : ladoption y est admise, il
condamne de prison la polygamie,et ladultère féminin comme masculin peut
entraîner le divorce.
En dépit de nombreuses résistances,
lévolution de certains États vers la démocratie, à commencer par la conquête de
la laïcité, devrait permettre à plus ou moins long terme davantage dégalité
entre les hommes et les femmes du Maghreb. |