| 1. Problème de vocabulaire. Il résulte, au départ, du fait quen français le mot
HOMME désigne lêtre humain en général, et lêtre humain mâle !Bien que
Condorcet ait affirmé dès 1787 quil ny avait « entre les sexes aucune
différence qui ne soit louvrage de léducation » et ait réclamé
légalité civique en faveur des femmes, il est flagrant que la Déclaration des
Droits de lHomme et du Citoyen (DDHC) est « masculine », et lest restée (en
France du moins) jusquau milieu du XXe siècle. Il nest donc pas inutile :
- de rappeler cette interprétation restrictive.
- de signaler des compléments apportés à cette DDHC
dans deux directions précises.
- Affirmation des droits des femmes : quil
sagisse de ceux quelles devraient depuis longtemps partager avec les hommes,
ou de ceux qui découlent de leur nature (et dont les rédacteurs de 1789 ne se
préoccupaient guère !), comme par exemple, la maternité qui leur est un domaine
exclusif.
- Précision des droits des enfants : les droits de « lHomme » sont des droits
dadultes. Lentrée dans létat dadulte est fixée par convention
qui peut changer (en 1974 lâge de la majorité a été abaissé en France de vingt
et un ans à dix-huit). Pour les années qui séparent la naissance de la majorité
conventionnelle, il est utile de préciser la situation des enfants.
Si dune manière évidente le principe des
droits de lHomme est à comprendre comme principe des droits de lindividu, de
tout être humain (quels que soient son âge, son sexe, son apparence morphologique), il
nest tout de même pas inutile de mettre les points sur les i sagissant des
femmes et des enfants.
2. Élargissement de la problématique des
droits de lHomme au fil du temps.
Aux droits civils et politiques (individuels) sont
venus sajouter des droits économiques, sociaux et culturels (collectifs).
Ainsi les députés français, dans le préambule
de la constitution de 1946, ont ajouté aux droits « classiques », le droit
dasile, celui dobtenir un emploi, dadhérer à un syndicat, de faire
grève... (dispositions figurant aussi dans la Déclaration universelle de 1948). Et
lon sait quen France, depuis deux décisions du Conseil constitutionnel de
1971 et de 1982, la DDHC ainsi complétée en 1946 est devenue « la norme suprême du
droit positif français ».
Remarque : les pires dictatures du XXe siècle
(hitlérienne et stalinienne), qui faisaient fi des « droits bourgeois et formels de 1789
» accordaient à leurs sujets ces droits économiques et sociaux : congés payés,
principe de la voiture populaire la Volkswagen en Allemagne, (congés de
maternité, accès aux soins de santé) Il ny avait pas, dans ce cas,
enrichissement, élargissement du concept, mais une opération de substitution : droits
économiques et sociaux en lieu et place des droits civils et politiques.
La portée de ces droits est devenue universelle.
Ils sont reconnus à tous, ils sont reconnus partout. Tout manquement à leur respect peut
faire lobjet dune plainte devant le tribunal international de La Haye. |