L'informatique menace-t-elle les droits de l'Homme PTINTERO.gif (1122 octets)

 

L’informatique, progrès technique considérable, doit rester au service de chaque citoyen. C’est son utilisation incontrôlée qui peut porter atteinte aux droits de l’Homme. C’est la raison pour laquelle la loi du 6 janvier 1978 a fixé les règles d’utilisation des fichiers informatisés.

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De nombreuses organisations, ou administrations, rassemblent, pour leurs besoins propres de gestion, des informations sur chaque citoyen, de nature très diverses : situation financière, patrimoine, état civil, domicile, infractions, etc.Chacun d’entre nous est répertorié, classé, numéroté, « saisi » par une multitude de fichiers informatisés. On considère que chacun d’entre nous est fiché au moins deux cents fois : fichiers des banques, d’EDF-GDF, de la sécurité sociale, de l’Éducation nationale, du personnel de l’entreprise, des permis de conduire, du casier judiciaire, des impôts, des divers abonnements, des électeurs, des organismes de vente par correspondance, des commerçants, etc.

Tous ces renseignements, s’ils étaient interconnectés et rassemblés dans un fichier central, permettraient certainement de percer le mur de nos vies privées. Par exemple, pour connaître les opinions politiques de quelqu’un, il suffirait de consulter le fichier de sa banque pour savoir s’il verse des cotisations à un parti ou à un syndicat, puis de consulter les différents fichiers des journaux pour savoir à quelle presse il est abonné.

Ainsi il serait possible de connaître sur chacun de nous, ses goûts, ses opinions politiques, ses convictions religieuses ou philosophiques, sa vie familiale, ses démêlés avec la justice, sa situation de santé, etc.

Par ailleurs, certains responsables de la sécurité publique pourraient justifier de telles pratiques estimant qu’ils arriveraient à mieux lutter contre la délinquance et le terrorisme. Mais songe-t-on à ce qui serait advenu si la Gestapo avait pu disposer d’un fichier central informatisé ?

La tentation d’un tel contrôle social généralisé serait une menace pour la démocratie et les droits de l’Homme.C’est pourquoi a été adoptée la loi du 6 janvier 1978 plus connue sous le nom de loi Informatique et liberté dont l’article 1er définit les principes généraux :

« L’informatique doit être au service de chaque citoyen. Son développement doit s’opérer dans le cadre de la coopération internationale. Elle ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’Homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques ».

Cette loi crée un organe de contrôle, la Commission nationale de l’Informatique et des libertés (CNIL) composée de dix-sept membres. Elle autorise la création des fichiers, les contrôle et en interdit l’interconnexion. Elle crée en outre une liberté nouvelle pour le citoyen : le droit d’accéder à ses propres dossiers administratifs. Exemple d’intervention de la CNIL : elle a émis un avis défavorable à une demande des Télécommunications visant à enrichir, moyennant rémunération, le fichier des entreprises en leur fournissant le numéro de téléphone de certains abonnés, mais aussi des indications sur leur équipement (minitel ou radiotéléphone). L’ensemble des dispositions de la loi assure des garanties, mais devant l’invasion croissante de l’informatique bien des observateurs pensent que cette loi Informatique et liberté devrait être améliorée et mieux appliquée.