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« La femme est-elle le brouillon de
lhomme » comme lassurent les thèses machistes trouvant dans la nature la
justification de lasservissement de la femme par lhomme ; ou « lhomme
est-il une femme ratée » comme laffirment certains courants féministes pour
contrecarrer la domination millénaire de lhomme sur la femme ? Quen est-il de la nature de lhomme et de la
femme ?
Regardons dabord du côté des différences
indiscutables, les réponses de la génétique et de la biologie.
Lespèce humaine se détermine en deux
genres, le masculin et le féminin différenciés par la 23e paire de leurs chromosomes :
XX chez la femme, XY chez lhomme.
Cette appartenance génétique à un sexe donné
crée pour chacun un destin de lordre de la nature : la femme recevra la semence de
lhomme, portera lenfant dans son ventre, accouchera, pourra allaiter ses
petits. Ainsi la perpétuation de lespèce est-elle assurée. Il en va de même pour
tous les mammifères.
Cest sur instructions des gènes de la 23e
paire que vont se construire lappareil génital et le système hormonal de lun
et lautre sexe. Ensuite, cest une question dhormones : androgènes chez
le garçon, oestrogènes chez la fille.
La pathologie peut interférer sur les données de
base, modifiant ainsi la programmation initiale : les organes sexuels ne correspondent pas
au sexe chromosomique (hermaphrodisme vrai, pseudo-hermaphrodisme masculin ou féminin).
Le système hormonal, existant dès la naissance, est mis en veilleuse jusquà la
puberté. Son redémarrage affecte alors lêtre biologique dans son entier :
danatomique et potentielle, la différence devient alors fonctionnelle. Ce sont les
hormones qui fixent entre autres le comportement sexuel, le comportement des différents
organes et très certainement celui du cerveau.
Si le biologique signe la différence entre
lhomme et la femme, il marque aussi lidentité de lun et lautre
sexe.
Voyons du côté de la ressemblance.
- Dabord lêtre humain naît
obligatoirement dune femme XX et dun homme XY. Aucune manipulation na
permis jusquà ce jour la création dun embryon viable par dautres types
de combinaisons.
- Ce que lhomme et la femme ont aussi en commun,
ce sont 22 paires de chromosomes sur les 23 ; a priori elles ninterviennent pas dans
la différenciation sexuelle. La moitié est transmise par le père, lautre par la
mère.
- Lembryon, jusquà la 4e semaine, passe
par un stade dindifférenciation sexuelle. Il nexiste chez lembryon
mâle aucun indice anatomique ou physiologique de masculinité, doù lidée «
sexiste » quà lorigine tous les hommes sont des femmes ! Ce sont bien sûr
les hormones qui font la différence, mais ce sont les mêmes hormones qui vont faire la
femme et lhomme dans leur différence.En effet, dans le sang de lun et
lautre se trouvent androgènes, hormones mâles et progestérones, hormones
femelles. Selon le genre, seule leur quantité varie : un peu plus doestrogènes
pour lhomme voila des seins, dandrogène pour la femme voila des muscles.
Différences et identités déterminent le genre
humain.
Cette ambivalence permet difficilement de conclure
à une quelconque supériorité de lun sur lautre sexe. Tout au plus peut-on
parler de différences qui tiennent moins à la nature intrinsèque de lun et
lautre quà un savant dosage hormonal.
Si la domination de la femme par lhomme est
la norme sur toute la surface du globe, on ne peut pas dire quil soit dans
lordre de la nature de créer des destinées aussi inégalitaires. |