Quelle est la condition des Femmes dans le monde aujourd'hui PTINTERO.gif (1122 octets)

 

En 1975 à Mexico, en 1985 à Nairobi, la Conférence Mondiale des Femmes faisait le constat d’une nette amélioration de l’égalité des droits homme/femme dans le monde ; celle de Pékin, en 1995, a enregistré stagnations et fortes régressions.

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La crise économique, la montée des intégrismes religieux, de l’intolérance font régresser partout le statut de la femme. Le concept même des droits de l’Homme est sujet à interprétations divergentes, voire la notion de genre humain récusée. À la notion d’égalité, certains États préfèrent celle d’équité, plus équivoque car renvoyant au sacro-saint droit naturel.

La 4e conférence mondiale sur les femmes organisée par les Nations Unies en septembre 1995 à Pékin, avait pour objectif d’élaborer un programme d’action non contraignant pour les États signataires et de nouvelles règles dans les secteurs clefs concernant la vie professionnelle et sociale des femmes du 3e millénaire.

C’est après onze jours de négociations qu’a pu être élaborée une déclaration commune préservant l’essentiel : l’égalité des droits des femmes et des hommes.

La déclaration reconnaît que « les droits des femmes sont partie intégrante et indivisible de tous les droits humains et des libertés fondamentales dans l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des conventions internationales ».

Le programme d’action engage les États signataires de façon non contraignante à :

1. respecter et promouvoir les droits des femmes en tant que partie intégrante des droits de la personne humaine ;
2. reconnaître le droit égal à l’héritage ;
3. promouvoir la participation égale des hommes et des femmes dans la vie politique et la prise de décision ;
4. favoriser l’accès des femmes aux finances et au crédit ;
5. respecter les droits des femmes à une sexualité et à une procréation choisie et consentie sans coercition ni violence avec accès à la planification familiale ;
6. interdire les mutilations génitales ;
7. respecter les droits des adolescentes à une information sur la sexualité et les maladies sexuellement transmissibles en toute confidentialité, tout en reconnaissant le rôle et les droits des parents dans ce domaine ;
8. assurer l’accès de toutes à des services élémentaires (éducation, santé...) ;
9. lutter contre la féminisation de la pauvreté et améliorer la condition sociale des femmes défavorisées.

Le texte élaboré est un subtil compromis entre tendances conservatrices et libérales.

En effet deux points (surtout) font l’objet d’âpres négociations :

  • le droit à l’héritage s’il permet à la plupart des États africains de reconnaître enfin ce droit aux filles permet aussi aux États musulmans d’appliquer la loi coranique qui donne aux filles la moitié de ce que reçoit un garçon : le « droit égal d’hériter » n’étant pas « l’égalité devant l’héritage ».
  • « le droit en matière de sexualité ».

C’est la première fois que ce point est évoqué au sein des Nations Unies, cristallisant tous les conflits.

C’est surtout autour de la liberté de décision des femmes en matière de procréation que les voix officielles de la chrétienté et de l’islam, et les régimes les plus répressifs de la planète se sont ligués en une paradoxale unanimité, visant à supprimer pour les femmes le droit fondamental à disposer de leur corps : les premiers interdisant l’avortement et la régulation des naissances, les seconds obligeant les femmes à s’y soumettre.

Plus de 40 États ont émis des réserves quant à la reconnaissance des droits sexuels des femmes comme droits humains fondamentaux.

Peut-on qualifier d’universels ces droits qui excluent plus de la moitié du genre humain ?

La conférence de Pékin met en lumière l’imposture intellectuelle et politique qui affirme que les droits de l’Homme incluent ceux de la Femme.