Peut-on améliorer le concept des droits de l'Homme PTINTERO.gif (1122 octets)

 

Le concept des droits de l’Homme est complexe et évolutif. Deux pistes (au moins) peuvent être suivies quand il s’agit de l’améliorer.

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1. Problème de vocabulaire.

Il résulte, au départ, du fait qu’en français le mot HOMME désigne l’être humain en général, et l’être humain mâle !Bien que Condorcet ait affirmé dès 1787 qu’il n’y avait « entre les sexes aucune différence qui ne soit l’ouvrage de l’éducation » et ait réclamé l’égalité civique en faveur des femmes, il est flagrant que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) est « masculine », et l’est restée (en France du moins) jusqu’au milieu du XXe siècle. Il n’est donc pas inutile :

  • de rappeler cette interprétation restrictive.
  • de signaler des compléments apportés à cette DDHC dans deux directions précises.

- Affirmation des droits des femmes : qu’il s’agisse de ceux qu’elles devraient depuis longtemps partager avec les hommes, ou de ceux qui découlent de leur nature (et dont les rédacteurs de 1789 ne se préoccupaient guère !), comme par exemple, la maternité qui leur est un domaine exclusif.
- Précision des droits des enfants : les droits de « l’Homme » sont des droits d’adultes. L’entrée dans l’état d’adulte est fixée par convention qui peut changer (en 1974 l’âge de la majorité a été abaissé en France de vingt et un ans à dix-huit). Pour les années qui séparent la naissance de la majorité conventionnelle, il est utile de préciser la situation des enfants.

Si d’une manière évidente le principe des droits de l’Homme est à comprendre comme principe des droits de l’individu, de tout être humain (quels que soient son âge, son sexe, son apparence morphologique), il n’est tout de même pas inutile de mettre les points sur les i s’agissant des femmes et des enfants.

2. Élargissement de la problématique des droits de l’Homme au fil du temps.

Aux droits civils et politiques (individuels) sont venus s’ajouter des droits économiques, sociaux et culturels (collectifs).

Ainsi les députés français, dans le préambule de la constitution de 1946, ont ajouté aux droits « classiques », le droit d’asile, celui d’obtenir un emploi, d’adhérer à un syndicat, de faire grève... (dispositions figurant aussi dans la Déclaration universelle de 1948). Et l’on sait qu’en France, depuis deux décisions du Conseil constitutionnel de 1971 et de 1982, la DDHC ainsi complétée en 1946 est devenue « la norme suprême du droit positif français ».

Remarque : les pires dictatures du XXe siècle (hitlérienne et stalinienne), qui faisaient fi des « droits bourgeois et formels de 1789 » accordaient à leurs sujets ces droits économiques et sociaux : congés payés, principe de la voiture populaire – la Volkswagen en Allemagne, (congés de maternité, accès aux soins de santé) Il n’y avait pas, dans ce cas, enrichissement, élargissement du concept, mais une opération de substitution : droits économiques et sociaux en lieu et place des droits civils et politiques.

La portée de ces droits est devenue universelle. Ils sont reconnus à tous, ils sont reconnus partout. Tout manquement à leur respect peut faire l’objet d’une plainte devant le tribunal international de La Haye.